•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La pétrolière Suncor investit dans un parc éolien

Paysage du sud de l'Alberta avec une éolienne en premier plan à côté d'un ascenseur à grain et les montagnes Rocheuses en arrière-plan

Une éolienne dans la région de Pincher Creek dans le sud de l'Alberta

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Stéphanie Rousseau

Suncor Énergie, une des plus grosses compagnies pétrolières du monde, construira un important parc éolien en Alberta.

L’annonce de cette centrale de 300 millions de dollars a été faite cette semaine par le géant des sables bitumineux basé à Calgary.

Une fois complété, le parc Forty Mile Wind devrait générer 400 mégawatts. Il comptera 89 turbines.

La centrale a reçu l'approbation réglementaire de la province au printemps et sera construite en deux phases. Des ouvriers travaillent depuis l’été sur la phase 1 et le projet devrait être terminé d’ici 2022.

Suncor affirme que ce projet est un élément clé de sa stratégie de développement durable dans la mesure où il vise à réduire l'intensité de ses gaz à effet de serre de 30 % d'ici 2030.

Les entreprises qui ont des budgets à investir cherchent à le faire de manière responsable et cela veut dire de trouver des manières de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Pour les pétrolières, c’est de réduire l’impact par baril produit par exemple, mais aussi chercher d’autres façons de réduire leurs émissions, dit Joseph Doucet, doyen de la Faculté d'administration de l'Université de l'Alberta.

Une photo de Joseph Doucet dans son bureau.

Joseph Doucet, doyen de la Faculté d’administration à l’Université de l’Alberta

Photo : Radio-Canada

Il fait également valoir que les entreprises pétrolières sont confrontées au manque de débouchés pour le bitume albertain.

Ça fait en sorte qu’il est moins facile aujourd’hui de justifier une production [pétrolière] accrue, explique Joseph Doucet.

Le fait que les prix pétroliers sont stables, il n’y a pas de prévision de hausse majeure dans les prochaines années et il y a [aussi] toujours ces contraintes au niveau des pipelines. Tout cela fait en sorte qu’il est moins intéressant d’investir dans la production pétrolière et la marge de manoeuvre à investir dans l’éolien est plus grande, ajoute-t-il.

Selon Benjamin Israel, analyste principal à l’Institut Pembina, il s'agit aussi d'une décision économique.

C'est logique de nos jours de développer des énergies renouvelables. Pour la production d’électricité, les énergies renouvelables sont moins chères que le gaz naturel, ça fait juste purement sens au point de vue économique.

Benjamin Israel, analyste principal à l'Institut Pembina

Le projet Forty Mile générera 400 mégawatts, ce qui est petit comparé à l’ensemble de la production énergétique albertaine.

La capacité totale en Alberta se situe entre 16 000 et 17 000 mégawatts, donc c’est un projet important certes, mais dans l’ensemble de la production albertaine, ce n’est pas de très grande envergure, précise Joseph Doucet.

Par contre, comme la production d’énergie éolienne est d’environ 1800 mégawatts, ces 400 mégawatts supplémentaires sont importants, estime l’expert.

C’est presque le quart de ce total-là, donc c’est certainement une capacité additionnelle, dit-il.

Un parc d'éoliens

Suncor va obtenir des crédits pour compenser ses émissions de gaz à effet de serre.

Photo : Reuters / Toby Melville

Suncor est la dernière d’une série d’entreprises qui ont fait des investissements dans les énergies renouvelables ces dernières années. Enbridge, Exxon Mobil, Shell ont toute faite des investissements similaires.

Dans ces dernières années, c’était quand même marginal, dit Benjamin Israel, mais il note que la cadence s’accélère.

Lorsqu’une compagnie développe des énergies renouvelables, ça lui permet d’obtenir des crédits qui compensent leurs émissions qui viennent d’autres branches de leurs activités, indique Benjamin Israel.

Suncor ajoute qu’elle utilisera également 300 millions de dollars dans un projet visant à remplacer les chaudières à coke [un résidu pétrolier ressemblant au charbon] d’une usine dans les sables bitumineux par deux unités de cogénération alimentées au gaz naturel, ce qui devrait aussi permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’entreprise.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Alberta

Énergies renouvelables