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Jean-Philippe Wauthier, entre deux courses

Jean-Philippe Wauthier a fait le grand écart entre le Saguenay et Montréal, puis entre l'information et le divertissement. Nous avons profité de la publication du 50e épisode de son balado Grand écart pour le rencontrer.

Jean-Philippe Wauthier tient une tasse de café.

Jean-Philippe Wauthier lance le 50e épisode de son balado Grand écart.

Photo : Radio-Canada / Roger Lemay

Roger Lemay

Jean-Philippe Wauthier court. Entre deux studios, sur un tapis roulant, aux marathons de New York et de Chicago. Nous l’attrapons entre deux enregistrements d’un balado. 

L’idée du podcast, c’est parti de mon désir de me remettre en forme. J’avais laissé ça de côté.

Le balado Grand écart est depuis devenu l’un des plus téléchargés de Radio-Canada. Au moment de l’entrevue, Jean-Philippe terminait l’enregistrement de la cinquantième capsule. La mise en forme, ça marche!

Ç'a fonctionné aussi pour Jean-Philippe, qui a perdu du poids, amélioré son cardio. L’entraînement, c’est essentiel pour moi, dit celui qui y consacre au moins 10 heures par semaine.

À l’entrée de la tour montréalaise de la SRC, Jean-Philippe Wauthier m’accueille avec le sourire et accepte de se déplacer dans un café. Évitons d’être dérangés aux 30 secondes!

Il en a fait du chemin le Saguenéen, qui ne se destinait, mais alors pas du tout, au métier de communicateur.

J’ai fait un an en administration des affaires à l’Université du Québec à Chicoutimi. J’ai haï ça. Je me suis inscrit au Liberal Arts College à Concordia, qui offre des cours de philo, de politique, de littérature. J’ai pas mal gambadé aussi, travaillé un an à l’UNESCO. La vérité, tu sais, c’est qu’à l’époque, je ne savais vraiment pas quoi faire.

Deux projets développés avec son ami d’enfance Olivier Niquet lui feront trouver sa voie à vitesse grand V.

Le Sportnographe et Cent Papiers, c’était deux petits blogues avec lesquels on s’amusait entre chums dans un sous-sol. Puis un jour, par un drôle de hasard, le magazine français Libération a fait mention de Cent Papiers, notre site de journalisme citoyen. Louis Lemieux nous a invités à en parler sur RDI. Tout a déboulé très vite après ça.

Pour Jean-Philippe Wauthier, c’est vraiment là que la course commence.

Radio-Canada offre de transposer le Sportnographe sur son site web. Ç’a tellement plu à un des patrons, Jean-François Rioux, qu’il nous a demandé un pilote pour la radio. En janvier 2009, un vendredi soir, nous étions en ondes.

En plein hiver, la première diffusion du Sportnographe fait boule-de-neige. La satire sportive, saupoudrée des savoureux extraits présentés par Olivier fait bondir les cotes d’écoute. Il s’est passé quelque chose. On a augmenté l’auditoire. Des gens réagissaient. Pas seulement des amateurs, mais aussi des professionnels de sports. Trois ans de pur bonheur, après quoi, nous avions fait le tour. Il fallait passer à autre chose. On a réfléchi à un autre concept.

Le duo s’adjoint Fred Savard. Ensemble, ils pondent La soirée est (encore) jeune.

L’idée était de continuer à s’amuser entre chums.

Marie-Denise Pelletier, Olivier Niquet, Jean-Sébastien Girard, Jean-Philippe Wauthier, MC Gilles et Jay Du Temple.

L'émission La soirée est (encore) jeune est enregistrée devant public.

Photo : Marc-André Roy

La Soirée débute en studio, devant public, et elle est depuis cinq ans enregistrée à l’extérieur. Ça allait bien, mais on s’est dit qu’il nous manquait une chroniqueuse. Nous cherchions une fille, nous avons trouvé Jean-Sébastien Girard ! (Rires).

Girard devient l’antithèse de Jean-Philippe, Olivier et Fred. La dernière pièce du puzzle. C’était le gars qu’il fallait. Il n’avait jamais écouté le Sportnographe, avait des goûts opposés aux nôtres. On trouvait qu’il avait du potentiel.

La Soirée est une autre course. Un double marathon. L’équipe enregistre les deux émissions du weekend les jeudis entre 17 h et 21 h. Un feu roulant de chroniques d’humour, d’invités spéciaux, de prestations déjantées.

L’effort paie. La Soirée devient l’une des émissions de radio les plus écoutées au Québec. Pour Jean-Philippe, ce n’est pas une course ordinaire, c’est un sprint.

À la fin de l’enregistrement, je suis complètement vidé. Mais imagine, on a créé quelque chose à partir de rien. On peut tout faire, tout dire. On ne nous impose aucune contrainte. On va partout.

D’autres chemins s’offrent à Jean-Philippe Wauthier, qui y poursuit sa course. Il enfile les contrats, accepte la coanimation de Deux hommes en or aux côtés de Patrick Lagacé et l'animation des Dieux de la danse, présente MTL, une série sur les grands moments de Montréal, qui comble sa passion pour l’histoire.

Ils sont placés en demi-cercle, assis sur des chaises d'extérieur.

Ingrid St-Pierre, Jean-Philippe Wauthier, Louis Wauthier, Kim Thúy et Pascal Morrissette sur le plateau de Bonsoir bonsoir!

Photo :  La production est encore jeune inc. / Karine Dufour

Arrivent ensuite les talk-shows télé, dont, au printemps dernier, Bonsoir bonsoir!. Après une course sans faille, Jean-Philippe Wauthier trébuche. Bonsoir bonsoir! débute avec des cotes d'écoute en deçà des attentes.

En avril et, mai, l’émission était mal reçue, l’auditoire était en baisse. Je me disais c’est plate, mais les gens ne m’aiment pas. Je reste niché. À la radio ça marche, mais je ne suis peut-être pas grand public. C’est comme ça. J’encaissais l’échec.

Mais ce n’est pas encore la fin de la course. Le nombre de téléspectateurs passe de 300 000 à 500 000.

D’une semaine à l’autre, on sentait que le public accrochait. Il fallait vendre l’émission et qui j’étais. J’étais reconnu pour mon côté baveux, je crois qu’on a découvert mon côté humain. Dans mes projets, je veux miser sur ce côté-là.

– Tu aimerais par exemple animer Tout le monde en parle?
– Le grand plateau, devant public, plus sérieux, c’est sûr que ça me plairait. Mais TLMEP est portée par Guy, elle sied à Guy, à personne d’autre.

La course de Jean-Philippe, c’est aussi et surtout pour que ses deux enfants, Clarence, 5 ans, et Bénédicte, 3 ans et demi, dont il a la garde partagée, ne manquent de rien.

– Ta relation avec l’argent a-t-elle changé depuis que tu en fais beaucoup?
J’aime dépenser, mais j’en mets de côté. Je ne te cache pas que je suis angoissé et stressé avec l’argent. Je ne veux pas en manquer, surtout pour mes enfants. J’aimerais ça qu’on m’assure des années d’emplois, ça me rassurerait.
– As-tu peur que tout s’arrête ? Ben oui.

Mon interlocuteur s’arrête, lève les yeux au plafond, réfléchit quelques secondes. Une petite pause dans la course. Puis se rassure lui-même. Mais quand on est gentil, sérieux, travaillant, qu’on fait bien les choses, et qu’on a du talent, les choses vont bien.

Célibataire, propriétaire d’un condo sur le Plateau, Jean-Philippe, qui se qualifie comme urbain, passe aussi une bonne partie de son temps chez sa mère, qui demeure dans un duplex à trois coins de rue.

Le haut est habité par sa sœur et son beau-frère, le chef Danny Saint-Pierre.

– Quel est ton plat préféré de Danny?
– Il réussit tout, mais son boudin est à se jeter à terre.

Jean-Philippe se permet quand même parfois de relâcher la cadence, en s’offrant de petites escapades. Au moment de notre entretien, il revenait de fêter ses 40 ans à Miami, le temps d’un weekend.

Mais oubliez les gros partys à South Beach. À 23 h j’étais couché. Vraiment je ne suis pas un party animal.

– Tu te dévoiles peu sur ta vie privée, pourtant, comme intervieweur, tu dois parfois poser des questions personnelles...
– Je ne fais pas dans les questions intrusives : ça va plutôt être, comment te sens-tu par rapport à ça, etc. Mais jamais qui est ton chum. J’irai jamais là, ce n’est pas de mes affaires. Si un artiste se dévoile, ça devient sa décision. Mais moi, si 7 jours ou La semaine me demandent des photos d’enfants, c’est non. C’est peut-être parce que je ne me considère pas comme une vedette.
– Vraiment?
– C’est sûr que dans la rue, les gens me reconnaissent. Mais je ne suis pas Véro, je ne suis pas Guy A., je ne suis pas Julie. On ne se bat pas pour m’avoir sur une émission.
– Tu n’es pas un “A”?

Jean-Philippe fait la moue et sourit. Un bon B +...

L’entrevue se termine. Jean-Philippe salue quelques amis à la sortie du café. Il fait doux dehors. Il reboutonne son blouson... et part à la course.

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