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Heure avancée : des experts estiment que la C.-B. n'a pas considéré les risques pour la santé

Silhouette d'un avion au-dessus du soleil qui se lève.

Selon des experts, les enfants se rendront à l'école dans le noir pendant un tiers de leur année scolaire si l'heure avancée était permanente.

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Radio-Canada

En Colombie-Britannique, des experts du sommeil craignent que la décision d’adopter l’heure avancée de façon permanente n'ait été prise par la province sans considération des risques pour la santé.

Si l'heure avancée était permanente, en hiver, le soleil ne se lèverait qu'après 9 h à Vancouver pendant tout un mois. Dans certaines parties de la province, ce serait même après 10 h.

Cela veut dire que des millions de Britanno-Colombiens se réveilleront, prendront leur déjeuner et se rendront au travail sans lueur du soleil et que les enfants iront à l'école dans le noir pendant un tiers de leur année scolaire.

Selon des experts en sommeil et en neuroscience, cela présenterait des risques sérieux pour la santé, notamment l'augmentation du risque de maladies cardiovasculaires et de diabète.

Ils croient que la province, qui entend se débarrasser du changement d'heure de l'automne et du printemps pour passer à l'heure avancée toute l'année, n'a pas pris ces risques en compte.

Il est dommage qu’une décision de ce genre ait été prise sans consulter la science.

Myriam Juda, chercheuse, laboratoire des rythmes circadiens et du sommeil de l’Université Simon-Fraser

Myriam Juda est chercheuse au laboratoire des rythmes circadiens et du sommeil de l’Université Simon-Fraser. Elle fait également partie des auteurs de la lettre ouverte, déposée par des experts en octobre, qui demandait à la province d’abandonner le projet de loi avant qu'il ne soit adopté.

Selon la lettre, l’heure d’été à longueur d’année causerait le déphasage permanent du sommeil, ce qui aurait pour effet que la population est moins reposée et nuirait même à la sécurité publique.

Myriam Juda utilise son ordinateur portable.

Myriam Juda est chercheuse au laboratoire des rythmes circadiens et du sommeil de l’Université Simon-Fraser. Selon elle, l'adoption d'une heure avancée permanente présenterait plusieurs risques pour la santé.

Photo : Radio-Canada / Christian Amundson

L'heure normale au lieu de l'heure avancée

Myriam Juda et ses collègues sont d'accord avec l’abolition du changement d’heure, mais suggèrent plutôt l’adoption de l’heure normale de façon permanente.

L’heure normale s’aligne à l'heure solaire selon laquelle il est midi au moment où le soleil est à son point le plus haut dans le ciel, explique-t-elle.

« Notre horloge circadienne, horloge biologique chargée de fonctions telles que le relâchement d’hormones et la température du corps, agit en concordance à la position du soleil et non de l’heure sur notre horloge », ajoute-t-elle.

Notre santé mentale bénéficierait plus d’une heure normale permanente que d’une heure avancée permanente, dit Myriam Juda. Il y aurait moins de fatigue.

Le sondage effectué auprès de Britanno-Colombiens cet été ne présentait que deux options : maintenir les changements d’heure ou adopter l’heure avancée permanente. Selon le sondage, 93 % des répondants, soit 223 273 personnes, se sont prononcés en faveur de l’heure avancée permanente.

CBC a soumis une demande d’accès à l’information auprès du bureau du premier ministre de la province demandant toute correspondance avec le ministère de la Santé concernant ce dossier. Aucun document n’a été trouvé.

Aucun ministre du gouvernement n’a accepté de répondre aux questions de CBC à ce sujet, mais un porte-parole de Victoria a déclaré que la province continuait à prendre en compte les différentes positions sur le dossier.

Pour sa part, le député libéral Bob D’Eith a répondu aux questions de CBC sans pour autant répondre aux inquiétudes soulevées par Myriam Juda et ses collègues. C’est l’option qui a le plus de sens., soutient-il.

Nous irons de l’avant avec nos voisins américains et le territoire du Yukon. C’est la manière prudente de procéder et c’est ce qu’attendent les Britanno-Colombiens, dit-il.

Mais Myriam Juda est en désaccord avec cette idée.

J’ai entendu des déclarations qui disent que les chercheurs sont en désaccord sur le dossier, mais ce n’est pas vrai, affirme-t-elle. Les chercheurs des rythmes circadiens et du sommeil sont unanimes sur la question, à travers le monde. Nous ne devrions pas avoir d’heure avancée permanente.

Avec les informations de Bethany Lindsay

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Colombie-Britannique et Yukon

Santé