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La passion pour la petite enfance de Thérèse Musafiri

Thérèse Musafiri pose debout dans un corridor et sourit au photographe.

L'histoire de Thérèse Musafiri avec la petite enfance commence après la naissance de sa fille aînée.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Nous consacrons notre dernière chronique Tranche de vie de l'année à la directrice générale de la garderie Des Bambins, Thérèse Musafiri. Sous sa direction, ce centre de la petite enfance, situé à Saint-Boniface, a traversé des moments difficiles sur le plan financier. Mais jamais Thérèse Musafiri n'a perdu espoir ou n'a eu l'idée de jeter l'éponge. Portrait d'une femme discrète à la volonté de fer.

La rencontre de Thérèse Musafiri avec la petite enfance survient après la naissance de sa première fille.

Une femme assise avec un livre.

Thérèse Musafiri et son conjoint sont arrivés au Manitoba en 2006, après quelques mois passés dans la ville de Québec.

Photo : Radio-Canada

Quand elle a eu 8 mois, je voulais reprendre les études, mais je ne trouvais pas de garderie. Nous avons cherché partout. Toutefois, il n’y avait aucun espoir, notamment pour une garderie en français, se souvient-elle.

Elle décide alors d'abandonner son rêve de devenir infirmière ou travailleuse sociale au profit de la petite enfance car, selon elle, elle a quelque chose à apporter dans ce domaine.

J'étais aussi motivée par l'envie de voir le développement des enfants et de connaître davantage comment interagir avec notre fille, explique-t-elle.

Après des études et un diplôme en petite enfance de l'Université de Saint-Boniface, Thérèse Musafiri fait ses premiers pas à la garderie Les Enfants précieux de l'École Précieux-Sang, à Saint-Boniface.

Une femme seule face à un écran d'ordinateur.

Thérèse Musafiri voulait être infirmière ou travailleuse sociale.

Photo : Radio-Canada

Bio express

Mère de trois enfants, Thérèse Musafiri est originaire de la République démocratique du Congo.

Elle est née d'un père italien et d'une mère congolaise. En 2005, elle décide d'immigrer au Canada. Elle s'installe dans la ville de Québec, où elle fait la connaissance de son conjoint.

Après quelques mois dans la capitale québécoise, le couple décide de partir à la découverte d'autres villes canadiennes. Le voyage le conduit à Montréal, à Toronto età Winnipeg où il tombe sous le charme de la capitale manitobaine.

Le périple qui devait les mener jusqu'à Vancouver a donc pris fin à Winnipeg, en 2006.

Son combat pour la garderie Des Bambins

En juillet 2011, elle prend les rênes de la garderie Des Bambins. Mais gérer ce centre de la petite enfance francophone s'avère une tâche ardue, en raison notamment des défis financiers auxquels fait face cette garderie.

À l'époque, le loyer augmentait sans cesse, mais la direction du centre ne pouvait hausser les droits d'inscription parce qu'elle était obligée d'appliquer les tarifs subventionnés par la province.

Il n'y avait pas la possibilité d'ajouter d'autres enfants, il n'y avait donc aucune autre source de revenus, explique-t-elle.

En juin 2016, la garderie emménage au sous-sol d'une église de l'avenue Taché, dans le quartier de Saint-Boniface.

Une salle avec des objets appartenant à des enfants.

La garderie Des Bambins accueille 40 enfants dont 36 d'âge préscolaire.

Photo : Radio-Canada

C'est une petite bouffée d'oxygène, puisque grâce à ce local plus spacieux, la garderie peut maintenant accueillir plus d'enfants, soit 40 au total.

Cependant, cette bonne nouvelle en cache une moins bonne. Les nouvelles places ne sont pas subventionnées par la province. Sur le plan financier, le déficit se creuse. La garderie a bientôt un manque à gagner qui dépasse 100 000 $.

Le spectre d'une possible fermeture plane dorénavant sur le centre. Au bord du gouffre, Thérèse Musafiri et son conseil d'administration multiplient les initiatives pour renflouer les caisses.

Campagnes de financement et pétition

Les parents sont mis à contribution. Ils participent entre autres à des campagnes de financement.

Mais Thérèse Musafiri ne s'arrête pas là. Avec une poignée de parents et des enfants de la garderie, elle se rend au bureau du député provincial de Saint-Boniface de l'époque, Greg Selinger, pour lui remettre une pétition.

Une femme debout avec deux hommes et des enfants.

Thérèse Musafiri et une délégation de parents avec Greg Selinger, à l'époque député provincial de Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada

Le but : lui demander son aide pour accélérer le processus d'obtention des subventions.

On était arrivé au point où on n'avait pas le choix. C'était, soit on utilisait des méthodes qui peuvent paraître extrêmes, soit on fermait la garderie. Et on ne pouvait pas le faire surtout pour les parents. Où allaient-ils trouver des places? D'autant plus que tous les autres centres étaient pleins, raconte Thérèse Musafiri.

La situation était d'autant plus préoccupante que la garderie comptait de nombreux enfants de nouveaux arrivants.

Étant moi-même immigrante, je me disais qu'ils n'ont pas de frères, de soeurs ou de grands-parents ici. Si on fermait la garderie, certains abandonneraient peut-être leur travail pour rester avec leurs enfants. Il fallait aussi se battre pour eux.

Thérèse Musafiri, directrice de la garderie Des Bambins

Thérèse Musafiri raconte que la visite à Greg Selinger a donné des résultats positifs quelques mois plus tard.

Ne jamais baisser les bras

Même dans les moments difficiles, Thérèse Musafiri a gardé le sourire, accueillant tous les matins les parents avec la même énergie.

Je ne voulais pas montrer à tout le monde la déception et le fait qu'on était au tapis même si après je partageais mes inquiétudes avec les membres du conseil d'administration, se remémore-t-elle.

Certains parents me demandaient même comment je faisais pour venir au travail tous les jours.

Thérèse Musafiri, directrice de la garderie Des Bambins

Cependant, les fins de mois qui se suivent et se ressemblent étaient un douloureux rappel de la réalité que vivait la garderie.

Les seuls moments où je pensais aux difficultés, c'était le jour de la paie parce qu'on était dans le rouge. Je téléphonais alors à la province pour dire que, dans deux semaines, je n'aurais pas de quoi payer mon personnel. C'était bien, car elle nous allouait un fonds d'urgence, indique-t-elle.

Thérèse Musafiri sourit à pleines dents. Derrière elle, des caisses de livres multicolores pour enfants.

Le sourire de Thérèse Musafiri après la subvention accordée par la province à toutes les places de la garderie Des Bambins.

Photo : Radio-Canada

Cette aide ponctuelle de 15 000 $ permettait de garder espoir, encore et encore.

En plus de ce bol d'air, Thérèse Musafiri est réconfortée par l'attitude de son personnel qui lui est resté fidèle et dévoué en dépit de toutes les difficultés.

Certains employés ont accepté de ne pas être bien payés, alors que beaucoup de garderies recherchaient du personnel qualifié, mais presque tous sont restés pour nous accompagner.

Thérèse Musafiri, directrice de la garderie Des Bambins

Thérèse Musafiri est aussi reconnaissante à la communauté francophone qui l'a accueillie, soutenue et lui a fait confiance.

On reçoit chaque jour des mots de remerciements de leur part. Cela nous fait chaud au coeur et nous pousse à continuer ce qu'on fait, témoigne-t-elle.

Une femme debout avec un foulard au cou.

Après des études et un diplôme en petite enfance, Thérèse Musafiri fait ses premiers pas à la garderie Les Enfants précieux de l'École Précieux-Sang.

Photo : Radio-Canada

C'est un baume au coeur dans ce métier, qui est loin d'être de tout repos, car, outre, le travail physique, il y a la lourde responsabilité de veiller sur des dizaines d'enfants.

Chacun avec ses émotions, ses besoins, ses intérêts et ses défis. Tu dois tout faire pour répondre à tout ça pour qu'ils puissent s'épanouir, affirme Thérèse Musafiri.

Ce n'est pas tout. On soigne aussi des bobos et il faut leur faire des câlins s'ils en ont besoin, dit-elle dans un éclat de rire.

Aujourd'hui, les 40 places de la garderie Des bambins sont subventionnées par la province. Ça va beaucoup mieux, mais on espère. On espère que ça aille mieux dans tous les domaines, se réjouit Thérèse Musafiri.

La direction est à la recherche d'un autre local. On est bien ici, car personne ne nous chasse, mais on est dans un sous-sol. Or, on sert des enfants, on aimerait donc leur offrir mieux que ça, conclut-elle.

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