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Comprendre et accepter en chantant l'hymne national en ojibwé

Portrait d'une classe d'élèves

Des élèves de l'école publique anglaise McNaughton Avenue de Chatham chante désormais l'hymne national en langue ojibwé.

Photo : CBC/Katerina Georgieva

Radio-Canada

Alors que la plupart des écoles à travers le pays commencent leur journée en chantant l'hymne canadien en français ou en anglais, les élèves d'une école d'immersion du Sud-Ouest de l'Ontario ont appris à le chanter dans une langue autochtone. L'initiative d'une enseignante, qui inspire déjà d'autres établissements.

Tout a commencé dans la classe de 2e année de l'école publique McNaughton Avenue, à Chatham.

Après avoir participé à une formation offerte par son conseil scolaire sur la vérité et la réconciliation avec les peuples des Premières Nations, l'enseignante Beth Gellner a décidé d'intégrer ses connaissances à son enseignement.

C'est alors qu'elle a entrepris d'enseigner à ses élèves l'hymne national en ojibwé.

Je leur enseigne en français et ça nous force à penser d'une façon française, donc j'ai pensé : si on apprend l'hymne national en ojibwé, ça va nous apprendre comment on peut apprendre à penser en ojibwé.

Beth Gellner, enseignante

Comprendre le sens des mots

Pour y arriver, elle s'est tournée vers Gretchen Sands-Gamble, responsable des projets spéciaux d'éducation élémentaire autochtone au conseil scolaire public anglais de Lambton Kent, elle-même issue de la Première Nation de l'Île Walpole.

Selon Mme Sands-Gamble, la version en ojibwé a une signification différente de l'hymne en anglais et en français.

Quand vous lisez les paroles traduites de l'anglais, vous remarquez que l'accent est mis sur l'amour de la terre et de la création et sur l'honneur de la création tout entière, dit-elle.

Un rapport à la nature que les deux enseignantes n'ont pas manqué de souligner aux élèves.

Le processus d'apprentissage pour les enfants a également compris la production de dessins basés sur les discussions autour de la signification de l'hymne.

Il y a beaucoup de coeurs... parce qu'il parle d'amour, explique Mme Gellner. Et beaucoup de montagnes parce qu'il parle du Nord.

Des dessins sont accrochés sur un mur dans un corridor d'école

Les élèves ont fait des dessins pour accompagner la transcription de l'hymne national en anglais et en ojibwé.

Photo : CBC/Katerina Georgieva

Et l'expérience a trouvé un écho chez les jeunes. Je l'aime beaucoup parce que c'est une nouvelle langue pour moi, explique Abbey Killingsworth, élève de 2e année.

Sa camarade de classe Eden Hessel raconte qu'elle aimait apprendre quelque chose de différent. Ma partie préférée est "Naaniibwida miigwechiiiwendandaa", et cela signifie "Debout, disons merci", dit-elle.

Une initiative qui inspire

Après avoir enseigné l'hymne à ma classe de 2e année, je me suis dit que ce serait bien que toute l'école puisse le chanter, explique Mme Gellner. C'est ainsi que s'est formée la chorale de l'école. Leur interprétation de l'hymne en ojibwé a même été enregistrée afin de pouvoir la diffuser lors des annonces officielles dans l'école.

Et d'autres établissements scolaires de la région ont depuis manifesté leur intérêt pour l'initiative. Je pense que toutes les écoles commencent à comprendre que cela a de la valeur, note Mme Sands-Gamble.

Pour elle, entendre l'hymne en ojibwé signifie beaucoup ainsi que pour les jeunes membres de l'école issus des Premières Nations de la région.

C'est si important et stimulant pour les élèves d'entendre leur langue, leurs histoires et leurs perspectives partagées à l'école, souligne-t-elle.

Certaines écoles de la région qui comptent une importante population autochtone, comme l'école secondaire de Wallaceburg située à côté de la Première Nation de l'Île Walpole, jouent toutefois une version de l'hymne en langue ojibwée depuis des années.

Avec les informations de Katerina Georgieva, CBC News

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