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La crise du logement abordable fait bondir l’utilisation des banques alimentaires

Des étagères remplies de denrées non périssables avec, à l'avant-plan, des paniers contenant des conserves posés sur une table.

Les banques alimentaires sont de plus en plus utilisés.

Photo : Radio-Canada / Terri Trembath

Jean-Loup Doudard

De plus en plus de personnes font appel à des banques alimentaires alors que les crises du logement abordable s’aggravent en Ontario, selon des organisations oeuvrant dans le milieu de la pauvreté.

Un Ontarien sur dix n'a pas les moyens de payer un niveau de vie de base, selon le dernier rapport de Feed Ontario, anciennement l’Association des banques alimentaires de l'Ontario.

Le coût cumulatif du loyer et de la nourriture engloutit une énorme portion des revenus des Ontarien les plus pauvres.

À Toronto, c’est en moyenne 88 % du revenu des gens gagnant 22 881 $ et moins par an qui y est dédié au logement, selon l’indice du logement locatif canadien.

À cause qu’ils sont obligés de dépenser plus d’argent sur le loyer, ils ont de la misère à payer la nourriture, il faut bien que ça tombe quelque part, dit le porte-parole de la Coalition ontarienne contre la pauvreté, Gaétan Héroux.

Plus de 510 000 personnes ont fait appel à une banque alimentaire l’année dernière, soit 8800 de plus que l’année précédente.

La crise ne se limite pas aux personnes sans emploi : au cours des trois dernières, il y a une augmentation de 27 pour cent du nombre d’adultes percevant un salaire faisant appel aux banques alimentaires.

À Sudbury, de plus en plus de travailleurs font appel à la banque alimentaire.

Nous n’avons jamais eu autant de nouveaux utilisateurs.

Dan Xilon, directeur général de la banque alimentaire de Sudbury

Le nombre de clients de la banque alimentaire demeure stable cette année, autour de 10 000 personnes, mais le type de personnes qui s’y présente n’est plus tout à fait le même, dit-il.

Dan Xilon, le directeur de la banque alimentaire du Grand Sudbury.

M. Xilon remarque que plus de travailleurs et de personnes âgées font appel aux services de la banque alimentaire de Sudbury.

Photo : CBC/Marina von Stackelberg

Ce sont des personnes âgées et des gens qui travaillent, qui ne sont jamais allés à une banque alimentaire de leur vie.

Les salariés forment 14 %des usagers de la banque, dit-il.

Un immense besoin de logements abordables

Le rapport de Feed Ontario émet plusieurs recommandations, dont celle de construire plus de logements abordables.

Étant donné que plus de 87 pour cent des clients des banques alimentaires ontariennes sont locataires ou bénéficiaires de logements sociaux, davantage d’options de logements abordables sont essentielles pour lutter contre la pauvreté.

Rapport sur la faim 2019, Feed Ontario

La Ville de Toronto met de l'avant un plan visant à créer de nouveaux logements abordables et à remplacer des logements plus anciens dans un quartier de l'est de la ville. Mais les 750 logements prévus d’ici 2023 ne suffiront pas, selon la Coalition ontarienne contre la pauvreté.

On n’a aucune indication que dans les prochains 3 à 5 ans, il y aura assez de logements bâtis pour commencer à répondre à ce problème-là, dit Gaétan Héroux.

Même son de cloche à Sudbury, où le rachat récent d’immeubles à prix modique au centre-ville a forcé l’éviction d’une trentaine de personnes.

Un homme qui porte des lunettes et une chemise noire

Malgré davantage de gestionnaires de cas depuis deux ans, le Réseau des sans-abri de Sudbury peine à trouver des abris pour les personnes n'ayant pas de logement permanent, indique Raymond Landry

Photo : CBC/Markus Schwabe

Il y a environ 4800 logements sociaux à Sudbury. Environ 1100 personnes sont sur la liste d’attente pour un logement, qui peut s’étendre de 3 à 5 ans.

L’année passée, ça nous prenait à peu près 45 jours à aider une personne à se trouver un abri tandis qu’on est plus proche des trois mois cette année.

Raymond Landry, coordonnateur du Réseau des sans-abri de Sudbury

La construction de nouveaux logements abordables est un but louable, mais qui a peu de chance de se réaliser rapidement, selon Raymond Landry.

Une prime au logement, versée directement au propriétaire, permettrait aux locataires démunis de se trouver des logements adéquats, ce qui leur laisserait suffisamment d’argent pour bien se nourrir, dit-il.

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