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Carles Puigdemont écrit aux Québécois et dénonce Ottawa

L'ex-président catalan Carles Puigdemont

L'ex-président catalan vit en exil depuis l'automne 2017. L'Espagne l'accuse de rébellion, de sédition, de détournement de fonds publics et de désobéissance à l'autorité pour avoir organisé un référendum sur l'indépendance de la Catalogne.

Photo : Reuters / Johanna Geron

Sébastien Bovet

Pour la première fois, l’ancien président de la Catalogne, Carles Puigdemont, commente le refus du gouvernement canadien de lui permettre de visiter le pays. Dans une lettre ouverte, intitulée « Lettre aux Québécois » et dont Radio-Canada a obtenu copie, le politicien en exil se dit « perplexe » (comme le premier ministre François Legault) devant la position d’Ottawa.

Je ne puis que dénoncer l’actuelle position d’Ottawa, qui porte gravement préjudice à l’idée même de démocratie, et que je contesterai jusqu’aux plus hautes instances judiciaires s’il le faut.

Carles Puigdemont

Il y a un mois, le gouvernement canadien a refusé l’entrée au pays à M. Puigdemont. Selon son avocat, un agent d’immigration a conclu que l’ancien président catalan serait interdit de séjour à cause des accusations qui pèsent contre lui en Espagne. La justice espagnole lui reproche d’avoir organisé illégalement un référendum sur l’indépendance de la Catalogne.

Dans sa lettre, Carles Puidgemont se dit surpris d’une telle décision. J’aurais cru que le Canada, qui a toujours joui d’une grande aura d’exemplarité à l’international, se montrerait plus accueillant à mon endroit, d’autant plus, ajoute-t-il, qu’il a pu voyager au Royaume-Uni et dans des pays européens.

Il renchérit en se disant préoccupé que la position canadienne semble accréditer cette thèse si dangereuse – si chère à l’extrême droite qui, hélas, gagne en influence en Espagne – voulant que la participation d’un élu à la tenue d’un référendum d’autodétermination puisse être légitimement passible de condamnations criminelles.

Des Autochtones aux Acadiens, en passant par Gaston Miron

Habile politicien, Carles Puigdemont fait référence à des aspects de l’histoire canadienne pour appuyer son propos. Il rend hommage aux peuples autochtones du Canada pour leur courage et leur résilience.

Tout en saluant l’amitié entre les nations québécoise et catalane, il nomme aussi les peuples acadiens, métis et autochtones et les francophones hors Québec pour dénoncer l’assimilation linguistique et culturelle, la répression militaire et policière, les diktats politiques et constitutionnels imposés d’en haut.

En parlant de l’indépendance, il cite le poète Gaston Miron : Ça ne pourra pas toujours ne pas arriver, […] il n’est pas question de laisser tomber nos espérances.

L’Espagne et le Canada devraient avoir honte

La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, qui a invité Carles Puigdemont au Québec, salue ses propos. Son président, Maxime Laporte, affirme que l’Espagne et le Canada devraient avoir honte de traiter en criminel ce grand démocrate qui n’a fait que convier son peuple, le peuple catalan, à choisir son destin.

Il interpelle directement Justin Trudeau en lui demandant s’il est à l’aise avec les accusations portées contre M. Puigdemont.

L’avocat québécois de l’ancien président catalan, Stéphane Handfield, a déposé jeudi dernier son mémoire en Cour fédérale pour contester le refus du gouvernement canadien de l’accueillir au pays. La procédure pourrait prendre plusieurs semaines.

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