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12 ans d'emprisonnement pour un agresseur sexuel qui a piégé une gardienne sur Internet

Gros plan de Gabriel Giguère.

Gabriel Giguère a écopé d'une lourde peine de douze ans de pénitencier.

Photo : Radio-Canada / Service de police de l'agglomération de Longueuil (SPAL)

Geneviève Garon

Un Longueuillois de 25 ans, considéré comme un sadique sexuel, a écopé d'une lourde peine de douze ans de pénitencier pour avoir agressé sexuellement une adolescente de 14 ans, tout en filmant la scène, en plus de leurrer des jeunes gardiennes sur Internet.

L'accusé, par ses crimes, a volé la jeunesse d'Anne* et Marie*, des victimes innocentes, écrit le juge Maurice Galarneau, dans sa décision rendue vendredi dernier, dont Radio-Canada a obtenu copie.

Le jugement décrit en détail la soirée d'horreur qu'a vécue une adolescente de 14 ans, en 2017, à Longueuil.

Guet-apens sur Facebook

Gabriel Giguère s'était créé un faux compte Facebook sous le pseudonyme de « Mark Lambert ». Le 3 mai 2017, il communique avec une gardienne d'enfants de 13 ans, Anne, afin de solliciter ses services. La jeune fille n'est pas disponible, mais lui recommande son amie, Marie.

« Mark Lambert » envoie un message à Marie pour l'informer que sa femme va l'accueillir le soir même devant leur résidence située sur la rue Dollard. Mais lorsque la jeune fille s'y présente, Gabriel Giguère montre son vrai visage.

L'accusé a amené [Marie] sur le côté de l'immeuble, il a sorti un couteau de cuisine, il a saisi [Marie] par le capuchon et lui a dit : "si tu [crie], je te pique avec le couteau", peut-on lire dans l'exposé conjoint des faits. Dans la cour, derrière la piscine, il la force à se déshabiller et l'agresse sexuellement à même le sol pendant environ 25 minutes. Les détails de l'agression sont difficilement supportables.

Photos et vidéos de l'agression

Gabriel Giguère prend 24 photos et trois vidéos avec son cellulaire. Les photos montrent la victime posant des actes sexuels, elle est semi-habillée et l'émotion est palpable sur son visage, selon les documents de Cour.

Avant de laisser Marie partir, il la menace de diffuser les photos sur Internet si elle le dénonce. L'adolescente alerte néanmoins les policiers le soir même.

Aux enquêteurs, Gabriel Giguère dira que la victime semblait aimer ça et éprouver du plaisir. La victime lui a même dit qu'elle aimerait ça le revoir, relate le jugement.

Fantasmes d'humiliation de la femme

Le 14 janvier dernier, Gabriel Giguère a plaidé coupable à sept chefs d'accusation d'agression sexuelle armée sur une victime de moins de 16 ans, séquestration, production de pornographie juvénile, leurre et défaut de se conformer à une ordonnance.

Les infractions de leurres sont extrêmement graves surtout qu'il avait l'intention d'agresser sexuellement des adolescentes, note le juge, qui mentionne également que le rapport d'expertise sexologique en délinquance sexuelle indique que le risque de récidive de monsieur Giguère ne devrait pas être pris à la légère.

Le même rapport conclut également que l'homme de 25 ans présente une problématique de sadisme sexuel et qu'il fantasme sur des délits sexuels et le fait d'humilier la femme. Il avait déjà été condamné pour voyeurisme.

Ces conclusions sont inquiétantes, selon la professeure de criminologie Franca Cortoni, en entrevue à l'émission Isabelle Richer. Quelqu'un qui a non seulement une déviance sexuelle, mais qui est clairement dans la planification. Qui veut vraiment assouvir ses désirs sexuels. C'est toujours inquiétant parce que c'est le genre d'individus qui a un risque de recommencer qui est très élevé.

Une adolescente démolie

Marie est complètement anéantie depuis la nuit du drame. Elle n'a jamais rien vécu de pire. Elle a perdu beaucoup de poids, a des problèmes de sommeil, elle doit prendre des antidépresseurs et elle a peur de sortir, de marcher seule. Elle revoit cette scène constamment, les heures passées à l'hôpital ont été horribles. Pendant six mois, elle a subi des tests de dépistage, résume le juge Galarneau.

Son amie Anne souffre également. Tout comme une autre adolescente de 13 ans qui avait aussi été approchée par « Mark Lambert » sur Internet, mais dont la mère avait refusé qu'elle aille garder chez lui.

Possible appel pour l'accusé

La défense avait plaidé pour une peine d'environ six ans.

Une lourde peine est un choc pour n'importe qui, affirme Clara Daviault, l'avocate de Gabriel Giguère. La question d'aller en appel va être étudiée de fond en comble et avec le plus grand des sérieux.

Le fait que son client soit jeune, qu'il consommait de la drogue, qu'il ait plaidé coupable et ainsi évité aux victimes de témoigner constitue des circonstances atténuantes, selon elle.

Message aux parents

La poursuite espère envoyer un message de prévention aux parents. On ne sait jamais à qui on a affaire sur les réseaux sociaux. Il ne faut pas se fier à une photo. Les parents doivent être à l'affût, souligne le procureur Sacha Blais.

L'organisme Enfant-Retour Québec décourage les jeunes d'offrir leurs services en ligne. Mais s'ils le font, un adulte devrait les encadrer.

On recommande toujours qu'un enfant qui souhaite rencontrer un ''ami'' sur les réseaux sociaux soit accompagné par un parent ou un adulte en qui il a confiance. Dans la mesure du possible aussi, que ça se passe dans un lieu public, suggère la directrice générale Pina Arcamone.

*Noms fictifs. Le tribunal a émis une ordonnance de non-publication pour protéger l'identité des victimes.

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