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Doc Mailloux témoignera à titre d'expert au procès du pasteur Paul Mukendi

Plan moyen de Mukendi, vêtu de blanc.

Paul Mukendi au palais de justice de Québec.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Radio-Canada

Le docteur Pierre Mailloux viendra témoigner à titre d’expert au procès du pasteur Paul Mukendi, reconnu coupable cet été de neuf chefs d’accusation, dont menaces de mort, agressions sexuelles et voies de fait.

La victime de Mukendi était mineure au moment des faits.

C’est la défense qui a sollicité l’expertise de celui qui est connu comme le Doc Mailloux. Elle conteste le rapport présentenciel rédigé par l’agent de probation de Paul Mukendi, qui fut libéré sous condition après neuf jours d’incarcération.

Selon l’avocate de la défense Dominique Bertrand, le travailleur social a outrepassé son champ de compétence en posant des diagnostics d’ordre médical dans le rapport qui doit servir au juge dans la détermination de la peine imposée au coupable.

L’agent de probation aurait fait référence au narcissisme du pasteur, qui se présente comme le mandataire d’une mission divine de faire du Québec un sanctuaire pour Christ.

Il aurait également conclu que Mukendi exerçait de la violence à des fins de contrôle, un portrait réservé à l’expertise de la psychiatrie, selon la défense.

Vous devez avoir un éclairage, M. le juge, parce que le domaine médical n’est pas de compétence judiciaire, a indiqué Me Bertrand.

L'avocate de la poursuite, Me Sonia Lapointe, a rappelé que c’était la défense elle-même qui avait demandé la rédaction du rapport. 

Le magistrat Jean-François Émond a souligné ce qu’il considère comme un grand paradoxe.

Je veux vous responsabiliser, a-t-il affirmé aux deux parties. La poursuite ne voulait pas de rapport, mais maintenant qu’il y en a un, elle le veut. La défense en demandait un et maintenant qu’elle l’a, elle n’en veut plus.

Doc Mailloux devra achever son expertise au plus tard le 19 décembre. Il témoignera devant le tribunal le 24 janvier.

Brouille à l'extérieur du tribunal

Bien qu’un jury l’ait reconnu coupable le 29 juin dernier, Paul Mukendi jouit toujours d’un soutien important auprès de ses fidèles.

Au moment de reprendre place dans la salle d’audience, une quinzaine d’individus venus appuyer celui qui se fait connaître comme l’apôtre de Québec ont chahuté, refusant de céder le passage à la victime.

L’incident a mené à l’expulsion escortée d’un individu qui criait que ce n’est pas elle, la victime.

La prochaine fois que je vous avertirai, c’est la cellule qui vous attend, l’a menacé l'agent de police.

D'autres, cependant, assistent au procès pour constater la déchéance de l'homme qui a abusé de leur confiance, selon l'expression choisie par un ancien fidèle rencontré à l'extérieur de la salle d'audience.

À l'issue de l'audience, le pasteur, en guise de bravade, a même posé devant les objectifs des médias.

Poème et mise en doute

De retour dans la salle, la victime a lu une déclaration sous forme de poème, expliquant les conséquences que les crimes commis contre elle ont eues.

Désormais, je refuse que quiconque vienne me présenter Dieu pour son profit. [...] Je décide de rejeter tout sentiment de culpabilité en lien avec la secte, écrit-elle en référence à l’église évangélique Paroles de vie, fondée par Mukendi.

L’avocate de la défense a mis en doute l’authenticité du document, suggérant que le vocabulaire trop recherché ne pouvait provenir de la plume de la victime.

''Somatisation'' : c’est quoi ça? a demandé Me Bertrand.

Ce sont les cauchemars… ce sont les douleurs, c’est un stress post-traumatique, a hésité la victime.

''Résilience'' : qu’est-ce que c’est, ça? a renchéri l’avocate.

C’est ma capacité à continuer d’avancer malgré ce qui s’est passé, a répliqué la victime.

Celle-ci a admis qu’elle était en présence de sa travailleuse sociale au moment de rédiger la déclaration. Le corps de la lettre, c’est moi : elle l’a seulement mise en phrase, a-t-elle affirmé.

Me Bertrand a également douté de l'habileté de la jeune femme à comprendre le sens du mot soutien, après que la victime lui eut demandé de préciser le sens d'une question.

Selon la défense, un doute subsiste quant à la capacité de la victime, qui possède un niveau de deuxième du secondaire, d’écrire par elle-même et avec ces mots les conséquences des agressions dont elle fut victime.

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