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analyse

Le Québec rattrape l'Ontario, mais...

Des gens marchent sur un trottoir du centre-ville de Montréal.

Les écarts de richesse entre le Québec et son voisin sont de moins en moins importants.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Gérald Fillion

Depuis des années, François Legault affirme que son engagement est de rendre le Québec plus riche. Il le disait avant même d’être premier ministre. Il faut réduire les écarts de richesse avec nos voisins, notamment avec l’Ontario, répète-t-il régulièrement. Une étude de l’Institut du Québec montre que ces écarts sont de moins en moins grands.

Dans une étude réalisée par Sonny Scarfone, Jérôme Lussier et Simon Savard, on constate que le bilan québécois dans le marché du travail s’améliore de plus en plus rapidement. En regard des tendances historiques, le Québec connaît des avancées. Mais, selon l’Institut du Québec, l’Ontario continue de mieux s'en sortir. Voici pourquoi.

D’abord, le Québec fait mieux que l’Ontario en ce qui a trait à la participation des femmes et des jeunes au marché du travail.

Il y a 15 ans, le Québec était en retard en ce qui a trait au taux d’emploi des 25-54 ans et pour ce qui est du taux d’activité des femmes. Le Québec dépasse maintenant l’Ontario, grâce en bonne partie aux politiques familiales, dont on a souvent parlé, mais qui ne sont pas mentionnées dans l’étude. Toutefois, en note de bas de page, les chercheurs relèvent le taux d’activité élevé des Québécoises ayant un enfant âgé de 6 à 12 ans, qui était de 87,4 %, comparativement à 81,6 % en Ontario en 2018.

Le Québec fait également mieux que l’Ontario concernant le taux d’emploi des jeunes et la proportion de jeunes ni aux études ni au travail, indique l’Institut. Pour ces indicateurs, le Québec a inversé la tendance historique et surpasse désormais l’Ontario.

De plus, le rythme de croissance des salaires et du pouvoir d’achat au Québec dépasse désormais celui de l’Ontario, mais tout juste, selon les chercheurs de l’Institut du Québec.

L’écart entre les immigrants et les natifs en ce qui a trait au chômage se réduit de plus en plus au Québec. Mais l’Ontario fait mieux à ce chapitre.

Non seulement l’Ontario accueille davantage d’immigrants, mais il arrive à mieux les intégrer au marché du travail que le Québec.

Selon l’Institut, le revenu des immigrants en pourcentage du revenu moyen de la province – longtemps supérieur au Québec qu’en Ontario – connaît toutefois une baisse au Québec depuis 2012, alors qu’il a crû en Ontario au cours de la même période. L’Ontario a dépassé le Québec à ce chapitre et la tendance accentue cet écart.

Voici une série de graphiques tirés de l’étude de l’Institut du Québec qui montrent un resserrement des écarts entre le Québec et l’Ontario :

« Bien que cette amélioration s’observe tant en Ontario qu’au Québec, elle est toutefois relativement plus importante au Québec. »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« Les performances du Québec ne cessent de s’améliorer en matière de baisse de taux de chômage », écrit l'Institut du Québec.

Photo : Institut du Québec

« Alors que ce taux est demeuré stable en Ontario, il a bondi au Québec, et son niveau surpasse désormais celui de la province voisine de près de trois points de pourcentage. »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« Le Québec enregistre une avance importante face à l’Ontario. Le taux d’emploi des 25-54 ans y est supérieur à celui de l’Ontario depuis 2010 », d'après l'Institut.

Photo : Institut du Québec

« Les taux d’activité sont désormais comparables. »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« Bien que le taux d’activité soit en baisse dans les deux provinces, notamment en raison du vieillissement de la population, le déclin s’est effectué plus rapidement en Ontario », écrit l'Institut.

Photo : Institut du Québec

« Alors que la moyenne sur 20 ans se situe à 35,5 %, elle passe à 41,1 % pour les trois dernières années, un gain de 5,6 points de pourcentage. »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« La proportion des emplois qui offrent une rémunération supérieure à 25 $ de l’heure est en forte hausse au Québec », note l'Institut.

Photo : Institut du Québec

« Ce pourcentage connaît d’ailleurs une forte hausse depuis les trois dernières années alors qu’il stagnait en Ontario au cours de cette même période. »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« Le taux d’activité des Québécoises âgées entre 25 et 54 ans est le plus élevé au Canada, et compte même parmi les plus importants au monde, ce qui en fait un point fort de l’inclusion au marché du travail au Québec », écrit l'Institut.

Photo : Institut du Québec

« Néanmoins, l’écart de taux de chômage entre les immigrants et les natifs demeure, en absolu, plus élevé au Québec. »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« Une tendance similaire s’observe au Québec et en Ontario auprès des immigrants arrivés depuis moins de cinq ans. Mais l’amélioration a été relativement plus marquée au Québec », selon l'Institut.

Photo : Institut du Québec

Des points faibles

Maintenant, le Québec a deux points faibles : la croissance de la productivité demeure plus lente au Québec qu’en Ontario, et le vieillissement accéléré de la population est un poids pour l’économie du Québec.

La croissance de la population active est plus forte en Ontario où le bassin de main-d’oeuvre est mieux réparti dans les villes est régions de la province. La polarisation entre les régions métropolitaines et les autres régions est également plus marquée au Québec qu’en Ontario, écrivent les chercheurs.

Selon l’Institut du Québec, ce vieillissement de la population et le manque d’immigrants vont ralentir l’économie du Québec, à moins que des gains de productivité importants soient enregistrés. La productivité du travail, c’est le calcul de la valeur ajoutée par heure travaillée.

L’Institut du Québec affirme que l’écart de productivité entre les deux provinces s’élevait à 8,7 % en 1998, il grimpait à 11,3 % en 2018, toujours en faveur de l’Ontario.

« L'Ontario maintient ainsi son avance. »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« La productivité est en hausse au Québec comme en Ontario, mais le rythme de croissance est plus élevé en Ontario qu'au Québec », souligne l'Institut.

Photo : Institut du Québec

L’Institut conclut son étude en affirmant que le portrait du marché du travail est nuancé malgré des avancées importantes dans les dernières années.

Pour faire face aux défis démographiques actuels et qui vont peser sur l’économie au cours des prochaines décennies, le Québec devra massivement investir dans l’amélioration de la productivité du travail.

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