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Dossier Capitales Médias : Sylvie Lalande compte poursuivre Pierre Fitzgibbon

Sylvie Lalande en conférence

Sylvie Lalande siège aussi au conseil d'administration de Québecor.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Mis à jour le 

Éclaboussée par des allégations de conflit d’intérêts formulées à son endroit, une haute dirigeante de Québecor et du Groupe TVA, Sylvie Lalande, quitte la présidence du conseil d’administration de Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD) et annonce qu’elle entamera des poursuites contre le ministre québécois de l'Économie, Pierre Fitzgibbon.

Dans une déclaration rendue publique mercredi, Mme Lalande écrit : Jamais ne me suis-je placée dans une situation qui, de près ou de loin, pouvait s’apparenter à un conflit d’intérêts. M’en accuser constitue la pire ignominie dont je puisse être victime.

Elle affirme en outre que M. Fitzgibbon, à titre de ministre et d’ancien administrateur de la Caisse de dépôt et placement du Québec, aurait dû savoir que la demande de soutien financier soumise par la coopérative des employés de Groupe Capitales Médias (GCM) ne rencontrait pas le seuil de matérialité suffisant pour être soumise au conseil d’administration.

C’est donc avec une pleine connaissance des façons de faire de l’industrie et de celles de CRCD qu’il a fait des affirmations et des insinuations fausses et trompeuses.

Sylvie Lalande

Elle précise qu'au cours des prochains jours, elle intentera des procédures judiciaires nécessaires au rétablissement de [sa] réputation.

Il y a une semaine, le ministre Fitzgibbon avait évoqué un possible conflit d'intérêts en commentant le refus de Desjardins de participer au plan de sauvetage de GCM, l'entreprise qui publie les quotidiens régionaux La Tribune, Le Quotidien, Le Soleil, Le Droit, La Voix de l'Est et Le Nouvelliste. Mme Lalande est en effet vice-présidente du conseil de l'entreprise médiatique Québecor, qui souhaite elle aussi racheter les journaux de GCM.

Dans un point de presse, le 26 novembre dernier, M. Fitzgibbon n'avait pas remis en question la compétence de Sylvie Lalande, mais il avait refusé de se prononcer sur son indépendance. Lorsqu'un potentiel conflit d'intérêts avait été évoqué par les journalistes, il s'était contenté de dire : Peut-être.

Démission de Sylvie Lalande

Menaces voilées?

Deux jours plus tard, le premier ministre François Legault a souligné le fait que CRCD bénéficiait de crédits d'impôt pour assumer une partie du risque. Est-ce qu’ils investissent tout cet argent-là, et est-ce qu’ils prennent les risques qu’ils devraient prendre? C’est des programmes qu'il faut toujours réexaminer, avait conclu M. Legault.

C’est cette déclaration de M. Legault qui aurait poussé Mme Lalande à démissionner du C. A. de Capital régional et coopératif Desjardins. Devant la menace à peine voilée du premier ministre du Québec de retirer à CRCD certains avantages qui pourraient mettre en péril sa mission, j’ai offert cet après-midi [mercredi] ma démission à Guy Cormier à titre de présidente du conseil de CRCD, ajoute Mme Lalande dans sa déclaration.

Le ministre Fitzgibbon a réagi sur Twitter peu de temps après l'annonce de Mme Lalande.

Je veux préciser que ni le premier ministre ni moi n’avons suggéré de retirer les crédits d’impôt aux fonds fiscalisés. Au contraire, je suis présentement en discussion avec Luc Ménard [chef de l’exploitation de Desjardins Entreprises Capital régional et coopératif et gestionnaire du fonds Capital régional et coopératif Desjardins] sur les façons de développer la collaboration entre CRCD et le gouvernement pour appuyer le développement de nos régions.

Pierre Fitzgibbon

Le ministre a conclu sa série de tweets en déclarant : Désolé que l’impact de mes questions légitimes sur l’apparence de conflit d’intérêts de Mme Lalande ait pu lui porter offense. Ce n’était pas mon intention.

Mme Lalande était invitée à l'émission RDI économie quand elle a pris connaissance de la réaction du ministre Fitzgibbon. Ça passe et ça va toujours passer par des excuses de sorte que je puisse à partir de maintenant rétablir ma réputation, a répondu Sylvie Lalande.

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