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Un rôle bouleversant pour Niels Schneider dans Sympathie pour le diable

Un homme (Niels Schneider) portant un bonnet et des lunettes en plan moyen.

L'acteur Niels Schneider dans une scène de « Sympathie pour le diable »

Photo : Go Films

Radio-Canada

Le jeune acteur acteur franco-canadien Niels Schneider a été marqué d’une « empreinte indélébile » par le rôle du correspondant de guerre Paul Marchand qu’il interprète dans Sympathie pour le diable, un film sorti vendredi qui nous replonge dans le terrible siège de Sarajevo en 1992.

La production franco-québécoise, un projet de longue date du réalisateur Guillaume de Fontenay qui voit finalement le jour, est une adaptation du livre du même titre du journaliste français connu du public québécois pour ses reportages diffusés à Radio-Canada.

Niels Schneider, dont la carrière est en pleine effervescence dans l’Hexagone, admet qu’il ne connaissait pas du tout Paul Marchand avant de s’impliquer dans le film. Il ressort transformé de sa rencontre – à travers les écrits, les archives et les témoignages de collègues – avec à ce bouillonnant personnage qui s’est enlevé la vie en 2009.

« J’ai été complètement sidéré par son talent, par sa manière de parler du conflit, son humanisme, a affirmé Niels Schneider en entrevue avec René Homier-Roy à l’émission Culture club. J’ai l’impression qu’il fait partie de la famille des grands poètes qui écrivent sur la guerre, des Romain Gary, des Hemingway... »

Paul Marchand était un âpre personnage qui ne se faisait pas que des amis dans la confrérie journalistique, selon Niels Schneider – ce qui l’a attiré, lui qui dit aimer jouer des rôles « peu sympathiques ».

« Il était à la fois détesté et aimé. [...] C’est une grande gueule, c’est quelqu’un qui ne cherchait pas à plaire et, surtout, c’est quelqu’un qui ne supportait pas l’hypocrisie. »

Un homme (Niels Schneider) au milieu d'une rue enfumée jonchée de cadavres et de débris.

Un scène de « Sympathie pour le diable »

Photo : Go Films

Dans son récit du siège de Sarajevo, à travers les balles des francs-tireurs et les drames quotidiens de la guerre, Paul Marchand laisse transparaître sa rage. Il en a contre les hypocrites, contre certains de ses collègues journalistes et contre les pays occidentaux qui demeurent « impassibles » devant le massacre qui se déroule.

« Dans une scène, il est très dur avec ses collègues qui n’assument pas d’avoir du plaisir en guerre. Il leur dit : "Si vous êtes là, c’est aussi parce que vous y trouvez quelque chose". »

« C’est quelqu’un qui cherchait à faire remonter aux consciences la vérité, ce que les gens ne veulent pas voir », croit Niels Schneider.

« Tous les personnages laissent une trace, mais Paul [Marchand] a transformé quelque chose chez moi, dans son rapport au monde, à l’humain, dans sa rage et sa manière de vouloir montrer les choses. C’est ce qui m’a bouleversé dans son désespoir. »

Le petit ange blond bouclé : on passe à autre chose

Révélé au grand public grâce à son allure angélique d’éphèbe dans les films de Xavier Dolan (J’ai tué ma mère et Les amours imaginaires), Niels Schneider dit qu’il a fallu du temps avant que l’on se défasse de cette image de lui dans l’industrie du cinéma.

« Souvent, on cherche à décliner les mêmes rôles, donc je recevais des propositions de ce type de personnages qui m’ennuyait terriblement », raconte-t-il.

Xavier Dolan, Niels Schneider et Monia Chokri

Niels Schneider, entouré de Xavier Dolan et de Monia Chokri dans « Les amours imaginaires »

Photo : Remstar

« Après, je suis allé en France, et c’est davantage au théâtre que j’ai commencé à m’amuser et à avoir des personnages plus intéressants. »

Le rôle d’escroc détestable qu’il a interprété en 2016 dans Diamant noir, du réalisateur Arthur Harari, a constitué le point tournant de sa carrière cinématographique, selon lui. Ce rôle lui a d’ailleurs valu le César de l’espoir masculin de l’année en 2017.

Il se dit aujourd’hui heureux de se voir de plus en plus confier des rôles hors norme, comme celui de Paul Marchand.

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