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Des déneigeurs prennent près d'une heure de pause en laissant les moteurs en marche

Deux camions de déneigement stationnés au centre-ville de Rouyn-Noranda.

Les camions de déneigement sont restés en marche tout au long de la pause déjeuner des employés.

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

Jean-Marc Belzile

Des véhicules servant au déneigement à Rouyn-Noranda sont parfois en marche pendant près d'une heure alors que personne ne se trouve à bord. Une situation qui est tolérée dans les municipalités de la région, mais qui ne l'est pourtant pas ailleurs dans la province.

Le 26 novembre dernier, au centre-ville de Rouyn-Noranda, cinq véhicules de l'entreprise Richard Mercier servant au déneigement étaient en marche depuis plus de 50 minutes et personne n'était à bord.

Un geste qui peut sembler anodin, mais qui a des conséquences, selon le directeur général du Groupe ÉCOcitoyen de Rouyn-Noranda, Maurice Duclos.

On sait que laisser rouler un moteur 10 minutes par jour, ça donne environ un quart de tonne de gaz à effet de serre. Laisser tourner ton auto 10 minutes par jour, c'est comme si tu roulais 1200 kilomètres absolument pour rien dans une année, image-t-il.

Un tracteur de type Bobcat avec une pelle à l'avant stationné au centre-ville de Rouyn-Noranda.

Petits et gros véhicules de déneigement sont laissés en marche pendant que les déneigeurs prennent leur pause repas.

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

Le propriétaire de l'entreprise, Richard Mercier, affirme que c'est pour éviter qu'un bris ne puisse survenir lorsque le véhicule va redémarrer lors des grands froids.

La température extérieure était toutefois de 0 degré Celcius ce jour-là. Richard Mercier croit qu'à cette température, ils auraient dû arrêter leur véhicule, mais que certains employés ont développé cette mauvaise habitude.

Il faut dire que cette entreprise n'est pas la seule à utiliser cette pratique, qui est assez fréquente dans ce secteur d'activité. Le directeur général du Groupe ÉCOcitoyen croit qu'il ne faut pas tolérer cette pratique.

On nous dit souvent "je n'ai pas le choix, ça fonctionne au diesel". C'est n'importe quoi ça, surtout s'il a été bien réchauffé, si ça fait trois heures qu'il travaille ton camion et que là tu vas aller prendre une pause, bien arrête-le ton camion. Il n'y a aucune bonne raison de le laisser rouler, dit-il.

Maurice Duclos croit que les véhicules en marche sans conducteur à bord représentent même un problème de santé publique

Il y a 4 personnes sur 10 000 qui meurent prématurément à cause de la pollution atmosphérique au Canada. À Rouyn-Noranda, ça veut dire que si on extrapole, il y aurait 16 personnes qui meurent chaque année prématurément à cause de la pollution atmosphérique.

Maurice Duclos, directeur du GÉCO

Maurice Duclos affirme d'ailleurs que le mythe voulant qu'un véhicule dépense plus d'essence ou de diesel lorsqu'on le démarre est complètement faux.

Scientifiquement parlant, c'est 10 secondes, si tu es pour être arrêté plus que 10 secondes, ça va prendre moins d'essence de repartir ton auto que de la laisser tourner 10 secondes. Tu n'as même pas le temps de déboucler ta ceinture et sortir que le 10 secondes est passé. Quand tu vas au dépanneur en disant que ça va prendre deux minutes, c'est déjà trop.

Un règlement pour interdire la mise en marche d'un véhicule arrêtée?

En Abitibi-Témiscamingue, les cinq plus grandes municipalités de la région tolèrent la situation, mais ce n'est pas le cas partout. Près de la moitié des villes au Canada ont un règlement interdisant cette pratique.

À Montréal, le règlement existe depuis près de 15 ans. Pour tous les véhicules à essence immobilisés, il est interdit de laisser le moteur en marche pour plus de 3 minutes par période de 60 minutes. Cette période est de cinq minutes pour les véhicules lourds ayant un moteur au diesel.

Les véhicules de déneigement y sont d'ailleurs aussi soumis. Si c'est juste un chauffeur qui est en train d'attendre, à ce moment, lui aussi est assujetti au règlement, même si c'est un camion de la Ville. Il n'y a pas d'exception pour un camion de déneigement, sauf s'il est en train de faire son travail, affirme le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa.

Alan DeSousa, maire de l'arrondissement de Saint-Laurent, en entrevue dans son bureau

Alan DeSousa, maire de l'arrondissement de Saint-Laurent

Photo : Radio-Canada

Selon Alan DeSousa, ce règlement, même s'il apparaît mineur, a fait une différence. Aussi petit que ça peut être, chaque geste compte et puis je pense que quand on réalise que les enfants parlent avec leurs parents, ne pas utiliser la voiture au ralenti, que les employés de la Ville s'approprient ça, il y a toujours un effet d'entraînement dans la communauté et en conséquence il y a des effets, dit-il.

Maurice Duclos croit que les villes de la région devraient adopter le même règlement. C'est démontré aussi, chaque fois que la taxe sur le carbone augmente, les industries qui doivent payer cette taxe trouvent des moyens de réduire leurs émissions, bien c'est la même chose pour les véhicules. Si on avait une contravention de 200 $ parce que tu as laissé tourner ton moteur, bien tu ne le laisserais probablement pas rouler six ou sept fois par hiver. C'est dommage, mais on est rendu là.

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Abitibi–Témiscamingue

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