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Comment aborder un proche qui partage une fausse nouvelle?

Tout le monde peut tomber dans le piège, mais soulever le problème demande parfois du doigté pour ne pas briser une amitié.

Radio-Canada

Un de vos proches relaie une fausse nouvelle sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas la première fois? Il est peut-être temps de lui en parler. Mais comment le faire sans le brusquer et sans risquer de l’insulter?

Personne n’est à l’abri des fausses nouvelles.

Si vous-même êtes déjà tombé dans le piège, vous n’êtes pas le seul. Selon un récent sondage Ipsos, 90 % des Canadiens avouent s’être déjà fait prendre.

Il peut être délicat d’aborder un proche qui partage du contenu trompeur ou carrément faux. Mais le faire, même si cela nécessite de la délicatesse, est essentiel. La circulation d’informations mensongères, qui continuent d’être partagées, ne sert personne.

Voici comment vous pouvez contribuer à rectifier les faits.

1. Soyez prévoyant

Évaluez votre approche. Un contenu partagé sur les réseaux sociaux, qu’il soit vrai ou faux, est souvent le reflet de ce qu'une personne croit.

Il s’agit moins d’une intention d’informer son réseau que de lui présenter sa vision du monde, son opinion. Il peut alors être difficile de la faire changer d’avis.

L’interpeller brusquement en lui disant que ce qu'elle a publié est faux provoque souvent l’effet inverse. La personne risque de se braquer et de camper sur ses positions plutôt que de remettre le tout en question.

Vous pouvez l’aider à réaliser par elle-même que ce qu’elle a partagé est erroné.

2. Soyez discret

Évitez de l’en informer publiquement, sur son profil par exemple.

Vaut mieux privilégier un message privé sur Facebook, un courriel ou un appel pour inciter à la discussion. Encore mieux, invitez-la à en parler en personne.

3. Soyez diplomate

Il faut faire attention au ton. Tout le monde peut partager des fausses nouvelles par erreur. Évitez de vous moquer, de confronter ou de contredire.

Votre but est simplement de lui faire réaliser qu’une nouvelle est fausse, en lui donnant les outils nécessaires pour comprendre.

Votre ami pourra ensuite retirer sa publication et expliquer à son réseau qu’elle était basée sur de fausses informations.


Les nuances de la désinfo

Toutes les fausses nouvelles ne s’équivalent pas. Voici comment s’y retrouver :

Désinformation : une publication fausse qui vise à induire intentionnellement en erreur. Il peut s’agir d’une histoire inventée, d’un montage photo d’une situation jamais arrivée, ou encore d’une citation jamais prononcée attribuée à une personnalité publique.

Malinformation : une histoire vraie, mais détournée de son contexte réel. Par exemple, une phrase ou une photo véridique, utilisée pour lui faire dire autre chose.

Mésinformation : une histoire vraie, mais qui n’est pas d’actualité ici et maintenant. On évoque une vraie situation, mais qui s’est produite dans un autre pays ou à un autre moment.


Au service d’une bonne cause

À gauche, un iceberg en 2008. À droite, en 2018, il a presque disparu.

Même si ce montage témoigne de la fonte réelle des glaces causée par le réchauffement climatique, il s'agit d'une fausse représentation.

Photo : Radio-Canada

Même les fausses nouvelles partagées au service d’une bonne cause, comme la conscientisation au réchauffement climatique, peuvent faire du tort.

On a parfois tendance à partager plus rapidement, sans vérifier, une information qui valide un fait déjà connu, et pour lequel il y a un consensus scientifique, par exemple. C’est ce qu’on appelle un biais cognitif de vérité illusoire.

Les gens qui partagent ce type de contenus les savent habituellement faux, mais les estiment du même coup en accord avec un message plus global. Ils peuvent donc mal prendre qu’on les reprenne sur une information fausse, qui valide malgré tout une cause.

Tout le monde a droit à son opinion, mais celle-ci doit être basée sur des faits vérifiables et collés à la réalité. En laissant circuler ce genre de publication, vous exposez d’autres gens à de fausses nouvelles.

Quand ça se complique...

Certaines fausses nouvelles sont plus coriaces que d’autres, notamment les fausses nouvelles zombies qui reviennent constamment dans l’actualité, même si elles ont déjà été démenties à plus d’une reprise.

Il y a aussi les théories du complot, fortement ancrées dans certains esprits. Ceux qui y croient dur comme fer sont parfois difficiles à approcher. Les théories du complot ciblent habituellement des gens isolés, qui se rassemblent sur les réseaux sociaux pour en discuter.

Vous risquez donc de vous en prendre à une part de leur identité. Même en présentant des articles réfutant ladite théorie, ces personnes risquent d’inclure les médias dans ledit complot.

D’autres théories du complot sont qualifiées de satiriques. Les gens qui font vivre ces théories, même si elles semblent farfelues, y croient aussi sincèrement que les théories dites traditionnelles.

Faute d’arriver à les convaincre qu’une théorie est fausse, l’important est de maintenir le dialogue et, surtout, de poser des questions. Pourquoi y crois-tu? Que lis-tu sur le sujet?

Confronter est contre-productif. L’idée n’est pas de faire la morale, mais plutôt de donner à ces personnes les ressources pour qu’elles se rendent compte par elles-mêmes que ça ne tient pas la route.

Avec les informations de Jeff Yates et Bouchra Ouatik

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