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Un meurtre résolu après 26 ans apporte un peu de soulagement à un policier à la retraite

Plan moyen de Dave Dickson.

Le policier à la retraite Dave Dickson a travaillé dans le quartier du Downtown Eastside de 1980 à 2008.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson

Radio-Canada

La résolution du meurtre de Vicky Black est un véritable baume pour le policier Dave Dickson, qui était hanté par la mort de la jeune femme depuis 26 ans. Or, l'affaire ravive en lui le souvenir douloureux d'une époque où les femmes disparaissaient des rues du centre-ville sans que les policiers enquêtent, car elles étaient autochtones, toxicomanes ou travailleuses du sexe.

En 1993, le corps de Vicki Black a été retrouvé enveloppé dans un drap, déposé parmi les ordures derrière un magasin 7-Eleven, près de la rue Hastings et de la promenade Victoria, près du quartier Downtown Eastside à Vancouver.

Photo d'une jeune femme souriante.

Le corps de Vicky Black a été retrouvé au mois de mars 1993, recouvert d'un drap dans un bac à ordure du quartier Downtown Eastside.

Photo : Gendarmerie royale du Canada

Dave Dickson, était policier de Vancouver à l'époque, il connaissait la jeune femme de 23 ans qu'il décrit comme une « gentille fille » qui traînait dans le quartier Downtown Eastside depuis quelques années. Il a transporté le drap partout à travers la ville, pour tenter de trouver d'où il pouvait provenir.

Je me souviens à quel point j'étais choqué. Ça m’a frappé vraiment fort.

Le policier à la retraite Dave Dickson

Vendredi dernier, Steven Laroche a été accusé du meurtre de Vicky Black. Lorsque l'homme âgé de 51 ans a comparu devant la Cour provinciale de Vancouver par vidéo, M. Dickson était l’une des seules personnes présentes. Assis tout seul dans la troisième rangée, il était venu pour enfin connaître comment Vicky Black avait été tuée.

Il a toujours cru que le cas de Vicki Black pouvait être résolu. Il ne saura toutefois pas quelles preuves ont mené aux accusations jusqu'au procès. Il meurt d'envie de le savoir.

Le policier à la retraite Dave Dickson se promène dans les rues du quartier Downtown Eastside.

L'état du Downtown Eastside et l'échec, pendant si longtemps, d'arrêter le tueur en série Robert Pickton demeure un fléau pour Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson

L'agent Dave Dickson était le premier agent à avoir signalé une liste de femmes disparues au service de police de Vancouver en 1998.

Quatre ans plus tard, Robert Pickton était arrêté sur sa ferme d'élevage de cochons à Port Coquitlam, en Colombie-Britannique. Les restes ou l'ADN de 33 femmes ont été retrouvés sur sa propriété. En 2007, il a été condamné pour six chefs de meurtre au deuxième degré.

Je me suis rendu compte que les femmes dans la rue étaient probablement les premières victimes de la violence. Et souvent, lorsqu'elles ont appelé la police pour obtenir de l'aide, elles ne l'ont pas eue, déplore M. Dickson.

Pas de scènes de crime ni de corps

M. Dickson a commencé à compiler sa liste de noms en 1997. Je me levais au milieu de la nuit et pensais à des filles que j'avais rencontrées ici, raconte-t-il en marchant dans le quartier.

Je réalisais que je ne les avais pas vues depuis un moment; une semaine, un mois, ou peu importe, alors j'écrivais leur nom et je me mettais au travail.

Le policier à la retraite Dave Dickson

M. Dickson examinait les dossiers de police pour voir si elles avaient été arrêtées par la police, et vérifiait si leurs chèques d'aide sociale avaient été ramassés. Au bout d'un moment, il avait une liste de 31 noms.

Il a exprimé ses craintes que des actes criminels n'aient été commis à ses supérieurs, mais on lui répondait qu'il n’y avait ni scènes de crime ni cadavre. Il a fallu des années pour qu'une enquête sérieuse soit lancée.

Un croquis montre Robert Pickton, lors de son procès, en 2007, regarder la vidéo de la conversation qu'il a eue avec un agent double, en 2002.

Un croquis montre Robert Pickton, lors de son procès, en 2007, regarder la vidéo de la conversation qu'il a eue avec un agent double, en 2002.

Photo : La Presse canadienne / Illustratrice: Jane Wolsak

En 2012, lorsqu’une enquête sur les femmes disparues a eu lieu à la suite de l’affaire Pickton, Dave Dickson a découvert que les responsables de la police de Vancouver ne prenaient pas ses inquiétudes au sérieux. On disait à son sujet qu'il du syndrome de Stockholm, selon le Vancouver Sun.

J'avais donc raison. Je suis vraiment triste, le fait est que je vivrai avec cette réalité jusqu'au jour de ma mort : que j'avais raison, note-t-il.

J'ai entendu souvent les officiers dirent qu'il s'agissait juste d'une autre putain qui prend du crack. Ça me rendait furieux.

Le policier à la retraite Dave Dickson

Dave Dickson se dit extrêmement heureux de la résolution de cette affaire, mais ne croit pas que l'héritage de cette période sombre soit terminé. Je suis toujours convaincue qu'il y a d'autres disparitions de filles qui n'ont jamais été signalées.

Avec les informations de Michelle Ghoussoub

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