•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Commission sur la DPJ : Régine Laurent dénonce une « omerta » au ministère de la Santé

La présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, Régine Laurent, en conférence de presse.

La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse est présidée par Régine Laurent.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Marie Maude Pontbriand

« Les intervenants et intervenantes vivent sous une chape de plomb qu’on appelle l’omerta », a lancé ce matin la présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse.

J’ai besoin que vous me disiez comment vous allez exercer un leadership qui fait que les PDG, les gestionnaires de proximité vont arrêter cette omerta et permettre aux intervenants et intervenantes de venir, a-t-elle lancé à la sous-ministre adjointe du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), Lyne Jobin.

On a été très gentille comme commission, mais on a des pouvoirs qu'on n'a pas exercés jusqu'à maintenant.

Régine Laurent, présidente de la commission sur la DPJ

Je pense qu'il faut contribuer aux travaux de la commission et je demande, dans mes fonctions personnellement et certainement appuyée par mon organisation, que les intervenants puissent venir parler et ne pas effectivement sentir qu’ils peuvent avoir des représailles et qu’ils n’aient pas de représailles, a répondu Mme Jobin.

Cette sortie de la commissaire coïncide avec la publication, dans La Presse+, d'une lettre qui dénonce une « culture du silence » imposée aux intervenants du ministère de la Santé et des Services sociaux, cosignée par plus de 180 chercheurs et professionnels.

Faire tomber l'omerta pour comprendre

Régine Laurent a saisi l’occasion pour rappeler que les intervenants de la DPJ sont invités à participer à des forums organisés par la commission, qui auront lieu après les fêtes.

La présidente craint qu’ils ne soient pas nombreux à participer si le ministère n’intervient pas. Elle laisse entendre que des stratégies sont mises de l'avant dans certains établissements pour savoir qui va intervenir dans les forums.

Mme Laurent craint de produire un rapport incomplet si cette omerta ne tombe pas.

Si la commission n’est pas capable d’entendre les intervenants et intervenantes, on va manquer un grand pan et on risque de faire des recommandations qui ne tiendront pas compte du terrain.

J’ai besoin que vous me disiez concrètement ce que vous allez faire pour que les intervenants viennent parler pour nos enfants.

Régine Laurent, présidente de la commission sur la DPJ

Augmentation des plaintes à la protectrice du citoyen

La protectrice du citoyen, Marie Rinfret, a aussi témoigné en cette dernière journée d’audience de la commission à Québec.

Elle note un bond de 30 % des plaintes et des signalements en lien avec des jeunes en difficulté que son bureau reçoit. Elle a enregistré 281 plaintes en 2018-2019 comparativement à une moyenne de 219 les quatre années précédentes.

Dans son mémoire déposé à la commission Laurent, elle soumet quelques pistes de solutions tirées de ses nombreuses enquêtes.

Elle suggère notamment de renforcer les services de première ligne afin de réserver les interventions de la DPJ aux cas plus graves. Elle suggère aussi de mettre en place des moyens de rétention du personnel afin de conserver l’expertise.

Lors de la période de questions des commissaires, Hélène David a pris la parole pour interroger Mme Rinfret.

Est-ce que vous trouvez que les enfants sont aussi bien protégés que les adultes dans notre société?

Hélène David, commissaire

« Clairement non », a répondu la protectrice du citoyen, consciente de l’énorme tâche qui incombe aux commissaires.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Québec

Jeunesse