•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Université Laval peine à faire diminuer le nombre de tricheurs

Une salle de cours à l'Université Laval.

La proportion de plaintes retenues varient considérablement d'une faculté à l'autre.

Photo : Radio-Canada

Hadi Hassin

Le nombre de cas d'infractions relatives aux études commises par des étudiants de l'Université Laval peine à diminuer depuis 2016, malgré les vastes campagnes de sensibilisation menées auprès des étudiants.

Les données les plus récentes portent à 232 le nombre de cas de plagiat retenus par la direction de l'université pour l'année scolaire 2018-2019. L'année précédente, ce nombre était moindre, soit 219. En 2016-2017, c'était 214.

Il y a eu une augmentation de 2010 à 2015, explique le vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes Robert Beauregard. Depuis 2015-2016, c'est une relative stabilité.

Sans minimiser les infractions, le vice-recteur rappelle qu'elles ne concernent que 0,5 % des étudiants.

Des champions et des perdants

La proportion de plaintes retenues varie considérablement d'une faculté à l'autre.

La Faculté de droit et la Faculté de philosophie se classent ex æquo parmi les bons joueurs (0,43 %), suivies de la Faculté d'aménagement, d'architecture et d'art et de design (1,29 %).

Le pavillon Charles-de Koninck de l'Université Laval.

Le pavillon Charles-de Koninck de l'Université Laval.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

En revanche, la Faculté des sciences et de génie arrive en tête du peloton avec la proportion la plus élevée de cas de plagiat rapportés, soit 23 %. Elle est suivie de la Faculté des Sciences de l'administration (18 %) et de la Faculté des sciences de l'éducation (13 %).

Ce sont de grosses facultés. La Faculté des Sciences de l'administration, c'est la faculté qui compte le plus grand nombre d'étudiants. Donc il y a un effet de taille.

Robert Beauregard, vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes

Selon lui, certaines facultés ont plus de risque de voir leur proportion de cas de plagiat exploser d'une année à l'autre puisque des travaux d'équipes y sont souvent exigés.

À gauche, le vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes, Robert Beauregard. À droite, la commissaire aux infractions relatives aux études, Ève Chabot-Pettigrew.

À gauche, le vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes, Robert Beauregard. À droite, la commissaire aux infractions relatives aux études, Ève Chabot-Pettigrew.

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

C'est toute une série de mesures qu'on peut prendre à l'échelle facultaire, explique l'ancien doyen de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique. Je me souviens d'une année où [...] on a fait une campagne (pour rappeler) les règles de plagiat et de tricherie dans les plans de cours.

Par ailleurs, la très grande majorité des infractions, soit 161 des 232, ont été commises par des étudiants de 1er cycle. Au 2e cycle, le nombre de cas de plagiat s'élevait à 61, puis il baissait à 10 pour le 3e cycle.

Ces chiffres n'ont rien d'étonnant aux yeux du vice-recteur. Ils témoignent plus souvent, en début de parcours universitaire, d'une méconnaissance des règles entourant le plagiat.

Une deuxième chance

Selon la nature d'une infraction et le contexte dans laquelle elle a été commise, la sanction peut varier. Toutes les infractions sont néanmoins traitées avec la même sévérité, assure la commissaire aux infractions relatives aux études à l’Université Laval, Ève Chabot-Pettigrew.

Une infraction peut mener à une suspension temporaire ou définitive des étudiants fautifs.

Les plus chanceux pourront toutefois s'en tirer en reprenant leur travail ou une partie de celui-ci.

D'ailleurs, le nombre de fautifs qui ont eu droit à cette deuxième chance n'a jamais été aussi élevé qu'en 2018-2019. Il grimpait cette année à 95, une forte augmentation par rapport aux années précédentes.

C'est que la direction a décidé de revoir l'un des articles de son règlement, car il ne faut pas conclure qu'un étudiant qui a plagié l'a fait nécessairement de mauvaise foi.

On ne porte pas attention à l'intention. [...] C'est le geste qui est condamnable.

Robert Beauregard, vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes

Par exemple, un étudiant appelé à faire une revue de littérature pourrait par mégarde paraphraser l'idée d'un auteur quelconque sans le citer. Certaines zones sont parfois un peu grises quand il est question de définir ce qu'est le plagiat, admet le vice-recteur.

Si l'enseignant a des raisons de penser que l'étudiant ne connaissait pas les règles, surtout si c'est un étudiant de 1re session en première année, et que le travail compte pour moins de 50 % de la note du cours, il a le loisir d'exiger une reprise du travail, explique-t-il.

L'étudiant n'a droit qu'à une seule deuxième chance. Après cela, s'il commet à nouveau la même erreur, il obtiendra un échec définitif.

La reprise de travail, ce n'est pas un lunch gratuit. C'est une sanction qui est appliquée par l'enseignant.

Robert Beauregard, vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes

Les campagnes de sensibilisation menées par l'université pourraient avoir contribué à la détection d'un plus grand nombre de cas de plagiat, pense M. Beauregard. Le fait d'en parler fait en sorte qu'il y a plus de dénonciations, dit-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Québec

Éducation