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Le Canada classé 4e au monde en intelligence artificielle

Une image montrant une silhouette de profil accompagnée de la représentation d'un cerveau et d'équations mathématiques complexes.

L’équipe de spécialistes derrière la liste Global AI Index s’est penchée sur l’innovation, l’investissement et la mise en application de l’intelligence artificielle dans 54 pays et a analysé plus de 100 indicateurs.

Photo : iStock

Le Canada est l'un des pays les plus avancés dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), se classant quatrième dans la liste mondiale Global AI Index dévoilée lundi par le média britannique Tortoise.

On a une communauté très active, on a des centres de recherche à la fine pointe de ce qui se fait aujourd’hui, et beaucoup d’efforts ont été faits à l’échelle du pays pour aider les entreprises en démarrage, résume la professeure au Département d’informatique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Marie-Jean Meurs, qui se dit peu surprise de voir le Canada si haut dans le classement.

L’équipe de spécialistes derrière ce travail s’est penchée sur l’innovation, l’investissement et la mise en application de l’IA dans 54 pays et a analysé plus de 100 indicateurs afin de monter sa liste.

Le Canada se démarque entre autres par la qualité des gens qui œuvrent dans le domaine, se classant au quatrième rang dans la catégorie « Talent ».

On a des gens très en vue comme nos deux gagnants du prix Turing [le "Nobel" de l'informatique] cette année, mais aussi des équipes qui travaillent un peu plus dans l’ombre, dans les milieux industriels et universitaires. En ayant des chefs de file comme ça, on attire des étudiants très brillants et des entreprises qui veulent investir dans le domaine, explique Marie-Jean Meurs.

Plusieurs spécialistes canadiens sont considérés comme des figures de proue de l’IA, dont le Québécois Yoshua Bengio, pionnier de l’apprentissage profond, et l’Albertain Richard S. Sutton, le chercheur le plus cité au monde dans le domaine de l’apprentissage par renforcement.

Yoshua Bengio, directeur de l’Institut des algorithmes d’apprentissage (MILA), Université de MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Yoshua Bengio a reçu en juin le prix Turing de l'Association for Computing Machinery (ACM), considéré comme étant le prix Nobel de l'informatique.

Photo : Radio-Canada

Investir au bon moment

Le Canada s’est également classé quatrième au chapitre de la stratégie gouvernementale en IA. Le pays était d’ailleurs le premier à élaborer une stratégie nationale en intelligence artificielle en 2017. Ce fut un geste déterminant dans le domaine, selon le chef des communications de Mila, l'institut québécois de l'intelligence artificielle fondé par Yoshua Bengio, Vincent Martineau.

La stratégie a d’abord attiré des professeurs d’un peu partout, ce qui a ensuite attiré les étudiants et rapidement créé une masse critique de chercheurs au Canada. Il y avait un moment pour investir et le Canada a été rapide à le faire, témoigne-t-il. 

D’après Vincent Martineau, cet investissement a stimulé l’éclosion d’entreprises en démarrage, ce qui a ensuite eu pour effet de créer des occasions de stages et d’emplois pour les nouveaux visages du domaine. 

La compétition pour attirer le talent est mondiale : le MIT [Massachusetts Institute of Technology], l’Université [de Californie à] Berkeley, les grandes universités de l’Angleterre, de l’Inde, de la Chine... Ce qui a fait toute la différence pour nous était le timing de l’investissement. C’est vraiment venu au bon moment.

Vincent Martineau, chef des communications de Mila

Le Canada figure d’ailleurs parmi les 10 meilleurs pays dans 6 des 7 catégories de la liste : seule sa 23e position en infrastructure fait figure d’exception.

Pour faire de l’intelligence artificielle, ça prend une infrastructure de calcul très importante, et on n’est pas encore au niveau de plusieurs autres pays qui sont des leaders dans le domaine, explique Vincent Martineau. Mais on est en train de se rattraper.

Un secteur d’avenir

Les différentes branches de l’IA, dont l’apprentissage profond, ont fait des bonds de géant dans la dernière décennie, et le progrès ne devrait pas s’arrêter de sitôt.

En effet, l’IA est vouée à transformer plusieurs domaines dans les prochaines années, dont la médecine, l’armée, le service, la robotique et le jeu vidéo.

Une étude publiée en 2016 par la firme Accenture estime que l’IA pourrait contribuer à faire doubler le taux annuel de croissance économique d’ici 2035 et à faire augmenter la productivité de 40 %.

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