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Un nouvel appareil portable permet aux dysphagiques de réapprendre à avaler des solides

Leslie O'Connor-Parsons dans une salle de l'Université de l'Alberta en train d'essayer le dispositif Mobili-T.

Leslie O'Connor-Parsons a retrouvé l'appétit et l'espoir.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Une équipe de chercheurs de l'Université de l'Alberta a mis au point une technologie qui pourrait redonner aux patients atteints de dysphagie la capacité de manger des aliments solides.

Les personnes qui souffrent de dysphagie ont de la difficulté à avaler, une complication qui apparaît entre autres après certains traitements contre le cancer. En Amérique du Nord, 20 % des plus de 50 ans souffrent de dysphagie, selon Gabriela Constantinescu, orthophoniste rattachée à l'Université de l'Alberta.

Lorsque Leslie O'Connor-Parsons apprend qu'elle a une tumeur à la gorge à la suite d'un cancer de la tête et du cou en 2014, sa vie change. Après une chirurgie et plusieurs traitements, les muscles qui lui permettent d'avaler sont gravement endommagés. L'Albertaine est persuadée qu'elle va devoir manger des aliments liquides à vie.

Sans grandes attentes, Leslie O'Connor-Parsons participe à des essais cliniques en janvier avec l'équipe de Gabriela Constantinescu, orthophoniste rattachée à l'Université de l'Alberta. Ils auraient une solution, appelée Mobili-T. Le dispositif, pas plus gros qu'un lecteur MP3, est équipé d'une connexion sans fil et envoie des informations à une application sur tablette ou téléphone intelligent.

L'appareil, placé sur la gorge, a des capteurs qui analysent les forces musculaires de la déglutition, explique l'orthophoniste. Le système donne aux patients des exercices et des objectifs à atteindre que peuvent aussi consulter les cliniciens.

Un dispositif, collé à la gorge d'un patient, doté de capteurs analysant les muscles de la déglutition.

Le dispositif, collé à la gorge, est doté de capteurs analysant les muscles de la déglutition.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Un traitement plus pratique

En Amérique du Nord, la majorité des cas, ce trouble gastro-intestinal est la conséquence d'un cancer de la tête et du cou, d'un accident vasculaire cérébral ou d'un traumatisme crânien, selon Gabriela Constantinescu.

Les personnes souffrant de dysphagie peuvent faire des exercices d'élocution et de déglutition pour retrouver l'utilisation des muscles de la gorge. Mais, jusqu'à maintenant, ils devaient se déplacer en clinique, car l'outil qui sert à cette réadaptation est aussi gros qu'un réfrigérateur. Selon Gabriela Constantinescu, seulement un patient sur dix suit le traitement comme prescrit à cause du manque de praticité de la thérapie.

Pour obtenir des résultats, il faudrait les voir trois fois par semaine, mais ils viennent plutôt une ou deux fois. Grâce à ce nouveau procédé, ils peuvent le faire tous les jours à domicile. Cela réduit les frais de déplacement pour les patients et permet aux cliniciens de suivre plus de personnes à la fois, explique Gabriela Constantinescu.

L'orthophoniste Gabriela Constantinescu dans une salle de l'Université de l'Alberta.

L'orthophoniste Gabriela Constantinescu est engagée dans ce projet depuis cinq ans.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

L'optimisme regagne du terrain

Leslie O'Connor-Parsons était l'une des vingt personnes à participer aux premiers essais. Elle a utilisé le dispositif pendant six semaines chez elle. Des progrès se sont manifestés rapidement, c'était fantastique, s'enthousiasme l'orthophoniste qui a encadré l'expérience. Elle a même pu manger son plat préféré, un hamburger, à l'Action de grâce.

Je suis heureuse de pouvoir remanger des aliments solides, raconte Leslie O'Connor-Parsons avec le sourire. J'ai à nouveau de l'espoir.

Dans les prochains mois, l'appareil continuera à être amélioré grâce aux retours des patients, avant d'être commercialisé aux États-Unis au courant de l'année prochaine par True Angle, une entreprise privée créée par des chercheurs en partenariat avec l'Université de l'Alberta pour commercialiser le Mobili-T.

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