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Dure semaine pour la crédibilité environnementale du gouvernement Ford

On distingue la tour du CN au loin alors que les édifices sont entourés de brouillard.

La ville de Toronto vue du lac Ontario

Photo : getty images/istockphoto / ArchonCodex

Julie-Anne Lamoureux

L'environnement est-il en train de devenir l'épine dans le pied du gouvernement Ford? C'est, en tous cas, certainement le thème des derniers jours.

La semaine dernière, le ministre de l'Énergie Greg Rickford a attiré l'attention en citant en chambre un site internet climatosceptique, le Climate Change Dispatch.

Le premier ministre Doug Ford a dû le défendre et réitérer sa confiance en son ministre.

Un homme devant le micro d'un journaliste.

Le ministre de l'Énergie, Greg Rickford, est sur la sellette pour avoir cité une publication qui rejette le consensus scientifique entourant les changements climatiques.

Photo : Radio-Canada

Rien pour aider un gouvernement accusé de toutes parts de se traîner les pieds dans la lutte aux changements climatiques.

Le gouvernement veut contester la taxe fédérale sur le carbone devant la Cour Suprême, et il a retiré l'Ontario du marché du carbone avec le Québec et la Californie.

Des cheminées industrielles d'où on peut voir s'échapper de la fumée.

Des cheminées industrielles d'où on peut voir s'échapper de la fumée.

Photo : Reuters / Peter Andrews

Deux juges de la cour divisionnaire sur trois ont d'ailleurs conclu plus tôt cet automne que le gouvernement progressiste-conservateur a agi de manière illégale en éliminant ce système de plafonnement et d'échange de droits d'émission de carbone de la province sans consulter la population ontarienne, comme l'exige la Charte des droits environnementaux.

Le gouvernement Ford a aboli le bureau du Commissaire à l'environnement de l'Ontario dans la dernière année et il a annulé quelque 750 projets d'énergie renouvelable.

Autre tuile environnementale

La liste s'allonge... et les conservateurs de Doug Ford se seraient bien passés du rapport annuel de la vérificatrice générale, très critique face à leur plan en matière d'environnement.

Bonnie Lysyk écrit noir sur blanc que ce plan ne s'appuie pas sur des preuves solides, et qu'il ne permettra vraisemblablement pas d'atteindre les cibles fixées.

Bonnie Lysyk en conférence de presse.

La vérificatrice générale de l'Ontario, Bonnie Lysyk

Photo : Chaîne de Queen's Park

Elle explique que certaines initiatives sont comptabilisées en double dans le calcul des émissions de gaz à effet de serre, et que le plan ne tient pas compte de mesures d'autres ministères qui ont l'effet d'augmenter les émissions.

Le plan mise aussi beaucoup sur la prolifération de véhicules électriques au cours des prochaines années.

Des 41 000 véhicules électriques sur les routes de l'Ontario en ce moment, le gouvernement pense qu'il y en aura 1,3 million d'ici 2030. C'est une augmentation de 3000 %.

Et pourtant, Metrolinx a retiré des bornes de recharge de ses stationnements Go en raison d'une faible demande et des coûts.

Une voiture électrique est rechargée.

Le gouvernement a annulé les mesures incitatives à l'achat véhicules électriques.

Photo : Radio-Canada

En mai dernier, le ministère du Logement a annulé l'exigence d'avoir des bornes sur les lieux de travail, ainsi que l'exigence selon laquelle les nouvelles constructions domiciliaires devaient comprendre des dispositifs d'alimentation pour installer éventuellement des chargeurs de batterie pour ces véhicules.

Le gouvernement a du même coup annulé les mesures incitatives à l'achat de tels véhicules.

Un plan en évolution

Malgré cela, le gouvernement persiste et signe, et maintient son engagement de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30 % par rapport au niveau de 2005 d'ici 2030.

Le ministre de l'Environnement, Jeff Yurek, admet que le plan doit être renforcé, qu'il doit évoluer et qu'il évoluera. Il a même défendu son parti en disant que la vérificatrice générale n'a pas dit que c'était un plan terrible. Quelle défense...

Dans un élan plus passionné, Jeff Yurek a aussi reconnu que les conservateurs n'ont pas été les plus proactifs dans la discussion qui entoure le défi des temps modernes : s'attaquer aux changements climatiques. Mais il prévient que les choses changeront.

Depuis trop longtemps, la voix des conservateurs n'a pas pris part aux discussions sur les changements climatiques alors que les conservateurs ont un bilan très fort en matière d'enjeux environnementaux et pour trouver des solutions pour régler les problèmes. Et c'est ce que nous faisons. Nous allons être engagés pour nous assurer de faire les changements nécessaires pour combattre les changements climatiques et atteindre nos objectifs de 2030.

Jeff Yurek, ministre de l'Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs

Nouveau ton, nouveau plan?

S'agit-il d'un signal de changement de cap? Avec le nouveau ton du premier ministre et de son gouvernement des dernières semaines, peut-on s'attendre à un changement de discours et de stratégie dans ce domaine également?

Les conservateurs de Doug Ford sont maintenant notoires pour leurs volte-face, eux qui semblent vouloir repartir sur un nouveau pied depuis la reprise des travaux législatifs à la fin octobre.

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Toronto

Politique