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Une nouvelle rétine artificielle plus performante

La rétine artificielle développée de Pixium.

La rétine artificielle développée de Pixium.

Photo : Sorbonne Université/Serge Picaud

Radio-Canada

Un implant sous-rétinien permet d’induire une perception visuelle de haute résolution chez des primates, montre une étude menée en France dont les résultats ouvrent la voie à des essais cliniques chez les humains.

De nombreuses équipes travaillent depuis les dernières décennies à mettre au point une rétine artificielle permettant de lutter contre la cécité. L’objectif est de créer des implants qui permettent de restaurer la vision de personnes qui souffrent de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) ou de rétinopathie pigmentaire.

Repères

  • Deux dispositifs de ce type, l’Argus II et le Retina, ont déjà largement été implantés sur des humains. Leurs deux fabricants se désengagent petit à petit du marché, notamment parce que les résultat ne sont pas suffisants pour cibler les patients atteints de DMLA.
  • Les patients qui reçoivent l'implant parviennent à voir des signaux lumineux, mais ceux qui arrivent à distinguer des lettres sont très minoritaires.
  • La DMLA se caractérise par une dégradation de la rétine pouvant mener à une perte de la vision centrale.
  • Jusqu’à 30 % des personnes âgées de plus de 75 ans seraient touchées par la DMLA.

Dans leurs travaux, le chercheur Serge Picaud et ses collègues de l’Institut de la vision de la Sorbonne Université ont montré, dans des modèles animaux, que le dispositif PRIMA fabriqué par la société Pixium Vision permet d’induire une perception visuelle de haute résolution.

La rétine est composée de cellules sensibles à la lumière appelées photorécepteurs, dont le but est de transformer les signaux lumineux reçus par l’œil en signaux électriques acheminés vers le cerveau.

Ce sont ces cellules qui sont détruites au cours de la DMLA et de la rétinopathie pigmentaire, une réalité qui peut mener à la cécité.

Le principe d’une rétine artificielle est simple : remplacer les photorécepteurs.

Le dispositif PRIMA est constitué d’implants fixés sous la rétine et composés d’électrodes qui viennent stimuler les neurones rétiniens pour porter des messages au cerveau.

Des tests sur des humains

La rétine artificielle PRIMA a été inventée par une équipe américaine de l’Université de Stanford, et semble être beaucoup plus performante que ses prédécesseurs, l’Argus II et le Retina.

Cet implant fonctionne sans fil et il est moins complexe que les dispositifs précédents. Il permet une stimulation plus directe des neurones rétiniens.

Le dispositif a permis de restaurer une acuité visuelle significative chez des primates non humains, démontrent les présents travaux.

Des tests in vitro ont d’abord montré que chaque pixel de l'implant active des cellules différentes dans la rétine. Cette sélectivité se traduit par une très haute résolution, de sorte que des animaux peuvent percevoir l’activation d’un seul pixel de l’implant dans un test de comportement.

Cette haute résolution a permis d’ouvrir la voie à l’implantation du dispositif chez cinq patients français atteints de DMLA. Les premiers résultats indiquent que ceux-ci retrouvent peu à peu une vision centrale. Ils sont en mesure de percevoir des signaux lumineux, et certains peuvent même identifier des séquences de lettres, de plus en plus rapidement au fil du temps.

L’équipe de recherche veut maintenant réaliser un essai de phase 3 chez un groupe plus important de personnes atteintes de DMLA.

Si la rétine artificielle fonctionne chez eux, nous pensons qu’il n’y a pas de raison pour qu’elle ne fonctionne pas chez des patients souffrant de rétinopathie pigmentaire, maladie également liée à la dégénérescence des photorécepteurs.

Serge Picaud

Leurs résultats sont publiés dans Nature Biomedical Engineering (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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