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Casse-Noisette perpétue-t-il des clichés?

Des casse-noisettes avec des chapeaux qui représentent différents stéréotypes culturels.

Est-ce que « Casse-Noisette » perpétue des stéréotypes sur les communautés culturelles?

Photo : Radio-Canada / Simon Blais

Angie Bonenfant

Que serait le temps des Fêtes sans le populaire ballet Casse-Noisette? L’oeuvre, qui sera présentée au Centre national des Arts (CNA) dès mercredi, fait depuis quelque temps l’objet d’acerbes critiques. Récemment vilipendé pour sa représentation stéréotypée des communautés culturelles, ce classique a-t-il encore sa place sous sa forme actuelle dans un monde dit plus inclusif?

Il y a quelques années, alors que la notion d’appropriation culturelle faisait rage, le milieu de la danse a connu tout un ébranlement. Plusieurs voix se sont levées pour dénoncer certains passages du Casse-Noisette qui perpétuent, selon elles, des clichés sur les communautés culturelles.

Cette levée de boucliers a incité, en 2017, le célèbre New York City Ballet à modifier une scène de l’oeuvre dans laquelle un danseur arbore une fausse moustache Fu Manchu et porte un chapeau traditionnel de cultivateur de riz. Ce segment — intitulé la danse chinoise — véhiculait, selon ses détracteurs, une représentation dépassée de la communauté chinoise.

Plus récemment, en novembre, ce fut au tour du Kansas City Ballet d’annoncer des modifications à cette fameuse danse jugée « stéréotypée et caricaturale ». La compagnie a ainsi choisi d’emboîter le pas à celles de Salt Lake City, de San Francisco, de Boston et de Miami.

D'autres scènes de ce classique du temps des Fêtes — les danses espagnole, arabe et russe, par exemple — ne font pas, elles non plus, l’unanimité. Certains y perçoivent une forme de racisme qui mérite d’être corrigée.

Un Casse-Noisette représentatif de Winnipeg, selon André Lewis

André Lewis, le directeur général et artistique du Royal Winnipeg Ballet (RWB), qui interprétera Casse-Noisette du 4 au 8 décembre à la salle Southam du CNA, n’est pas de cet avis. Dans tous les cas, dit-il, la version présentée par le RWB est un spectacle inclusif qui, pour la première fois, mettra en scène des interprètes émergents dans des rôles classiques.

Deux danseurs de ballet dansent sur une scène du Casse-Noisette avec des flocons de neige qui tombent et des petits ours blancs qui s'agitent.

Scène du « Casse-Noisette » présenté par le Ballet royal de Winnipeg

Photo : Royal Winnipeg Ballet / Samanta Katz

La version très canadienne de Casse-Noisette du RWB se déroule en 1913 et est ancrée à Winnipeg, une ville prospère qui accueille de nouveaux immigrants. Dans ce contexte, M. Lewis souligne que les scènes de danses culturelles prennent tout leur sens.

Ce que le ballet essaie de dire, c’est que Winnipeg a été peuplée par des gens de partout dans le monde, pas seulement de l’Europe, fait valoir M. Lewis, qui précise qu’il y a eu une volonté au sein de la troupe d’expliquer la présence des scènes culturelles. C’était écrit dans notre synopsis, ajoute-t-il. C’était dans les intentions du ballet.

Il n’y avait aucune intention de faire un cliché ou de l’appropriation culturelle.

André Lewis, directeur général et artistique du Royal Winnipeg Ballet

Aucune moquerie ne se cache dans ces scènes de danse, poursuit le directeur. Il s’agit plutôt, selon lui, d’une célébration de la diversité culturelle.

Une question de bon goût

Comme bien d’autres directeurs généraux et artistiques de compagnies de ballet, M. Lewis n’est pas resté insensible à la controverse entourant Casse-Noisette.

Dans la foulée de cette polémique, sa troupe s’est posé des questions et a même réfléchi sur la représentation qu’elle faisait des communautés culturelles dans ce spectacle. À la fin de l’exercice, elle a déterminé qu’il n’y avait rien de réducteur.

On a bien regardé ce que l’on fait et il n’y a absolument rien de raciste dans ces danses arabes, espagnoles ou chinoises, soutient M. Lewis. Ce dernier croit, au contraire, que c’est fait avec beaucoup de bon goût.

Avec les informations de Mélanye Boissonnault

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