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La police de Toronto lance son controversé registre des personnes vulnérables

Une voiture de police

Sur son site web, la police de Toronto indique que les renseignements ne seraient utilisés qu'à titre informatif par les agents, à moins qu'une personne ne soit portée disparue

Photo :  CBC

Radio-Canada

L'initiative volontaire vise à permettre aux membres du public de partager des renseignements sensibles à leur sujet, au sujet des personnes dont ils ont la garde ou à l'égard desquelles ils ont une procuration. L'objectif : aider les premiers intervenants à mieux gérer les rencontres avec les personnes en crise.

Sur son site web, la police de Toronto indique que les renseignements ne seraient utilisés qu'à titre informatif par les agents, à moins qu'une personne ne soit portée disparue.

Dans un tel cas, le nom, la photo et une description de l’individu pourraient être diffusés aux médias, aux services de transport en commun et dans les hôpitaux pour aider à localiser la personne

À première vue, selon l'avocat de la défense Mohamed El Rashidy, l'initiative est encourageante.

Quand le chef Mark Saunders dit qu'il s'agit d'un partenariat entre les collectivités et la police, c'est toujours une étape très positive , explique-t-il, déplorant que trop souvent les personnes atteintes de troubles mentaux se retrouvent dans le système de justice pénale au lieu de recevoir l'aide dont elles ont besoin.

Les données rassemblées

  • Le nom de la personne
  • Sa date de naissance, adresse, description de l'individu
  • Coordonnées de personnes-ressources
  • Comportements que la personne pourrait avoir
  • Les stratégies de sortie de crises recommandées
  • Les endroits fréquentés à vérifier en cas de disparition
  • Les sujets à éviter
  • Une photo et des renseignements médicaux peuvent également être soumises, les données étant conservées pendant deux ans, sauf avis contraire de la personne qui présente la demande

Mais il prévient que chaque fois qu'un gouvernement ou un service de police se voit confier des données personnelles, le public doit faire preuve de prudence.

La police, dit-il, a déjà des pouvoirs étendus au Canada, et l'accès à des renseignements aussi sensibles que ceux-ci rend nécessaire d’instaurer des mesures de protection supplémentaires.

La question qui se pose lorsque vous recueillez des données aussi sensibles que celle-ci est de savoir comment il y aura reddition de comptes. Qui surveillera l'utilisation de ces renseignements pour s’assurer qu’ils soient utilisés comme il se doit et s'il y a des risques d'atteinte à la sécurité ?

Mohamed El Rashidy

El Rashidy souligne également que le registre peut contenir la photo de personnes vulnérables, ce qui pourrait les rendre immédiatement identifiables en ligne en cas de fuites de données.

Alok Mukherjee, ancien président de la Commission des services policiers de Toronto, partage certaines de ces préoccupations. L'ancien chef de l'organisme civil, chargé de superviser la police, a démissionné du conseil d'administration en 2015 et s'est prononcé avec vigueur contre la pratique du recensement des personnes vulnérables dans les jours qui ont suivi.

Des questions de protection de la vie privée subsistent

En théorie, les registres devraient être utiles. D'un autre côté, il y a de toute évidence de grandes questions auxquelles on n'a pas répondu, rappelle Alok Mukherjee.

L’ancien président de la Commission des services policiers de Toronto cite Andrew Loku, qui a été abattu par la police quelques minutes après son arrivée dans un complexe d'appartements à Toronto en 2015.

Ce père de 45 ans souffrait du syndrome de stress post-traumatique après avoir été kidnappé au Soudan. La police l'a trouvé, armé d'un marteau, et l'officier qui a tiré les coups de feu mortels a témoigné plus tard qu'il craignait pour sa vie lorsque celui-ci a refusé de le déposer.

Les policiers ont affirmé pendant l'enquête qu'ils n'étaient pas au courant de sa santé mentale même si Loku souffrait de problèmes de santé mentale, a déclaré Mukherjee.

Mais Alok Mukherjee souligne également qu'il a vu des cas où des personnes se sont vu refuser l'entrée aux États-Unis simplement à cause d'un rapport de police selon lequel elles avaient déjà été suicidaires.

Je pense donc qu'il y a beaucoup de questions qui restent sans réponses au sujet du fonctionnement, de la gestion, du contrôle et de l'accès au registre , a-t-il déclaré à nos collègues de CBC. D'après ce que j'ai vu aujourd'hui, ces questions restent sans réponse.

Effacer, sans poser de questions

Paul Jones, un sergent du service de police de Toronto, souligne que si une personne veut mettre à jour ou supprimer des renseignements du registre, la police s'y conformera sans poser de questions, ajoutant que les renseignements recueillis par la police ne seront transmis à aucun autre organisme.

Le registre n'est pas destiné à être utilisé pour faire quoi que ce soit de mal à une personne, a-t-il dit, ajoutant que toute personne ayant une préoccupation ou une question au sujet de l'initiative peut contacter la police.

Avec les informations de CBC

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Toronto

Prévention et sécurité