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Présidentielle américaine : Kamala Harris abandonne la course à l'investiture démocrate

Kamala Harris parlant au micro.

Étoile montante de la formation, Kamala Harris n'a pas su répondre aux attentes.

Photo : Associated Press / Michael Holahan

Sophie-Hélène Lebeuf

La sénatrice démocrate de Californie Kamala Harris, qui a un temps été considérée comme une candidate à surveiller, a annoncé mardi qu'elle se retirait de la course à l'investiture démocrate, invoquant le manque de fonds pour financer sa campagne.

Âgée de 55 ans, l'ex-procureure de Californie avait indiqué à la fin janvier qu'elle briguait l'investiture démocrate dans l'espoir de défier le républicain Donald Trump lors de l'élection présidentielle de novembre 2020.

Après des débuts très remarqués, elle était retombée dans les sondages, stagnant désormais derrière le peloton de tête. Kamala Harris venait d'être reléguée à la sixième place de la course, avec 3,4 % des intentions de vote, selon la moyenne compilée par l'agrégateur de sondages RealClearPolitics.

C'est l'une des plus grandes personnalités à abandonner la primaire démocrate, qui compte désormais 15 candidats.

Ma campagne pour être élue présidente ne dispose tout simplement pas des moyens dont nous avons besoin pour continuer, a écrit Kamala Harris dans un communiqué.

Alors que la campagne avance, il est devenu de plus en plus difficile de récolter l'argent dont nous avons besoin pour nous battre, a-t-elle soutenu dans un message à ses partisans, décochant une pointe aux milliardaires entrés tardivement dans la course à l'investiture démocrate, l'ex-maire de New York Michael Bloomberg et le financier et philanthrope Tom Steyer.

Je ne suis pas une milliardaire. Je ne peux pas financer ma propre campagne.

Kamala Harris

Alors qu'elle menait encore une intense campagne ces derniers jours dans l'Iowa, elle explique être parvenue à l'une des décisions les plus dures de sa vie ces derniers jours.

Plusieurs candidats ou ex-candidats démocrates ont loué leur ancienne adversaire sur Twitter.

Le sénateur du Vermont Bernie Sanders l'a par exemple remerciée pour sa campagne animée et axée sur les enjeux.

L'entrepreneur Andrew Yang s'est pour sa part dit stupéfait de sa décision. C'est l'une des personnes avec qui j'ai préféré passer du temps pendant cette campagne électorale, a-t-il écrit, la disant chaleureuse, intelligente, fougueuse et au service des citoyens.

Kamala Harris est la troisième personne à se retirer de la course en trois jours, après le gouverneur du Montana Steve Bullock et l'ancien représentant de la Pennsylvanie Joe Sestak. Deux autres candidats ont jeté l'éponge dans le dernier mois : l'ex-représentant Beto O'Rourke et le maire de Miramar, en Floride, Wayne Messam.

Ironiquement, si le nombre de candidats commence tranquillement à se réduire, deux autres candidats – , Michael Bloomberg et l'ex-gouverneur du Massachusetts Deval Patrick – se sont joints au bassin de candidats démocrates au cours des 20 derniers jours.

Une campagne décevante

Kamala Harris, riant au lutrin devant une foule de partisans, le jour du lancement de sa campagne.

Kamala Harris avait donné le coup d’envoi à sa campagne à Oakland, en Californie, le 27 janvier, devant une foule évaluée par ses organisateurs à plus de 20 000 personnes.

Photo : Reuters / Elijah Nouvelage

Récemment, les insatisfactions de l'équipe de campagne de Kamala Harris ont été relatées par le New York Times, quelques jours après la mise à pied de plusieurs des membres de son personnel.

La candidate, dont le profil avait suscité des attentes élevées, n'a pas su y répondre, semblant échouer à démontrer clairement le message qu'elle voulait incarner, multipliant par exemple les volte-face en matière d'assurance maladie.

Au départ, la candidature de cette étoile montante du Parti démocrate, en politique fédérale que depuis 2017, s'annonçait pourtant prometteuse.

L’ex-procureure du district de San Francisco, puis procureure générale de la Californie s'est forgé une réputation d’interrogatrice redoutable lors du processus de nomination des membres de l’administration Trump et du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême.

Son premier rassemblement de campagne, le 27 janvier, avait réuni plus de 20 000 partisans, selon ses organisateurs.

Sa performance lors de la première série de débats démocrates, en juin, avait impressionné de nombreux électeurs démocrates, mais son étoile avait ensuite rapidement pâli.

Un parcours de pionnière

Kamala Harris aurait été la première femme, la première Afro-Américaine, ainsi que la première personne ayant un héritage asiatique à accéder à la Maison-Blanche.

Celle qui avait dans sa mire le plus résistant des plafonds de verre a fait tomber des barrières tout au long de sa carrière.

Après deux mandats de procureure à San Francisco (2004-2011), elle a été élue deux fois procureure de Californie (2011-2017), devenant alors la première femme, mais aussi la première personne noire, à diriger les services judiciaires de l'État le plus peuplé du pays.

Puis en janvier 2017, elle a prêté serment au Sénat à Washington, s'inscrivant comme la première femme originaire d'Asie du Sud et seulement la seconde sénatrice noire dans l'histoire américaine.

Kamala Harris a grandi à Oakland, dans la Californie progressiste des années 1960, fière de la lutte pour les droits civiques de ses parents immigrés : un père jamaïcain professeur d'économie et une mère indienne, aujourd'hui décédée, chercheuse spécialiste du cancer du sein.

Elle a fait ses études secondaires à Montréal.

Avec les informations de Agence France-Presse

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