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Meurtre d'une journaliste à Malte : le premier ministre annonce sa démission

Un manifestant tient une photo du visage de Joseph Muscat, éclaboussé de sang.

Un manifestant tient une photo du premier ministre maltais, Joseph Muscat, éclaboussé par le scandale du meurtre d'une journaliste d'enquête, Daphne Caruana Galizia, en octobre 2017.

Photo : Reuters / Darrin Zammit Lupi

Agence France-Presse

Le premier ministre maltais, Joseph Muscat, soupçonné d'ingérence dans l'enquête sur le meurtre de la journaliste Daphne Caruana Galizia et soumis à une intense pression pour quitter ses fonctions, a annoncé dimanche à la télévision qu'il allait démissionner en janvier.

Joseph Muscat, au pouvoir depuis 2013, n'a pas évoqué dans son allocution le meurtre de la journaliste, affirmant qu'il allait démissionner après la désignation d'ici le 12 janvier de son successeur, car c'est la chose à faire.

Il avait obtenu plus tôt dans la journée le soutien de parlementaires et de ministres de sa formation politique, le Parti travailliste, pour rester en poste jusqu'en janvier.

Samedi, des sources au Parti travailliste avaient indiqué que le parti se choisirait un nouveau dirigeant le 18 janvier, et que M. Muscat démissionnerait formellement quand le nouveau chef sera choisi.

La pression s'est intensifiée ces derniers jours sur le chef du gouvernement travailliste pour qu'il quitte immédiatement ses fonctions.

La famille de la journaliste Daphne Caruana Galizia, tuée dans l'explosion de sa voiture piégée le 16 octobre 2017, l'opposition (Parti nationaliste) et des mouvements civiques l'ont accusé d'intervenir dans l'enquête, notamment pour protéger son chef de cabinet, Keith Schembri.

Des manifestants portent des photos de Daphne Caruana Galizia et des affiches où il est écrit « criminels » avec des traces de mains ensanglantées.

Des manifestants maltais portent des photos de Daphne Caruana Galizia, qui enquêtait sur les ramifications des Panama Papers à Malte et impliquait des proches du premier ministre, Joseph Muscat.

Photo : afp via getty images / STRINGER

Les détracteurs de M. Muscat le soupçonnent d'avoir obligé le gouvernement à rejeter cette semaine une mesure de grâce pour l'entrepreneur Yorgen Fenech, inculpé pour complicité dans l'assassinat de la journaliste, qui promettait en échange de dire tout ce qu'il sait.

Yorgen Fenech, un magnat de 38 ans, copropriétaire du groupe familial Tumas (hôtellerie, casinos, automobile, énergie) venait alors de désigner à la police M. Schembri comme le vrai commanditaire du meurtre.

Le chef de cabinet de M. Muscat a démissionné en milieu de semaine en même temps que le ministre du Tourisme, Konrad Mizzi.

Entendu par les enquêteurs, M. Schembri est ressorti libre jeudi, déclenchant la colère de la famille Caruana Galizia qui a argué qu'au moins deux témoins et de multiples indices impliquent Schembri dans l'assassinat.

Daphne Caruana Galizia avait creusé la partie maltaise des Panama Papers, qui révélaient l'existence au Panama de nombreux comptes ouverts par des entreprises et personnalités du monde entier, et découvert des documents reliant notamment des sociétés panaméennes à Schembri et Mizzi.

Elle avait aussi révélé qu'une société de Dubai, la 17 Black, avait payé 2 millions d'euros à MM. Schembri et Mizzi pour des services non précisés. Le consortium de journalistes Daphne Project, qui a repris ses enquêtes, a révélé que la 17 Black appartenait à Yorgen Fenech.

Des milliers de manifestants étaient attendus dimanche en début de soirée pour réclamer la démission du premier ministre Joseph Muscat, pour la septième fois en deux semaines.

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