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Incident dans un CHSLD : le décès d'un patient soulève des questionnements

Le reportage de Pascale Langlois

Photo : Radio-Canada / Pascale Langlois

Sébastien St-Onge

La mort d'un patient octogénaire et atteint d'alzheimer, survenue dans un CHSLD de Trois-Rivières après un incident impliquant un gardien de sécurité, soulève plusieurs questionnements au sein d’intervenants du milieu de la santé.

Le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec a demandé une enquête du coroner à la suite de la mort d’un résident au Centre d’hébergement Roland-Leclerc à Trois-Rivières.

Comment les autorités peuvent-elles dire d’un côté de la bouche que tout a été bien fait et, de l’autre, on dit qu’il y a une enquête?, s'interroge le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet.

Je pense qu’ils ne savent pas plus [...] ce qui est arrivé, ils vont faire enquête et c’est correct qu’il en soit ainsi. L’autre problème, c’est pourquoi ça a pris l’intervention du fils pour qu’on appelle l’urgence. Pourquoi on ne l’a pas fait avant?, poursuit-il en entrevue à Radio-Canada.

De son côté, le Service de police de Trois-Rivières attend la décision du coroner avant de procéder à une enquête.

Pour Paul Brunet, les conséquences pourraient être beaucoup plus graves si les autorités concluent que le gardien de sécurité a bel et bien poussé Guy Bastien : il s’agit d’une enquête sur un homicide si cela est avéré, dit-il.

Difficile équilibre à maintenir

Les centres d’hébergement peuvent se trouver dans une situation difficile lorsqu’il est question de maintenir un juste équilibre entre la liberté et la sécurité des personnes vivant avec la maladie d’Alzheimer, selon la Société Alzheimer de la Mauricie qui appelle à la réflexion.

Guy Bastien, 82 ans, atteint d’alzheimer, était hospitalisé depuis vendredi pour une fracture au crâne et une hémorragie cérébrale. Il a finalement succombé à ses blessures dimanche matin.

Selon sa famille, M. Bastien aurait chuté lors d’un incident avec le gardien de sécurité chargé de le surveiller.

Le réflexe qu’on a, ce n’est pas celui qu’on doit avoir, par exemple de toucher la personne ou de [tenter de la] raisonner.

Nicole Poirier, présidente de la Société Alzheimer de la Mauricie et fondatrice de la Maison Carpe Diem

À ce sujet, le président du Conseil pour la protection des malades soutient que les gardiens de sécurité n’ont pas la compétence pour agir auprès de la clientèle atteinte d'alzheimer. Il s’agit malgré tout d’une tendance observée dans certains centres d’hébergement, au lieu d’avoir recours à des unités prothétiques, ajoute-t-il.

Ça prend vraiment une unité protégée avec un accès limité où les gens peuvent errer, mais en même temps où ils ne peuvent pas agir agressivement ou en interaction avec qui que ce soit, encore moins avec des agents de sécurité.

Malgré tout, Mme Poirier, également fondatrice de la Maison Carpe Diem, à Trois-Rivières, croit que le Québec a fait de grands progrès concernant l’organisation et la gestion des ressources, ainsi que le recours à la médication.

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