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Pierre Karl Péladeau dit être le seul à pouvoir sauver Groupe Capitales Médias

Il parle lors d'une audience du CRTC.

Pierre Karl Péladeau

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, réclame du gouvernement du Québec qu’il reconsidère son offre de rachat du Groupe Capitales Médias (GCM). Il plaide que les réticences du Mouvement Desjardins à participer au plan gouvernemental démontrent que ce plan fait fausse route.

Desjardins a accepté le 27 novembre de reconsidérer sa participation au plan de sauvetage préparé par Québec après que le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon a accepté de réviser ce plan pour en réduire les risques financiers.

Dans une lettre publiée sur Facebook dimanche, Pierre Karl Péladeau attribue ce changement de cap de l’institution financière à une opération de tordage de bras et d’intimidation lors de laquelle le gouvernement aurait fait du chantage en menaçant de revoir les crédits d’impôt dont bénéficie Capital régional et coopératif Desjardins.

Des journaux

Capitales Médias opère les quotidiens Le Soleil, La Voix de l'Est, La Tribune, Le Nouvelliste, Le Droit et Le Quotidien, en plus de l'hebdomadaire Le Progrès.

Photo : Lynda Paradis

En août, M. Péladeau avait déposé une offre de rachat visant l’ensemble des journaux de GCM. Québec avait rejeté cette offre en raison des coûts importants que le gouvernement devait assumer et pour passer par un processus plus transparent. Les détails de l’offre n’ont pas été rendus publics.

Les moyens d'être rentable

Le grand patron de Québecor écorche au passage le projet coopératif mis de l’avant par les six quotidiens de GCM. Il doute que cette coopérative ait les reins assez solides pour survivre à la crise qui frappe la presse écrite depuis maintenant plus de 10 ans.

Selon lui, la consolidation des activités des entreprises de presse est incontournable pour des raisons fort simples que d’anciens dirigeants d’entreprise, comme François Legault et Pierre Fitzgibbon, veulent pourtant ignorer volontairement, malgré les évidences d'une industrie en fort déclin.

Cette consolidation, estime-t-il, passe immanquablement par les synergies que seule une grande entreprise de presse comme la sienne peut mettre en place. Les imprimeries, le réseau de distribution, les infrastructures de direction et les locaux déjà possédés par Québecor, selon son calcul, permettraient de réduire les coûts d’exploitation des sept journaux régionaux de GCM de plus de 18 millions de dollars.

Aucune autre entreprise n’est aussi bien outillée que la sienne pour affronter les géants du web sur le marché de la publicité, ajoute-t-il, en affirmant que cet ensemble d’avantages concurrentiels fait que Québecor ferait de cette activité un projet rentable plutôt qu’un canard boiteux nécessitant l’argent des contribuables.

L’homme d’affaires réitère aussi ses critiques envers un investissement gouvernemental dans Capitales Médias, qu’il considère comme un gaspillage de fonds publics dans une cause perdue. Il a, à plusieurs reprises au cours des derniers mois, qualifié les médias qui demandent une aide gouvernementale de quêteux et exprimé son opposition à toute aide financière de l’État.

François Legault montré du doigt

Alors que de nombreux journaux ont mis la clé sous la porte ces dernières années, souligne-t-il, les grands joueurs du monde des médias assurent leur survie en procédant à des fusions. Dans sa lettre, il demande au premier ministre François Legault s’il se croit plus smatte que l’ensemble de l’industrie en insistant pour aller dans une direction qui déroge à cette tendance à la concentration des médias.

Il n’y a, selon lui, aucun doute que les journaux de Capitales Médias resteront déficitaires sans le parapluie de Québecor. M. Péladeau voit dans ce scénario une menace pour l’indépendance des salles de rédaction, dont les journalistes deviendraient des agents officieux du gouvernement pour assurer le financement des pertes d’exploitation qui ne manqueront pas d’être très importantes.

Il en va de la démocratie saine et vivante, conclut-il tout juste après avoir affirmé que François Legault, vu le ton employé avec Desjardins, montre qu’il serait en faveur d’une position autoritaire envers les salles de rédaction.

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