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Achat de Capitales Médias : « Québecor prend déjà beaucoup de place », dit Legault

M. Legault est entouré de journalistes qui pointent vers lui caméras et micros.

Le premier ministre du Québec, François Legault, à la réunion du Conseil de la fédération qui se tient lundi à Mississauga, en banlieue de Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Le premier ministre François Legault refuse de réexaminer l’offre de reprise du Groupe Capitale Médias (GCM) par Québecor. « Le groupe Québecor prend déjà beaucoup de place », a-t-il expliqué lundi matin en marge du Conseil de la fédération, qui se tient en banlieue de Toronto.

Dimanche, dans une lettre publiée sur Facebook, le grand patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, avait critiqué le choix de Québec de privilégier le rachat du groupe par des coopératives d’employés et avait exigé que son offre d'achat soit envisagée.

Selon  lui, le collectif n’aura jamais les reins assez solides pour survivre à la crise qui frappe la presse écrite. Il pense que seule une grande entreprise de presse comme la sienne peut permettre de réduire les coûts d’exploitation des six journaux régionaux de GCM, en lui donnant notamment accès à ses imprimeries et à son réseau de distribution.

Mais pour François Legault, il est important qu’il existe une diversité dans l’offre d’informations au Québec.

Le premier ministre veut que des médias qui appartiennent à d'autres groupes que Québecor puissent continuer à vivre.

Il considère que Pierre Karl Péladeau défend simplement son entreprise, et que le rêve de tout chef d'entreprise est d'avoir un monopole.

Péladeau persiste et signe

De son côté, M. Péladeau a réitéré ses propos à Midi info lundi midi.

Toute activité commerciale en déclin nécessite de la consolidation. Qu’est-ce qui est en mesure d’apporter cette capacité de consolidation? De créer des économies d’échelle ? C’est le regroupement, a-t-il lancé.

M. Péladeau avoue que si Québecor achetait GCM, ce serait désormais son agence de presse QMI qui alimenterait les journaux de GCM en informations « à la place de la Presse canadienne ». Il soutient fermement que cette concentration des médias est un passage obligé vers leur survie.

Sinon vous n’en aurez pas de journaux, dit-il.

Pierre Karl Péladeau soutient également que ce n’est pas la mission du gouvernement de financer des activités dont on sait qu’elles perdent de l’argent.

Il a aussi répété être inquiet de la perte d’indépendance que pourrait amener une contribution du gouvernement au sauvetage de GCM.

Leur mission [des journaux] est en partie d’analyser ce que font les pouvoirs publics. Si ce sont les pouvoirs publics qui les financent, ça va créer un environnement qui n’est pas celui qui doit être pour bien s’assurer du travail des journalistes, croit-il.

Selon lui, si les journaux de GCM étaient entre ses mains, cette perte d’indépendance pourrait être contrée par les conventions collectives des journalistes.

Les conventions collectives sont là pour protéger l’intérêt. Lorsque la pérennité [du journal] est en cause, là il va peut-être y avoir une autocensure. Sinon, il y a des griefs qui peuvent être déposés, assure-t-il.

Avec les informations de La Presse canadienne

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