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Des agriculteurs inquiets du départ à la retraite du vétérinaire pour gros animaux d'Amos

Bertrand Bégin pose dans son étable à côté de vaches dans leur enclos qui mangent du foin.

Bertrand Bégin, copropriétaire de la ferme Princy à Ste-Germaine-Boulé

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Piel Côté

La majorité de l'Abitibi risque d'être plongée dans une découverture de service vétérinaire pour les gros animaux à compter du printemps 2020. Le seul médecin vétérinaire résident en Abitibi, Dr Paul Gervais, prendra sa retraite après 40 années de pratique.

Ce départ à la retraite laisse plusieurs agriculteurs dans le doute, puisque le Dr Gervais est le seul vétérinaire pour gros animaux installé en Abitibi, à Amos, plus précisément

Il ne s'agit pas d'une surprise, mais les clients du Dr Gervais ne savaient néanmoins pas à quel moment il prendrait sa retraite, qui s'est confirmé cette semaine.

Quarante années de travail, je crois avoir fait ma part. Je ne crois plus être en mesure de répondre adéquatement à tous mes clients de la région, mentionne Dr Gervais.

Dr Gervais travaillait avec une autre vétérinaire, qui a déménagé hors de la région récemment. Ce départ lui a fait réaliser l'ampleur de la tâche que représente la desserte d'une région au grand complet. Paul Gervais ajoute que selon lui, il s’agit d’un réel problème de société, ce manque de relève, que l’on connaît actuellement pour toutes sortes de professions.

Pour les propriétaires de chevaux, un vétérinaire provenant de Lachute vient de temps à autre, mais les conséquences sont plus grandes pour les agriculteurs, spécialement les producteurs laitiers.

La production laitière ne peut se passer d'un vétérinaire.

Bertrand Bégin, copropriétaire de la Ferme Princy

Bertrand Bégin, copropriétaire de la Ferme Princy, à Ste-Germaine-Boulé, reçoit la visite du Dr Paul Gervais deux fois par mois. Pour lui, la présence d'un vétérinaire est primordiale.

« On ne peut pas seulement commander des médicaments, il y a beaucoup de soins qui se font en prévention dans la production laitière. Pas de vétérinaire, c'est possiblement la fin de la production laitière dans la région, c'est aussi simple que ça. »

La reproduction en production laitière, c'est le nerf de la guerre. Si tu n'as pas de reproduction dans ton troupeau, ta production va aller vers le bas, ça prend un vêlage. Nous faisons des suivis très pointus et il faut être à jour régulièrement pour être capable de remettre la vache en gestation à temps pour la prochaine lactation, détaille-t-il.

Pas de renfort en provenance de St-Bruno-de-Guigues

À St-Bruno-de-Guigues, la clinique vétérinaire comprend trois vétérinaires, bientôt quatre. Cela dit, deux d'entre eux approchent la retraite.

La clinique vétérinaire du Témiscamingue.

La clinique vétérinaire du Témiscamingue

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

La clinique vétérinaire de St-Bruno-de-Guigues dessert partiellement l'Abitibi-Ouest, mais l'un des copropriétaires, Guy Marchand, est clair. Impossible pour lui et ses collègues d'en faire davantage et de répondre aux demandes des agriculteurs du secteur d'Amos et de Val-d'Or.

C'est impossible pour nous en ce moment. Nous n'avons pas l'effectif pour faire ça et on en fait déjà plus que l'on devrait en couvrant l'Abitibi-Ouest, explique Guy Marchand.

Pour être capable d’offrir ce service, Guy Marchand mentionne qu'il faudrait deux vétérinaires additionnels.

Un comité y travaille

Un comité sur la relève se penche actuellement sur la question de la relève dans les régions. Constitué du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec, de certains agriculteurs et des associations de vétérinaires, le comité espère trouver des solutions rapidement.

Des stages incitatifs en région ont eu un grand succès. On pense que ça peut aider à attirer des jeunes dans ce type de régions-là, souligne la présidente de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec, Dre Caroline Kilsdonk.

Une femme pose pour une photo professionnelle.

Caroline Kilsdonk, président de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec

Photo : gracieuseté Andrée-Anne Rivest

L'Union des producteurs agricoles (UPA) étudie également la question. L'important est que nos agriculteurs aient accès au même service que partout au Québec, affirme le président du syndicat local de l’UPA dans la MRC Abitibi, Normand Lemieux.

L'UPA entend également faire des représentations afin de faire connaître les besoins. Une chose est certaine, une solution doit être trouvée rapidement, parce que dans quatre mois, Paul Gervais sera à la retraite, résume M. Lemieux.

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Abitibi–Témiscamingue

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