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La Médaille de l'Assemblée nationale aux victimes de Polytechnique

La cérémonie vise à souligner les 30 ans de la fusillade qui a coûté la vie à 14 femmes le 6 décembre 1989.

François Paradis remet un coffret à une femme.

Le président de l'Assemblée nationale, François Paradis, a remis la Médaille de l'Assemblée nationale du Québec aux proches des 14 femmes assassinées lors du massacre de Polytechnique, le 6 décembre 1989.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Rousell

Radio-Canada

Les parlementaires québécois ont rendu hommage jeudi après-midi aux victimes du massacre de Polytechnique, survenu il y a 30 ans.

La Médaille de l'Assemblée nationale a été décernée à titre posthume aux 14 femmes qui ont péri sous les balles d'un tireur le 6 décembre 1989. La cérémonie s'est déroulée au Salon rouge de l'Assemblée nationale.

Cette distinction a été remise aux personnes représentant les familles par le président de l'Assemblée nationale, François Paradis, le premier ministre François Legault, ainsi que par les trois chefs des groupes d'opposition.

Au cours d'une cérémonie empreinte d'émotion et de sobriété, les quatre chefs et le président de l'Assemblée nationale ont pris la parole pour se souvenir, avec l'ensemble des Québécois, de cet événement dramatique dirigé contre les femmes qui a marqué l'histoire du pays.

Je me souviens qu’il y a 30 ans, 14 Québécoises se sont fait voler leur avenir. Je me souviens qu’il y a 30 ans, 14 femmes ont perdu la vie parce qu’elles étaient des femmes.

François Legault, premier ministre du Québec.
Une femme dépose une rose blanche sur une table nappée de noir.

Les proches des victimes du massacre de Polytechnique ont déposé des roses blanches sur un autel à la mémoire des disparues.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Pour le premier ministre Legault, la tuerie de Polytechnique a attaqué les Québécois, femmes et hommes, dans l'une de leurs valeurs les plus fondamentales, l'égalité entre les hommes et les femmes.

L'ambition de ces femmes de contribuer à la société québécoise en devenant ingénieures a été balayée par la haine, a rappelé François Legault.

Parce qu’un homme trouvait qu’elle parlait trop fort, qu’elle réussissait trop bien, qu’il fallait la faire taire à tout prix, parce qu’elle était une femme.

Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

Je me souviens de ces deux petits mots qu’on ne dit qu’une fois : « Plus jamais ». Nous l’avons dit la main sur le coeur en espérant, en priant, à dire vrai. Puis, nous l’avons répété encore et encore, « Plus jamais ». Sauf les 605 femmes assassinées au Québec entre 1997 et 2015. Sauf les milliers de femmes autochtones disparues sans faire de bruit. « Plus jamais », sauf les 12 femmes tuées par leur conjoint ou leur ex au cours de la dernière année. Une par mois, comme à toutes les années, a tristement rappelé Mme Massé.

Aucune société ouverte et éclairée ne doit tolérer que des personnes soient tuées tout simplement parce qu’elles souhaitent réaliser leurs rêves, parce qu’elles sont des femmes.

François Paradis, président de l'Assemblée nationale
Une femme et une adolescente assistent à la cérémonie les yeux embués de larmes.

Le souvenir de ce triste événement se lisait sur tous les regards au Salon rouge, jeudi après-midi.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Dans la salle où les familles et les proches des 14 jeunes femmes étaient appelés tour à tour pour recevoir la Médaille de l'Assemblée nationale des mains des élus, les larmes perlaient encore aux yeux des visages où se lisaient la tristesse et le souvenir de la terrible perte qu'ils ont vécue.

La cérémonie s'est poursuivie au son de la musique d'un trio à cordes alors que les proches des victimes déposaient des roses blanches sur un autel à la mémoire des disparues.

Il est écrit sur le panneau : « Cette place a été nommée en mémoire des 14 femmes assassinées lors de l'attentat antiféministe survenu à l'École Polytechnique le 6 décembre 1989. Elle veut rappeler les valeurs fondamentales de respect et d'égalité, et condamner toutes les formes de violence à l'encontre des femmes. »

Le nouveau panneau de la place du 6-Décembre-1989

Photo : Radio-Canada

Plus tôt, l’administration Plante a dévoilé le nouveau panneau identifiant la place du 6-Décembre-1989 à l'angle de l'avenue Decelles et du chemin Queen-Mary, près de l'Université de Montréal. Le texte a été modifié de sorte à préciser que les 14 femmes assassinées ont été victimes d'un attentat antiféministe.

Puis vendredi, vers 17 h, la mairesse Plante, plusieurs élus et des proches des victimes se rendront sur le belvédère Kondiaronk, au sommet du mont Royal, pour assister à une autre cérémonie au cours de laquelle 14 faisceaux illumineront le ciel de la métropole – une création de Moment Factory, projetée annuellement depuis maintenant six ans.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
14 faisceaux lumineux projetés du mont Royal vers le ciel pour commémorer la tuerie du 6 décembre 1989 à Polytechnique.

Les héritières des victimes de Polytechnique

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Par ailleurs, la direction de Polytechnique Montréal a décerné jeudi l'Ordre de la rose blanche à Édith Ducharme, diplômée en génie physique de l'Université Laval.

Cette distinction est remise chaque année depuis 2014 à une étudiante canadienne en génie qui désire poursuivre ses études aux cycles supérieurs dans ce domaine, au Canada ou ailleurs dans le monde. Le prix, assorti d'une bourse de 30 000 $, a pour objectif de promouvoir des modèles féminins en génie et en sciences.

Le 6 décembre 1989, 13 étudiantes et une employée de Polytechnique ont vu leur vie fauchée par un individu qui a ouvert le feu dans l'établissement, blessant également 9 femmes et 5 hommes. Cet attentat, qui a marqué tout le Québec, a notamment été immortalisé par un long métrage de Denis Villeneuve en 2009.

Avec les informations de La Presse canadienne

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