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La Nouvelle-Écosse interdira la vente de liquides à vapoter aromatisés

Cinq boîtes de Juul de différentes saveurs sur une étagère.

Des cigarettes électroniques Juul.

Photo : CBC / Robert Short

Radio-Canada

La Nouvelle-Écosse devient la première province à interdire la vente des liquides à vapoter aromatisés et s'engage aussi à adopter une loi d'application générale.

La province est l'une des premières à annoncer des mesures législatives sur le vapotage et la seule à annoncer l'interdiction complète de la vente des liquides à vapoter aromatisés.

Le gouvernement provincial en a fait l'annonce jeudi matin. La province va encore plus loin en s'engageant à adopter une loi d'application générale. Dès le 1er avril 2020, la Nouvelle-Écosse interdira la vente des cigarettes électroniques aromatisées et des liquides aromatisés pour le vapotage.

Le nombre grandissant de jeunes gens qui vapotent inquiète.

Nous avons beaucoup travaillé en vue de créer une culture de non-fumeurs et nous ne voulons pas perdre du terrain. Le nombre d'adeptes du vapotage, surtout chez les jeunes, va en grandissant et ce que nous voyons nous inquiète, souligne le ministre de la Santé et du Mieux-être, Randy Delorey.

La Nouvelle-Écosse a d'ailleurs été la première province canadienne à interdire la vente de tabac aromatisé, en 2015.

Les efforts avaient porté leurs fruits, puisque le taux de tabagisme s'était abaissé. Le progrès stagnait par contre depuis l'arrivée sur le marché des produits de vapotage.

Cette initiative a été applaudie par le médecin hygiéniste en chef de la province : La popularité grandissante du vapotage de même qu'un manque de compréhension des risques possibles pour la santé liés au vapotage nous mènent dans la mauvaise direction. [...] Voilà une mesure importante en vue de protéger les jeunes de la Nouvelle-Écosse, affirme le Dr Robert Strang.

Scepticisme

Dans l’industrie du vapotage, on se dit sceptique à l’égard de l’efficacité de cette mesure pour dissuader les jeunes d’acheter ce produit. Ils pensent que ceux-ci trouveront d’autres façons de s’en procurer.

Si le gouvernement veut réellement empêcher les personnes d’âge mineur de vapoter, il faut limiter le taux de nicotine de ces produits, estime John Xydous, un représentant de l’Association canadienne du vapotage.

John Xydous en entrevue dans les studios de Radio-Canada.

John Xydous, de l’Association canadienne du vapotage

Photo : Radio-Canada

Les jeunes, juge-t-il, deviennent des utilisateurs à cause de la nicotine.

Ils n'ont pas compris encore qu'ils sont dépendants de la nicotine, donc il faut s'attaquer à la dose de la nicotine et à l'accessibilité. Ce sont ces deux facteurs-là qui vont nous permettre de réduire le taux d'adoption parmi les jeunes, dit M. Xydous.

L’organisme Right 4 Vapers, qui milite en faveur des consommateurs des produits de vapotage, qualifie de régressive et de contreproductive l’interdiction décrétée en Nouvelle-Écosse. De plus, il accuse le gouvernement provincial de réagir à un outrage médiatique et dans le but de générer des clics.

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse démontre une incompréhension totale de l’importance des saveurs pour les fumeurs adultes qui cherchent une alternative à la cigarette. Les saveurs aident à détourner les fumeurs de leurs habitudes malsaines. Cesser de fumer est déjà assez difficile. Pourquoi le ministre Delorey cherche-t-il à rendre la tâche encore plus ardue pour les fumeurs?, accuse Chris Lalonde, un professeur de psychologie à l’Université de Victoria qui est consultant pour Rights 4 Vapers.

Plan rapproché des mains d'une femme tenant des cigarettes et une vapoteuse.

Pour arrêter de fumer, la cigarette électronique semble presque deux fois plus efficace que les substituts classiques.

Photo : iStock

Le groupe se dit contre le vapotage chez les mineurs, mais croit que la loi en Nouvelle-Écosse ne servira qu’à favoriser le marché noir pour des produits du vapotage et à augmenter le nombre de substances dangereuses qui risquent de se retrouver entre les mains des enfants, déclare le professeur Lalonde.

De son côté, la Société canadienne du cancer voit d'un bon oeil l’annonce faite en Nouvelle-Écosse, mais voudrait voir les provinces aller encore plus loin.

L'avocat Rob Cunningham de la Société canadienne du cancer.

L'avocat Rob Cunningham de la Société canadienne du cancer

Photo : La Presse canadienne / Patrick Doyle

Les restrictions sur les arômes sont une mesure, mais on a besoin d'une stratégie globale qui inclut un âge minimum de 21 ans pour le tabac et les cigarettes électroniques, de limiter les ventes seulement aux vapoteries, de contrôler le taux maximum de nicotine et autres mesures, dit Rob Cunningham, analyste principal à la Société canadienne du cancer.

D'autres provinces tentent aussi de réglementer le vapotage en introduisant des restrictions, comme à l'Île-du-Prince-Édouard, où certains arômes de liquide à vapoter pourraient être interdits.

En Colombie-Britannique, une série de mesures restrictives entourant les vapoteuses et les cigarettes électroniques entreront en vigueur au printemps 2020. L'Ontario dit également envisager d'interdire les produits de vapotage aromatisés.

Avec des informations de Kassandra Nadeau

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