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Mobilisation de grande ampleur en France contre la réforme des retraites

Les syndicats évoquent une journée « historique », alors que le gouvernement redoute des violences.

Des milliers de Français dans la rue.

Les syndicats se sont fortement mobilisés en vue de cette journée nationale de grève contre le projet gouvernemental des retraites.

Photo : Reuters / Gonzalo Fuentes

Radio-Canada

Des centaines de milliers de personnes ont manifesté et ont fait grève jeudi en France, au premier jour d'une vaste mobilisation contre le projet de réforme des retraites, que le gouvernement se dit prêt à négocier dans ses modalités, mais pas dans ses principes.

Selon la CGT, fer de lance de la contestation et premier syndicat de la SNCF, les quelque 250 rassemblements et défilés ont réuni de 1,4 à 1,5 million de personnes dans le pays, dont 250 000 à Paris.

Le ministère de l'Intérieur a pour sa part compté 806 000 manifestants jeudi, dont 65 000 dans la capitale.

Entre 33 000 et 100 000 manifestants à Toulouse, selon la préfecture ou les organisateurs, 25 000 à 150 000 à Marseille, de 19 000 à 25 000 à Nantes, 13 000 à 15 000 à Rennes : les cortèges ont donné le ton du nouvel acte social du quinquennat après les gilets jaunes.

Pour les syndicats, qui n'ont pas réussi à faire plier Emmanuel Macron depuis son arrivée au pouvoir en 2017, le coup de semonce est d'ores et déjà réussi.

L'exécutif redoute pour sa part que le mouvement n'égale la lame de fond de 1995. La mobilisation d'alors contre une réforme des retraites et de la Sécurité sociale avait paralysé les transports en commun durant trois semaines et forcé le gouvernement de l'époque à reculer.

Des incidents ont perturbé le déroulement de la manifestation dans la capitale, où quelque 500 ultras, selon la préfecture de police, s'en sont pris aux forces de l'ordre et ont incendié et détérioré du mobilier urbain, notamment.

À 17 h (11 h HNE), 87 personnes avaient été interpellées à Paris, selon la préfecture de la police. En fin d'après-midi, 60 personnes avaient été placées en garde à vue, selon le parquet de Paris.

Des tensions sont également survenues à Nantes, Rennes, Bordeaux et Toulouse, mais dans une moindre mesure.

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Des cyclistes et des piétons passent devant la tour Eiffel, enveloppée d'un brouillard opaque.

Les transports étaient particulièrement touchés, donc, notamment à Paris, où 10 lignes de métro sur 14 étaient fermées, et où les syndicats ont déjà annoncé que le mouvement durerait jusqu'à lundi.

Dans le ferroviaire, quelque 90 % des trains à grande vitesse ont été annulés et 50 % des Eurostar, a annoncé la compagnie SNCF. Aux quatre coins du pays, en pleine heure de pointe, une majorité de gares étaient quasi désertes jeudi.

Entre télétravail et covoiturage, les Français, particulièrement en Île-de-France, s'étaient organisés en amont. Tout le monde s’est organisé aujourd’hui et demain, mais la semaine prochaine les gens risquent d’être énervés, témoigne Isabelle Guibal, gérante d'un café, qui a effectué un trajet de 50 minutes à vélo pour se rendre à son travail à Paris.

Le mouvement touche également les enseignants, les retraités, les étudiants, les avocats... Et la grève s'annonce comme l'une des plus suivies de ces dernières années en France.

Le premier ministre, Édouard Philippe, a rendu hommage aux organisations syndicales qui ont encadré les manifestations en province et distingué les casseurs des manifestants pacifistes.

Un projet contesté

Toutes les professions sont dans les rues. Il y a du bruit dans les rues, j'espère que les fenêtres de l'Élysée sont ouvertes, a déclaré le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, au départ du cortège parisien.

La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a assuré qu'il restait des marges de négociation avec les organisations syndicales sur le projet de système de retraite unique par points, à l'origine de la mobilisation.

Ce futur système universel, censé remplacer les 42 régimes existants (fonctionnaires, privés, régimes spéciaux, complémentaires), promet d'être plus lisible et plus juste, assure le gouvernement.

Les détracteurs de la réforme s'attendent à une précarisation des retraités.

L'exécutif français joue gros dans un contexte social déjà tendu, avec la mobilisation depuis plus d'un an dans le pays du mouvement social inédit des gilets jaunes, mais aussi des mécontentements exacerbés dans les hôpitaux, parmi les étudiants, les cheminots, les policiers, les sapeurs-pompiers, les enseignants, les agriculteurs...

Emmanuel Macron est calme et déterminé, attentif au respect de l'ordre public et aux désagréments, a affirmé jeudi la présidence française, qui a précisé que le premier ministre Édouard Philippe annoncerait en milieu de semaine prochaine l'architecture générale de la réforme.

Le projet précis n'est en effet pas encore connu et l'exécutif est resté dans le flou sur plusieurs points.

Fin novembre, M. Macron avait déclaré porter un projet d'ambition pour notre pays. Je n'y renoncerai pas, avait-il ajouté.

Un protestataire portant une casquette des Red Wings de Détroit tient une pancarte sur laquelle on peut lire : « BLACK THURSDAY / RETRAITE -40 % ».

Les manifestants faisaient preuve de créativité, jeudi.

Photo : Reuters / Jean-Paul Pelissier

Plusieurs récents sondages ont montré que le mouvement était majoritairement soutenu par les Français.

Réforme des retraites : l'heure de vérité pour Emmanuel Macron, titrait jeudi le journal Le Monde. À travers la réforme des retraites, M. Macron joue sa capacité à poursuivre son action réformatrice, estime le quotidien.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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