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100 M $ pour former plus d'infirmiers en vain au Nouveau-Brunswick

Quatre infirmières dans un corridor d'hôpital.

Le Nouveau-Brunswick ne forme pas suffisamment de nouveaux infirmiers et infirmières.

Photo : iStock / Photographerlondon

Radio-Canada

Le Nouveau-Brunswick ne forme pas suffisamment de nouveaux infirmiers et infirmières, malgré un investissement de 100 millions de dollars dans les programmes universitaires de science infirmière de la province. C'est ce que dénonce la vérificatrice générale Kim MacPherson dans son rapport annuel présenté mardi à l’Assemblée législative.

En 2005, le ministère a versé plus de 100 millions de dollars aux universités dans le cadre d’un programme qui prévoyait l’élargissement des programmes en science infirmière à l’Université du Nouveau-Brunswick et à l’Université de Moncton.

Mais depuis 2005, le nombre d'étudiants inscrits annuellement en sciences infirmières au premier cycle à l'Université de Moncton est passé de plus de 500 à un peu plus de 400.

Les universités ont donc reçu du financement provincial pour former plus d'infirmières, mais elles en ont formé moins.

Le recteur de l'Université de Moncton précise que les inscriptions au programme de science infirmière n'ont pas diminué proportionnellement au nombre d'élèves dans les écoles.

Tableau des inscriptions pour le baccalauréat en science infirmière à l’UNB et l’U de M par rapport à la cible, pour les exercices 2005-2006 à 2017-2018.

Inscriptions pour le baccalauréat en science infirmière à l’UNB et l’U de M par rapport à la cible, pour les exercices 2005-2006 à 2017-2018.

Photo : Radio-Canada

Bien que ce programme soit en place depuis 14 ans, l’Université de Moncton n’a jamais atteint le nombre de places visé pour le programme de baccalauréat en science infirmière, rapporte Mme MacPherson.

Échec des mesures incitatives

Kim MacPherson tourne les pages d'un rapport volumineux.

Kim MacPherson, vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick, a présenté mardi matin les volumes II et III de son rapport 2019 (archives).

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Non seulement les universités n'ont pas réussi à attirer plus d'étudiants en sciences infirmières, elles ont continué à recevoir de l'argent de la province, ajoute la vérificatrice générale.

Interrogé à ce sujet par Radio-Canada, le recteur par intérim de l'Université de Moncton indique que l'université était partante pour rendre davantage de comptes quant à l'utilisation des fonds publics. Il tient aussi à préciser que les fonds non utilisés pour la formation de nouveaux infirmiers ont été retournés au gouvernement.

Plus spécifiquement, à l'égard de la science infirmière, ce que la vérificatrice dit aussi à son rapport, c'est que les sommes qui ont été versées à l'Université de Moncton pour des places additionnelles ont également été retournées à la provinces, parce que les places n'ont pas été comblées, affirme Jacques Paul Couturier.

Absence de mesures correctives

Mme MacPherson constate dans son rapport que le ministère surveillait les inscriptions associées au programme. Par conséquent, il savait que le nombre cible de places n’était pas atteint, mais n’a pas pris de mesures correctives en temps opportun, dénonce-t-elle.

L’U de M et l’UNB n’atteignaient pas leurs cibles depuis de nombreuses années, mais le Ministère a continué à fournir le même programme.

Kim MacPherson

La province n'exigeait pas de rapports des universités sur la façon dont elles utilisaient les fonds provinciaux, même si ceux-ci représentaient jusqu'à 50 % de leurs revenus.

Elle a recommandé de revoir la formule de financement de sorte que le Ministère n'accorde du financement aux universités que si les objectifs sont atteints.

Convention expirée

La convention a expiré à la fin de l'année dernière.

Au moment où l’entente est venue à échéance, le nombre de places dans les programmes était inférieur à celui de 2005-2006, moment de la signature de l’entente.

Selon le ministère de l'Éducation, l’entente avec les universités a été renouvelée provisoirement le temps que de nouvelles solutions soient envisagées pour remédier à la pénurie d’infirmières et d’infirmiers.

Il y a environ 400 postes d'infirmières vacants dans la province, dans tous les hôpitaux et services, ce qui a forcé certains services à fermer complètement au cours de la dernière année.

Financement peu encadré

La vérificatrice générale soulève aussi des préoccupations concernant le financement accordé aux quatre universités publiques de la province et au Collège de technologie forestière des Maritimes.

Mme MacPherson reproche au ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail d’avoir fait preuve de laxisme à l’égard du financement accordé aux universités.

Deux milliards de dollars ont été accordé aux universités sans que ces dernières aient à rendre des comptes sur l’utilisation de ce financement, et ce, malgré l’existence de protocoles d’entente.

Kim MacPherson explique que même lorsqu’il y avait une surveillance des finances, le ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail ne prenait pas les mesures correctives nécessaires.

La vérificatrice générale recommande que le Ministère mette en place des mécanismes de reddition de comptessuivants pour le financement des universités.

La vérificatrice générale croit qu’il est temps de revoir la formule de financement établie il y a 40 ans. Elle propose 11 recommandations pour améliorer la reddition des comptes, la surveillance et la formule de financement.

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Nouveau-Brunswick

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