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Nouvelle passe d'armes entre Pékin et Washington

Pékin exprime sa « vive indignation » après l'adoption par la Chambre des représentants d'un projet de loi dénonçant le traitement réservé aux Ouïgours.

Trois agents de sécurité en uniforme marchent dans un espace public devant une mosquée.

Des agents de sécurité ouïgours en patrouille près de la mosquée Id Kah, à Kashgar, dans le Xinjiang, le 4 novembre 2017.

Photo : La Presse canadienne / AP/Ng Han Guan

Radio-Canada

Les relations déjà tendues entre Washington et Pékin pourraient s’envenimer davantage après l’adoption par la Chambre des représentants d’un nouveau projet de loi appelant à des sanctions contre des responsables chinois impliqués dans l’internement de musulmans ouïgours dans la région du Xinjiang.

La proposition de loi américaine demande également au département d'État d'établir un rapport sur la situation dans le Xinjiang, et au secrétariat au Commerce d'interdire certaines exportations, notamment de matériel pouvant aider les systèmes de reconnaissance faciale.

La dignité et les droits de l'homme des Ouïgours sont menacés par les actes barbares de Pékin, qui sont une insulte à la conscience collective mondiale. […] Nous envoyons un message à Pékin : l'Amérique observe et ne restera pas silencieuse.

Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants

Adoptée lundi soir par 407 voix contre 1 par les représentants, la législation proposée doit encore être approuvée par le Sénat, puis par le président américain Donald Trump.

L’appui des sénateurs semble n’être qu’une formalité, puisqu’un projet de loi similaire a été adopté à l’unanimité en septembre.

La Maison-Blanche n'a pas indiqué ce que le président Trump ferait de ce projet de loi, s'il devait aboutir sur son bureau après approbation au Sénat.

La pièce législative contient une disposition qui lui permet d'annuler des sanctions au nom de l'intérêt national.

Vive indignation à Pékin

Le message de la Chambre n’a été guère apprécié à Pékin, où une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères n’a mis que quelques heures à exprimer la vive indignation de son gouvernement.

J'estime que pour toute faute en parole ou en action, un prix doit être payé. [Leurs auteurs] devront en payer le prix, a averti Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Interrogée sur les conséquences de cette initiative sur les négociations commerciales en cours entre les deux superpuissances, Mme Hua s’est contentée de répondre qu'il était impossible qu'il n'y ait pas d'impact sur les relations bilatérales.

La porte-parole de la diplomatie chinoise a toutefois indiqué que Pékin ne fixe aucune date limite pour parvenir à une entente commerciale susceptible de calmer les tensions commerciales, qui plombent la croissance de l’économie mondiale.

Nous ne fixerons aucune date limite pour arriver à un accord. Cet accord, ces négociations doivent être fondés sur l'égalité et le respect mutuel.

Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise

Les principaux marchés boursiers de la planète ont reculé mardi après que le président Trump a affirmé qu’il n’y avait pas de date butoir pour conclure un premier accord commercial.

Il a même avancé que cela pourrait être repoussé jusqu’à après l’élection présidentielle de novembre 2020.

Depuis la mi-octobre, la Maison-Blanche et le gouvernement chinois ont plutôt envoyé à plusieurs reprises des signaux selon lesquels un accord était à portée de main. Il avait été question qu’il soit signé à la mi-novembre, mais rien ne s’est finalement produit.

À 10 jours de tarifs douaniers supplémentaires

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a affirmé savoir mardi qu'il était plus important pour les États-Unis de conclure un bon accord commercial plutôt qu'un accord rapide.

Il a aussi indiqué que l’administration Trump prévoit toujours d'imposer des tarifs douaniers supplémentaires de 15 % sur 156 milliards de dollars américains de produits d'importation chinois le 15 décembre.

La Chine a imposé lundi des sanctions contre des organisations non gouvernementales basées aux États-Unis et décrété la suspension des escales de navires de la marine américaine à Hong Kong après que le président Trump eut promulgué une loi soutenant les manifestations prodémocratie dans ce territoire chinois.

Les Ouïgours constituent l'une des 56 ethnies recensées en Chine. Principalement musulmans, parlant pour la plupart une langue turcique, ils constituent un peu moins de la moitié des 25 millions de personnes vivant au Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine.

Des attentats commis par des militants ouïgours ont choqué les Chinois, dont ceux commis en 2014 à la gare de Kunming et dans un marché d'Urumqi, capitale du Xinjiang. Ces attaques ont respectivement fait 31 et 39 morts.

La Chine est soupçonnée par Washington et des organisations des droits de la personne d’avoir emprisonné jusqu'à un million de musulmans, principalement ouïgours, dans des camps de rééducation politique.

Pékin dément ce chiffre et soutient que les camps en question sont des centres de formation professionnelle, destinés à aider la population à trouver un emploi et à l'éloigner de la tentation de l'islamisme et du terrorisme.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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