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Violence sexuelle : des délais « anormaux » avant de consulter un spécialiste à Regina

Une thérapeute prend des notes pendant qu'une cliente se confie.

Dans un communiqué, le ministère de la Justice de la Saskatchewan précise qu’il est en discussion avec le Centre pour les agressions sexuelles de Regina pour résoudre le problème du temps d'attente.

Photo : iStock / shironosov

Radio-Canada

Les victimes d’agression sexuelle font face à des délais « anormalement » élevés avant de pouvoir consulter un spécialiste au Centre pour les agressions sexuelles de Regina. Selon la directrice du centre, Lisa Miller, 70 à 90 personnes sont actuellement sur liste d’attente. La plupart d’entre elles devront patienter de 7 à 9 mois avant d’obtenir une consultation.

Elle constate que le temps d’attente avant de pouvoir consulter un spécialiste n’a pas changé depuis 18 mois et que la situation est préoccupante, puisque son organisme est le seul endroit où les victimes d’agression sexuelle peuvent obtenir de l’aide à long terme dans la région de Regina.

Lisa Miller estime que les campagnes de sensibilisation au sujet de la violence sexuelle comme le mouvement #MeToo (#MoiAussi) ont permis à bon nombre de victimes de dénoncer leur agresseur. Mais elle ajoute que les conseillers de son centre ne peuvent malheureusement pas rencontrer toutes les victimes dans un délai raisonnable pour leur offrir de l’aide.

Chaque fois qu’une personne appelle pour obtenir de l’aide, ça me brise le cœur de devoir leur dire qu’il y a une liste d’attente [de beaucoup de mois], indique-t-elle.

Gros plan sur le visage de Lisa Miller, qui répond aux questions du journaliste.

La directrice du Centre pour les agressions sexuelles de Regina, Lisa Miller, se sent impuissante lorsque des victimes appellent son organisme pour obtenir un rendez-vous et qu'elle doit les aviser de la longue liste d'attente.

Photo : CBC

Malgré tout, Lisa Miller encourage les victimes de violence sexuelle à ajouter leur nom à la liste d’attente puisque son organisme peut avoir un impact sur ceux et celles qui viennent chercher de l’aide.

Tentant de trouver des solutions pour remédier au problème du temps d’attente, le Centre pour les agressions sexuelles de Regina a d’ailleurs lancé des ateliers psychoéducatifs sur les traumatismes, qui ont lieu pendant deux heures les vendredis.

Financement demandé

Une victime d’agression sexuelle qui a vu un spécialiste au centre pendant plusieurs mois après un incident en 2016 est d’avis que l’organisme est essentiel pour les autres personnes qui, comme elle, veulent discuter de leurs problèmes personnels.

Elle se dit chanceuse de ne pas avoir attendu longtemps avant de bénéficier de l’aide des conseillers et que l’organisme a changé [sa] vie.

Le centre a besoin de plus de spécialistes et plus de financement, mentionne-t-elle.

À cet effet, le gouvernement provincial a octroyé un peu plus de 236 000 $ au Centre pour les agressions sexuelles de Regina lors de l’année 2019-2020, en plus d’allouer 30 millions de dollars aux soins en santé mentale et à la lutte contre les dépendances dans son dernier budget.

Or, même si l’organisme fournit des services liés à la santé mentale, il n’a pas accès aux fonds dédiés à la santé mentale puisqu’il reçoit du financement du ministère de la Justice et non du ministère de la Santé.

La violence sexuelle est un problème de santé, un problème de services sociaux et un problème de justice. Il faut que tous les partenaires reconnaissent le travail que nous faisons, insiste Lisa Miller.

Dans un communiqué, le ministère de la Justice précise que des discussions avec le Centre pour les agressions sexuelles de Regina sont en cours et que lorsque des problèmes complexes comme celui-ci se présentent, le ministère travaille de concert avec ses partenaires pour trouver une solution.

Avec les informations d’Alex Soloducha et d’Emily Pasiuk

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Saskatchewan

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