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Dépenses en défense : le Canada est « légèrement délinquant », lance Trump à Trudeau

Donald Trump et Justin Trudeau ont tenu une conférence de presse conjointe mardi après-midi, à Londres.

Photo : La Presse canadienne / AP/Evan Vucci

François Messier

Au sommet de l’OTAN, à Londres, Donald Trump s’est montré conciliant envers le Canada, même si les dépenses du gouvernement canadien en matière de défense nationale n’atteignent pas les objectifs que se sont fixés les Alliés à ce sujet.

Le Canada est légèrement délinquant, a dit le président américain à ce sujet lors d’une conférence de presse conjointe avec le premier ministre canadien Justin Trudeau. Mais ils vont être OK. J’ai confiance, a-t-il aussitôt ajouté.

Les 29 pays membres de l’alliance militaire issue de la Deuxième Guerre mondiale ont convenu en 2014 de consacrer 2 % de leur produit intérieur brut à la défense d'ici 2024. Seuls 9 d’entre eux atteignent ce seuil à l’heure actuelle.

Depuis qu’il a accédé à la présidence il y a bientôt trois ans, M. Trump ne cesse de mettre de la pression sur les Alliés pour qu’ils respectent leur engagement, en arguant qu’il est injuste que certains pays profitent de l’alliance sans contribution adéquate.

Le président s’est même montré blagueur quand on lui a demandé comment il allait convaincre le Canada d’en faire plus. Nous allons mettre le Canada sur un plan de paiement. Je suis certain que le premier ministre aimerait ça, a-t-il répondu, sourire en coin.

Vous êtes à combien?, a alors demandé de but en blanc M. Trump à M. Trudeau. Le premier ministre a alors évité de répondre, préférant arguer, comme il l’avait fait plus tôt, que les dépenses en défense du Canada ont augmenté de 70 % depuis 10 ans.

Mais où en êtes-vous en termes de chiffre?, l’a relancé M. Trump. Après avoir consulté un membre de son équipe qui l’accompagnait, M. Trudeau a alors précisé : 1,4 % et nous allons de l’avant.

Donald Trump a alors enchaîné en disant que le Canada sait qu’il est important d’en faire plus, en notant que la bonne santé de son économie lui permet de le faire. Ils vont se rendre rapidement [à 2 %]. C’est à leur bénéfice.

Ils atteignent un niveau qui commence à être acceptable. Ils sont en dessous de 2 %, à l’évidence, mais ça augmente. Nous en discutons. Je suis satisfait.

Donald Trump, président des États-Unis

M. Trudeau a ajouté par la suite que le Canada participe à toutes les missions de l’OTAN, dont celles en cours en Lettonie et en Irak, et qu’il n’hésite pas à placer ses soldats dans des situations dangereuses (in harm’s way).

Des membres de l’OTAN qui atteignent le niveau de dépenses en défense requis n’en font pas autant, a-t-il insisté, en assurant que le Canada demeure un partenaire solide et fiable au sein de l’OTAN.

M. Trump a aussi réitéré que le seuil de 2 % du PIB pour les dépenses en défense était insuffisant à ses yeux, et qu'il faudrait plutôt l'établir à 4 %.

Il a jonglé à voix haute avec l'idée d'adopter des sanctions commerciales contre les pays qui n'y parviendraient pas, en évoquant à plus d'une reprise le cas de l'Allemagne.

Le président américain a par ailleurs profité de l'occasion pour rappeler qu'il avait glissé un mot en faveur des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor, accusés d'espionnage en Chine, lors d'une rencontre avec le président chinois Xi cet été.

J'espère qu'ils sont bien traités, a-t-il ajouté, avant de préciser qu'il n'avait pas parlé à M. Xi récemment. Je pense qu'il ne m'aime plus autant, mais c'Est OK, a-t-il laissé tomber, en référence au litige commercial en cours.

MM. Trump et Trudeau avaient commencé leur conférence de presse en s'échangeant des politesses.

Le président américain a qualifié le premier ministre de grand ami, lui qui l'avait pourtant traité de « malhonnête et faible » après le sommet du G7 à Charlevoix en juin 2018. Il fait un très bon travail et nous avons une très bonne relation, a-t-il ajouté.

M. Trudeau a pour sa part salué la relation incroyablement forte entre le Canada et les États-Unis. Elle n'a jamais été aussi forte, a-t-il avancé, avant de souligner le superbe processus qui a permis de négocier un nouvel accord de libre-échange.

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