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Le Gaboteur « voulait acheter mon silence », dit l'ex-directeur général adjoint du journal

Etienne Vuillaume assis derrière son ordinateur dans le bureau du Gaboteur.

Etienne Vuillaume a été subitement renvoyé de son poste de directeur général adjoint du « Gaboteur », le journal francophone de Terre-Neuve-et-Labrador, vendredi dernier. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Patrick Butler

Le journal francophone de Terre-Neuve-et-Labrador, Le Gaboteur, est en plein bouleversement après le congédiement soudain de son directeur général adjoint, Etienne Vuillaume.

L’ancien numéro 2 du journal, M. Vuillaume, était censé prendre la relève après la retraite de la directrice générale actuelle, Jacinthe Tremblay, à la fin du mois.

Mais vendredi dernier, il a été renvoyé par le conseil d’administration du journal après n'avoir été en poste que pendant deux mois seulement.

M. Vuillaume admet que son congédiement est lié aux frictions entre lui et la direction, mais soutient que ce sont des frictions qui arrivent dans n’importe quelle entreprise quand on est entre adultes et qu’on a un conseil d’administration qui gouverne correctement son entreprise.

Selon lui, il y a une intolérance de la discussion [...] de discuter des problèmes qu’il y avait au journal Le Gaboteur.

Une indemnité de 5 000 $ offerte, puis refusée

Une lettre consultée par Radio-Canada montre que le conseil d’administration du Gaboteur avait offert à M. Vuillaume une indemnité de 5000 $ – un montant équivalent à un mois de salaire – pour l'« aider dans [sa] transition ».

Le C. A. du Gaboteur ne voulait pas faire de commentaires sur l’indemnité. Mais la lettre envoyée à M. Vuillaume indique que la loi provinciale n’oblige pas le journal à dédommager M. Vuillaume, puisqu'il n'a pas été en service pour plus de trois mois consécutifs. M. Vuillaume soutient que ce n'est pas le cas en vertu de son contrat avec le journal.

Une copie du « Gaboteur » de 2017.

« Le Gaboteur » est le seul journal francophone à Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Pour sa part, Etienne Vuillaume soutient que le journal essayait d’acheter mon silence de journaliste.

Le journal ne veut absolument pas que je parle de ce qui ne va pas dans le journal et de ce qui ne va pas dans la gouvernance. Ça me semble clair.

Etienne Vuillaume, ex-directeur général adjoint, Le Gaboteur

Je ne pouvais absolument pas accepter de me taire, surtout avec le dysfonctionnement que j’ai vu dans ce journal-là, ajoute-t-il, sans vouloir donner d'exemple de ce dysfonctionnement, outre le fait que le journal n’a pas de normes et pratiques journalistiques formelles.

C’est des problèmes internes à l’entreprise qui sont graves […] je préfère garder ça, à l’instant, pour moi, dit-il. Cette affaire n’est pas terminée.

Ça n'a pas marché

La présidente du conseil d’administration du Gaboteur, Nathalie Brunet, indique que le journal avait embauché Etienne Vuillaume en octobre dernier avec grand espoir qu’il deviendrait notre directeur général après la retraite de Jacinthe [Tremblay].

On a travaillé avec lui et ça n’a pas marché. On a fini par prendre la décision à grand regret qu’on préférait se séparer de lui comme employé.

Nathalie Brunet, présidente, conseil d'administration du Gaboteur

Mme Brunet ajoute que les discussions et le processus qui ont mené à la décision finale sont privés entre nous [le C. A.] et Etienne.

Jacinthe Tremblay s’occupera du dernier numéro du Gaboteur avant les Fêtes, mais confirme qu’elle quittera la direction à la fin du mois.

Le Gaboteur du 16 décembre va paraître et Le Gaboteur va continuer sans moi, promet-elle.

Qui prendra la relève?

Le C. A. du Gaboteur ne prévoit pas avoir le temps de recruter un nouveau directeur général pendant le temps de Fêtes, indique Nathalie Brunet. Le poste n’a pas encore été affiché.

À part Étienne Vuillaume et Jacinthe Tremblay, seulement un autre journaliste travaille à temps plein au journal.

La première édition du journal de 2020 sort au début du mois de janvier.

On espère trouver quelqu’un qui nous dépannera pendant quelques semaines, explique Mme Brunet.

Le Gaboteur, le seul journal francophone à Terre-Neuve-et-Labrador, fête ses 35 ans cette année. Il a reçu le prix d'excellence générale pour la rédaction journalistique de l'Association de la presse francophone en août dernier.

Les transitions sont toujours difficiles. Il y aura éventuellement une transformation, assure Mme Brunet. On pourrait très bien continuer à avoir de très belles aventures, ça va juste être des aventures différentes.

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