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Tramway de Québec : des changements d'habitude pour les automobilistes

Esquisse du réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec.

Le tracé de la ligne de tramway comprend deux portions souterraines totalisant une longueur de 3,5 km.

Photo : Ville de Québec

Sébastien Tanguay

Le réseau de tramway causera bien des maux de tête aux automobilistes qui devront composer avec de nouvelles et nombreuses restrictions le long du parcours.

Le réseau structurant imposera des changements d'habitude pour les conducteurs dans la capitale, selon un rapport commandé par le RTC et réalisé avec la firme internationale INRO.

Les trajets de tramway et de trambus traverseront 243 intersections. À 148 carrefours, il sera impossible de franchir la plateforme avec son véhicule.

Dans les intersections restantes, il sera impossible de tourner à gauche pour ne pas entraver la course des wagons.

Les Québécois ne sont pas plus idiots que les gens ailleurs dans le monde, croit le maire de Québec, Régis Labeaume. Les gens sont assez intelligents, ils vont régler assez vite.

Le chef de l'opposition, Jean-François Gosselin, y voit une déclaration de guerre aux automobiles, là où Jean Rousseau, le chef de Démocratie Québec, voit « un excellent projet ».

Parmi les mesures d’atténuation envisagées par la Ville pour diminuer l'impact du réseau structurant sur les véhicules : l’obligation, pour les automobilistes, de faire une boucle dans les rues secondaires adjacentes pour reprendre leur voie de circulation. Il faudra donc trois virages là où un seul suffit présentement.

La Ville étudie cependant la possibilité de permettre certains virages à gauche en dehors des heures de pointe.

Les répercussions seront importantes sur la circulation dans les axes parallèles et perpendiculaires au réseau structurant.

Dans le secteur sud, qui comprend le centre-ville, Saint-Roch, une partie de Limoilou, Saint-Sauveur et le Vieux-Québec, franchir 1 kilomètre en pleine heure de pointe d’après-midi sur une artère parallèle devrait prendre près de 13 minutes, selon l’étude.

Dans l’ouest de la ville, la patience des automobilistes sera là aussi mise à l’épreuve : une distance de 1 kilomètre, entre 15 h et 18 h, exigera un peu plus de 7 minutes.

Si les temps de déplacement s’allongeront considérablement dans certains secteurs le long des axes perpendiculaires et parallèles au tracé du réseau structurant, ils diminueront de façon générale là où circuleront le tramway et les trambus.

Le réseau amènera également une hausse marquée de l’achalandage dans les transports collectifs.

Hausse marquée de l'achalandage

Dès sa première année de mise en service, l’achalandage, dans le réseau de transport en commun, augmentera de 31 %, selon le rapport commandé par la Ville de Québec. Une hausse de 13 millions de déplacements par rapport aux 35 millions observés présentement.

À l'horizon 2041, 11,1 % des déplacements réalisés dans la ville de Québec s'effectueront en transport collectif.

Sans surprise, c’est le tramway, avec ses 23 400 passages quotidiens entre 6 h et 9 h, qui sera la colonne vertébrale du futur réseau, dont l’inauguration est prévue en 2026.

Après 15 ans, le nouveau service permettra d’enlever 8 700 automobiles des rues de la capitale à l’heure de pointe matinale.

Une baisse devenue nécessaire d’après l’étude, car la poussée démographique et économique que Québec connaît depuis 20 ans mène la ville droit dans un mur. Tous les 10 ans, 100 000 véhicules s’ajoutent au réseau routier de la Ville.

« Le réseau structurant permet d’absorber la moitié des déplacements qui s’ajouteront au réseau », indique Marc des Rivières, du Service du transport et de la mobilité intelligente de la Ville de Québec.

Sans tramway, il faudrait patienter 2 minutes 48 secondes pour parcourir 1 kilomètre pendant l’heure de pointe de l’après-midi le long du parcours.

Avec le tramway, la congestion sera diminuée à 1 minute 29 secondes, une amélioration de 27 secondes par rapport à maintenant.

« Il faudrait, d’ici 2041, construire 11 nouvelles voies, soit l’équivalent du boulevard Laurier et de l’autoroute Charest, pour assurer la même fluidité de circulation qu’aujourd’hui », illustre Marc des Rivières.

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