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Un « Nicolet de la DPJ » pour mieux protéger les enfants

Un jeune assis par terre

La Commission spéciale sur le droit des enfants et la protection de la jeunesse est de passage à Québec.

Photo : iStock / Katarzyna Bialasiewicz

Marie Maude Pontbriand

Les intervenants en protection de la jeunesse devraient passer par un programme de formation spécialisée avant leur entrée sur le marché du travail, à l'image de l’École nationale de Nicolet pour les policiers, plaident des directeurs de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Les directeurs de la DPJ de Chaudière-Appalaches, du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal, de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec et de la Montérégie-Est ont fait cette recommandation mardi devant la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, qui est de passage à Québec pour trois jours.

À leur sortie du cégep ou de l’université, les intervenants ont suivi des formations générales. Ils deviennent travailleurs sociaux, criminologues ou psychoéducateurs.

Ils peuvent ainsi se retrouver à travailler avec des enfants, des adultes ou des personnes âgées, tous confrontés à des problèmes différents.

Parce que la ligne est mince entre prendre une bonne et une mauvaise décision, et parce qu’une décision prise par un intervenant de la DPJ peut avoir une incidence majeure sur la vie d’un enfant, il importe d'offrir une formation spécialisée en protection de l’enfance à ces intervenants, estiment les dirigeants.

La DPJ, c’est les soins intensifs des services sociaux et certains enfants sont sur respirateur artificiel, a souligné Josée Morneau, directrice de la protection de la jeunesse au CISSS de la Montérégie-Est. 

L’ancien directeur de la Direction de la protection de la jeunesse de la Mauricie aujourd’hui retraité, Marc Lacour, a aussi témoigné devant la commission à Québec. Il voit d’un bon œil cette idée d’école de formation spécialisée.

C’est sûr que si les intervenants sociaux avaient un Nicolet de la protection de la jeunesse ils en profiteraient beaucoup, dit-il. C’est sûr que c’est merveilleux, Nicolet : ils reproduisent avec des groupes de théâtre des situations d’arrestation, de violence conjugale, etc.

Au début des audiences de la commission, la chercheuse Delphine Collin-Vézina a aussi souligné que les intervenants du réseau de la protection de la jeunesse étaient insuffisamment formés.

La présidente de la commission perplexe

La commissaire présidente de la Commission, Régine Laurent, a été surprise de l’intervention des DPJ.

« Je m’attendais à ce que vous profitiez de la mise en place de la commission pour avoir un cri du cœur pour les enfants les plus vulnérables du Québec. »

« Comment exercez-vous votre rôle de porte-parole des enfants les plus vulnérables du Québec? » a donc questionné la présidente, surprise de ne pas avoir eu réponse dans le témoignage des DPJ.

« On fait des cris du cœur au quotidien pour tous nos enfants. Nos cris du cœur sont faits présentement à l'interne de nos établissements pour maintenir notre monde mobilisé », a répondu Assunta Gallo, directrice de la protection de la jeunesse au CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal.

Les quatre directeurs présents ont refusé notre demande d'entrevue.

Mandat de la CSDEPJ

La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse a pour mandat d'examiner les dispositifs de protection de la jeunesse dans les différents réseaux d'intervention concernés – santé et services sociaux, éducation, petite enfance, sécurité publique et judiciaire – de manière à identifier les enjeux et obstacles et à formuler des recommandations au gouvernement du Québec sur les améliorations à apporter.

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