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Le nombre de Canadiens interdits de séjour aux États-Unis a doublé

Un homme est assis dans un centre d'entrainement.

« Déconcertés » et « abasourdis », de nombreux Canadiens comme Stéphane Colle ont été renvoyés à la frontière américaine, en plus d'être frappés d'une interdiction d'y aller durant cinq ans.

Photo : Radio-Canada / Dominic Dallaire

Radio-Canada

Le nombre de voyageurs canadiens frappés d’une interdiction de séjour aux États-Unis pendant 5 ans a doublé depuis un an, selon des données fournies par U.S. Customs and Border Protection (CBP).

Entre octobre 2018 et septembre 2019, les agents des services frontaliers américains ont procédé à des renvois accélérés entraînant généralement une interdiction de 5 ans auprès de 616 voyageurs qui tentaient d'entrer au États-Unis par voie terrestre.

Cela représente une augmentation de presque 100 % par rapport aux 312 voyageurs des 12 mois précédents.

La montée en flèche de ces renvois accélérés n’est pas une surprise pour certains avocats spécialisés en droit de l’immigration qui croient que la position adoptée par le président des États-Unis en matière d’immigration pourrait influencer les agents des services frontaliers américains au sud comme au nord.

Les agents se sentent probablement soutenus par le gouvernement américain, croit l'avocat en droit de l'immigration, Lean Saunders, dont le bureau est situé près de la frontière canadienne à Blaine, dans l’État de Washington.

Tout ce dont ils [les agents] ont besoin, c’est un sentiment que quelque chose ne va pas, estime pour sa part Andrew Hayes, un avocat spécialisé en immigration basé à Vancouver. Le bénéfice du doute n'est pas accordé, ajoute-t-il.

Depuis quelques mois, Lean Saunders est submergé par des appels de Canadiens affolés qui ne comprennent pas pourquoi une interdiction de 5 ans leur a été imposée.

Ce ne sont pas des criminels. Ils ont peut-être un manque de documentation, ils sont peut-être naïfs, mais les lois sur l'immigration ne justifient en rien l'interdiction de cinq ans imposée à ces Canadiens, dit-il.

Un rêve parti en fumée

Stéphane Colle rêvait de travailler aux États-Unis. Le Québécois âgé de 31 ans a obtenu deux diplômes de maîtrise à l'Université de l'Idaho. Après ses études et son retour au Canada en juillet, l’homme originaire de Saint-Eustache a reçu une offre d’emploi en tant qu’entraîneur sportif dans une université de l’Iowa.

Stéphane Colle en pleine course.

Stéphane Colle a étudié aux États-Unis, mais son rêve d'y travailler est en suspens.

Photo : Fournie par Stéphane Colle

Armé de documents fournis par l'Université, il a franchi la frontière entre l'Alberta et le Montana le 2 août et demandé un visa de travail professionnel non immigrant, qui peut être obtenu à la frontière américaine.

Le métier d'entraîneur sportif ne figure pas sur la liste des professions acceptées, mais l'université pensait qu'il serait en mesure d'obtenir un visa dans la catégorie des professionnels de la santé.

Cela n'a pas été le cas. Stéphane Colle a été déclaré immigrant sans visa et a été renvoyé avec une interdiction d'entrer au pays pendant cinq ans.

Je ne pense pas que je mérite ça. J'ai suivi toutes les règles.

Stéphane Colle

Il envisage de déposer une demande de dérogation lui permettant d'entrer aux États-Unis, mais cela lui coûtera près de 4000 $ en frais d'avocat et en frais administratifs, sans aucune garantie de succès.

Un avocat spécialisé en immigration Richard Kurland explique cette augmentation des cas de renvois par la croissance économique américaine. Le taux de chômage chez nos voisins du sud est descendu à un palier inégalé depuis 50 ans, à tel point, dit-il, que les Canadiens qui perdent leur emploi songent à se rendre aux États-Unis pour trouver du travail sans en avoir le droit.

Pour les agents frontaliers, le profil est important, ajoute M. Kurland : Est-ce que la personne est jeune, a-t-elle de la propriété au Canada, a-t-elle un emploi à temps plein? Sinon, il y a un motif de croire que la personne pourrait travailler illégalement.

Mauvaise figure pour les États-Unis

L’avocat Andrew Hayes craint que la multiplication des interdictions de cinq ans ne puisse inciter les gens à mentir à la frontière pour éviter d’éveiller les soupçons. Parfois, en pénalisant les gens honnêtes, on encourage les autres à être malhonnêtes, souligne-t-il.

Il espère que les États-Unis revoient leur façon de traiter les Canadiens à la frontière. C’est certainement un oeil au beurre noir pour les Américains, quand vous regardez cela d’un point de vue canadien.

Avec les informations de Sophia Harris

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