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« Avec cette Médaille, j’ai l’impression d’avoir ma sœur dans les paumes de ma main »

Un groupe de personnes, certains assis, d'autres debout. Derrière eux un écran avec le nom des victimes.

Les parlementaires québécois ont décerné jeudi à titre posthume la Médaille de l'Assemblée national aux 14 femmes assassinées le 6 décembre 1989.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Serge St-Arneault, frère de l’une des victimes de la tragédie de Polytechnique Annie St-Arneault, s’est dit très ému par l’hommage rendu par les parlementaires québécois jeudi après-midi à l’occasion des 30 ans de cet événement dramatique.

La Médaille de l’Assemblée nationale a été décernée à titre posthume aux 14 femmes assassinées le 6 décembre 1989 dont Annie St-Arneault, originaire de la Tuque, faisait partie.

Pour son frère Serge St-Arneault, cette cérémonie commémorative représente un moment important et un moment charnière pour sa famille et pour la collectivité. Invité de l’émission 360pm, il dit avoir été agréablement surpris par la présence de tous les représentants de l’Assemblée nationale dans cette cérémonie sobre, mais pleine d’émotion.

On souligne 30 ans d’une lointaine tragédie, mais qui nous tient encore à la peau

Serge St-Arneault, frère d'Annie St-Arneault assassinée lors du féminicide de Polytechnique

Une rencontre récente avec Monique Lépine

30 ans après le décès de sa sœur, Serge St-Arneault estime que la remise de ces médailles n’arrive pas trop tard. Au contraire, il dit que le temps est nécessaire pour surmonter le traumatisme.

Il se réjouit également d’avoir rencontré Monique Lépine, la mère de Marc Lépine, il y a deux semaines. C'est une victime comme nous. C’est la maman d’un tueur, mais ce n’est pas elle qui est responsable des gestes de son fils. Pour Serge St-Arneault, l’heure est à l’apaisement . Ce qui me console, c'est qu’elle a réussi à traverser le temps, à parler de ce qui lui tient à cœur.

On a tous besoin d'être soutenus dans des moments d'épreuves. Celui qu’on a connu n’est pas seulement un fait familial, mais un fait collectif. C’est tout le Québec qui est pris émotivement par ce drame-là.

Serge St-Arneault, frère d'une des victimes de Polytechnique
Une femme parle devant une foule avec un micro.

Monique Lépine était de passage dans la région le 28 novembre dernier pour livrer un témoignage sur son quotidien depuis la tragédie de la Polytechnique.

Photo : Radio-Canada

Reconnaissance du mot féminicide, une victoire pour Serge St-Arneault

Pour le frère d’Annie St-Arneault, la reconnaissance du mot féminicide pour parler de l'attentat de Polytechnique a été très tardive. Au début on était incapable de nommer les choses. 30 ans après, on emploie enfin les bons mots.

Trois décennies sont passées depuis cette tragédie, mais la mémoire d’Annie St-Arneault, assassinée à 23 ans, est toujours vivante. La Médaille de l'Assemblée nationale qui lui a été décernée à titre posthume représente, pour son frère, tout un symbole Je l'ai dans mes mains, j’ai marché avec elle. J'avais l’impression d’avoir ma sœur dans les paumes de ma main.

Écoutez l'entrevue de Serge St-Arneault au micro de l'émission 360pm

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