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« L’arnaque du numéro d’assurance sociale », arme populaire des voleurs d’identité

Une femme assise sur un banc.

Julia-Shea Baker a été victime d'une arnaque du numéro d’assurance sociale.

Photo : Courtoisie

Radio-Canada

Des fraudeurs se font passer pour des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour usurper les numéros d’assurance sociale de leurs victimes. Le corps policier fédéral note que cette ruse est de plus en plus populaire chez les arnaqueurs.

Julia-Shea Baker a appris l’existence du nouveau stratagème à ses dépens. La serveuse de 23 ans, originaire de Cornwall, a perdu quelque 4000 $ aux mains d’un criminel qui a eu recours à « l’arnaque du numéro d’assurance sociale ».

La jeune femme a d’abord reçu un appel d’un homme s’identifiant comme étant Steve Rogers, inspecteur de la GRC, il y a deux semaines.

Vous n’êtes pas physiquement retenu en otage, mais on se sent tout comme. C’est comme si votre liberté était en jeu

Julia-Shea Baker

Selon « l’inspecteur » Rogers, une voiture de location au nom de Mme Baker maculée de sang avait été retrouvée dans le sud de Toronto avec à son bord 10 kg de cocaïne.

L’imposteur a donné à la femme un numéro de badge et de dossier, en lui indiquant que son nom et son numéro d’assurance sociale étaient au cœur d’une enquête pour blanchiment d’argent.

Mon cœur battait à tout rompre et mes paumes étaient toutes moites, se rappelle Mme Baker. J’étais en panique et absolument terrifiée.

Quand elle a remis en question l’histoire de son interlocuteur, il l’a rappelée plus tard à partir d’un autre numéro. L’afficheur indiquait que le numéro appartenait au bureau de la GRC de Cornwall. Une brève recherche sur Internet semblait indiquer que le numéro était bel et bien légitime.

M. Rogers lui aurait aussi, selon elle, donné assez d’information pour qu’elle sente que l’appel était légitime et urgent.

En septembre, la GRC a prévenu les habitants de Cornwall que son numéro était utilisé frauduleusement par des arnaqueurs pour donner l’illusion que c’était bel et bien la police qui était au bout du fil.

Un appel de plusieurs heures

« Steve Rogers » a assuré à sa victime que la GRC pouvait lui donner un nouveau numéro d’assurance sociale, mais que pour protéger son argent entre-temps, elle devait le transférer à des cartes- cadeaux sécurisées.

Il lui a dit de se rendre dans différentes épiceries et pharmacies de Cornwall pour se procurer des cartes cadeaux Google Play tout en gardant la ligne pour s’assurer qu’elle faisait ce qu’il lui demandait.

Après plusieurs transactions, la carte de débit de Mme Baker a été refusée, et l’arnaqueur au téléphone lui a dit de se rendre à un guichet pour retirer tout l’argent qu’il lui restait pour acheter plus de cartes-cadeaux.

Le faux policier lui a par la suite demandé d’appeler sa banque pour faire augmenter sa limite de crédit pour continuer d’acheter des cartes- cadeaux.

Ça a duré quatre heures et demie, a décrit Mme Baker, période durant laquelle elle a dépensé 4000 $ pour acheter 35 cartes-cadeaux. Tout au long de la mésaventure, « Steve Rogers » était au bout du fil en train de prendre note des codes et des numéros des cartes cadeaux.

Menaces et intimidation

Mme Baker n’a pu s’empêcher de pleurer plusieurs fois pendant l’opération, mais l’homme au bout du fil lui répétait qu’elle ne pouvait dire à personne ce qui se passait, sinon elle pourrait être mêlée à l’enquête.

Je n’étais pas physiquement prise en otage, mais je me sentais tout comme. Comme si ma liberté était en jeu, a raconté la victime.

Steven Rogers lui a dit qu’il la rappellerait le lendemain à 9 h pour lui donner un nouveau numéro d’assurance sociale, mais il n’a jamais appelé. Quand elle a rappelé au premier numéro dudit Rogers, la personne qui a répondu ne parlait pas anglais.

Elle a ensuite appelé au poste de police local et a appris qu’elle avait été arnaquée. Et elle n’est pas la seule dans cette situation, selon Jeff Thomson, analyste senior de la GRC pour le Centre antifraude du Canada (CAFC). Il dit que cette tactique, appelée « arnaque du numéro d’assurance sociale », est celle qui est la plus rapportée au CAFC.

De janvier à juillet, 800 escroqueries similaires ont été signalées au Canada. En octobre, ce nombre avait atteint 3000.

La police croit que les escrocs ont changé de tactique, car l'arnaque de l'Agence du revenu du Canada (ARC) est devenue répandue.

Certaines victimes donnent des détails personnels aux personnes qui les appellent, leur permettant de voler leur identité, tandis que d'autres sont poussés à envoyer de l'argent, a déclaré M. Thomson.

Jeff Thomson de la GRC.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jeff Thomson, analyste senior de la GRC pour le Centre antifraude du Canada.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle/CBC

Il conseille aux gens de se méfier lorsque des menaces sont proférées.

Le gouvernement ne va jamais vous appeler et vous menacer pour que vous lui envoyiez de l'argent, il ne demandera pas vos informations personnelles au téléphone de manière non sollicitée, de manière alarmante et effrayante

Jeff Thomson, analyste senior de la GRC pour le Centre antifraude du Canada

Son meilleur conseil : raccrochez votre téléphone.

Julia-Shea Baker s'en veut de s'être fait piéger. En racontant son histoire, elle espère que d'autres personnes éviteront à leur tour de se faire arnaquer.

Si ça peut aider quelqu'un à l'avenir, au bout du compte, ça aura plus de valeur pour moi que 4000 $, a-t-elle conclu.

Avec les informations de Laura Osman de CBC

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