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Vers des médicaments de substitution pour la maladie de Crohn en Alberta?

Une personne livre un discours.

Le cabinet du ministre de la Santé a déclaré que les médicaments biosimilaires sont sans danger.

Photo : Radio-Canada

Danielle Kadjo

La décision du gouvernement albertain de remplacer la couverture médicale des personnes atteintes de maladies inflammatoires de l'intestin par des médicaments de substitution moins coûteux, aussi appelés médicaments biosimilaires, ne fait pas l’unanimité dans la province.

Une cinquantaine de personnes atteintes de la maladie de Crohn et de colite ulcéreuse ont manifesté à Edmonton, dimanche, devant l'Assemblée législative de l'Alberta, afin de s'y opposer.

Cela n'a aucun sens, estime Tracey Elliott-Suliak.

Elle a fait le chemin depuis Calgary afin de faire entendre sa voix. Ma fille et moi avons la maladie de Crohn et nous nous en sortons très bien, dit-elle.

Pour elle, cette énième compression du gouvernement Kenney constitue un nuage d’incertitude.

Il n’y a pas assez d’études sur le sujet qui démontrent que cette alternative est sans danger. Je comprends que certaines compressions doivent être faites, mais en ce moment, je pense que les choses vont trop vite et de manière rigide, confie-t-elle.

C'est une question de droit à la santé. La décision devrait être laissée entre les mains des médecins et de leurs patients.

Tracey Elliott-Suliak, manifestante
Tracey Elliott-Suliak.

Tracey Elliott-Suliak, manifestante.

Photo : Radio-Canada

Cette opinion est partagée par Bryanne Johnson, une autre manifestante.

Présentement, nous avons le traitement le plus avancé pour traiter la maladie de Crohn. C’est un traitement qui fonctionne bien avec notre système immunitaire et cela m’a pris énormément de temps et de visites médicales pour trouver quelque chose qui fonctionne. Si on limite nos choix, cela deviendra beaucoup plus difficile, croit-elle.

C’est un domaine dans lequel le gouvernement ne peut se permettre de faire des compressions.

Bryanne Johnson, manifestante
Une fille livre un message.

Bryanne Johnson, manifestante.

Photo : Radio-Canada

Des solutions de rechange moins coûteuses

Plus tôt ce mois-ci, le ministre de la Santé de l'Alberta, Tyler Shandro, a déclaré qu'à l'instar des autres provinces, nous devons utiliser davantage de médicaments à faibles coûts, des substituts comme les biosimilaires, afin de garantir la durabilité de notre couverture médicale et assurer que chaque patient ait un traitement sûr et cliniquement approprié.

Selon lui, les dépenses gouvernementales en produits biologiques sont passées de 20 millions de dollars par année à plus de 200 millions de dollars, au cours de la dernière décennie.

Nous analysons toutes les options utilisées par d’autres juridictions, afin de bâtir la nôtre.

Tyler Shandro, ministre de la Santé de l'Alberta

Nous rejetons l'affirmation selon laquelle les biosimilaires mettent la vie des patients en danger. Tous les médicaments présentent un risque de rejet par certains patients. Nous examinerons comment appliquer tout changement de couverture à des groupes spécifiques de patients en se basant sur les données disponibles, a-t-il dit.

Santé Canada a clairement indiqué que les biosimilaires et leurs médicaments biologiques de référence sont équivalents en termes de qualité, de sécurité et d'efficacité, a-t-il ajouté.

Un risque sérieux, selon le NPD

Le porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière de santé, David Shepherd, a déclaré, dimanche, lors de la manifestation que ce que l’on voit, c’est un gouvernement qui a indiqué son intention de forcer les patients qui sont dépendants de médicaments comme Medicare ou autres produits biologiques à utiliser des médicaments biosimilaires, dont l’efficacité est moins prouvée.

Il a affirmé n'avoir vu aucune preuve qui démontre que les médicaments biosimilaires fonctionnent dans d'autres provinces qui ont choisi cette même solution de rechange. C’est un risque sérieux, a-t-il dit.

[Les manifestants] sont ici pour se battre contre cette combine qui interfère entre la relation médecin-patient et qui les oblige à prendre un risque avec leur santé.

David Shepherd, porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de santé

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Santé