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Agressions sexuelles par des prêtres : une enquête publique réclamée

Une enquête nationale sur les agressions sexuelles commises par des membres de l'Église catholique a notamment eu lieu en Irlande.

Photo : Reuters / Jason Cohn

Radio-Canada

Pour le diocèse de Bathurst, le dossier des agressions sexuelles commises par des prêtres semble clos, mais les dédommagements financiers versés aux victimes ne sont qu’une « réparation minimale », selon une criminologue.

Marie-Andrée Pelland, professeure de criminologie à l’Université de Moncton, croit qu’une enquête publique sur les agressions sexuelles commises au sein de l’Église est nécessaire.

Pour entraîner une réparation véritable, une transformation de l’Église comme institution, ça va prendre une enquête publique, une recherche faite de longue haleine dans l'ensemble du Canada.

Marie-Andrée Pelland

Tout ce processus a été fait dans le silence, dénonce Mme Pelland. Elle déplore un exercice effectué à huis clos, qui laisse le public dans l’ignorance quant à l’ampleur des sévices. Il y a des générations de jeunes garçons et de jeunes filles qui ont été victimisées au sein de l'Église.

Marie-Andrée Pelland en entrevue à l'extérieur en hiver.

Marie-Andrée Pelland, professeure de criminologie à l’Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada

Au Canada, dit-elle, le public ne connaît que le témoignage parcellaire des victimes, alors que l’examen des agressions commises par l’Église en Irlande, aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande était à son avis beaucoup plus transparent.

Les victimes, elles, veulent également des excuses officielles, et que la situation soit exposée au grand public, poursuit Marie-Andrée Pelland. Qui savait? Qui était au courant de la victimisation? Pourquoi on a transporté les prêtres d'un village à l'autre?

Cela est nécessaire, à son avis, pour que les survivants de ces agressions puissent véritablement cheminer vers la guérison de ces traumatismes. Ils ont vécu la situation seuls chez eux, pendant 50 ans pour certains, souligne-t-elle. Le rendre public, en parler, c’est rendre le phénomène visible.

En tant que citoyens [...] on va aussi avoir une réalisation de l'impact que ça a eu sur nos vies, sur nos collectivités, mentionne-t-elle également.

Mme Pelland croit que, malgré les dédommagements financiers, l’Église a protégé d'abord l'institution, au détriment des victimes. Malgré certaines voix qui se sont élevées au sein même du clergé pour une plus grande transparence, il y a un désir encore important de garder l'information secrète, constate-t-elle.

Un ancien juge doute de l’utilité d’une enquête publique

Michel Bastarache, ancien juge à la Cour suprême du Canada, a été embauché comme médiateur en 2010 pour aider le diocèse de Bathurst à s’entendre avec les victimes de prêtres agresseurs sur les indemnités qui leur seraient versées. Il se demande à quoi pourrait servir une enquête publique aujourd’hui.

J’aimerais bien comprendre exactement ce qu’ils veulent obtenir comme présentation lors de cette audience-là et en quoi ça va servir à changer quoi que ce soit.

Michel Bastarache, ancien juge à la Cour suprême du Canada

L’Église sait ce qui a amené cette situation-là. Ils sont engagés évidemment à réformer toute leur façon de faire. Convaincre les gens déjà convaincus, ça ne sert pas à grand-chose. [...] Je n’ai pas étudié cette possibilité-là, mais en général, les enquêtes publiques, pour moi, ce n’est pas pour régler des problèmes individuels, explique Michel Bastarache.

D’après les renseignements de Margaud Castadère et de Michel Doucet

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