•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec s’attaque aux délais d’attente à la DPJ

Plan rapproché du Dr Carmant.

Réduire les délais administratifs avant la prise en charge d'enfants par la DPJ était un dossier prioritaire pour le ministre Carmant.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Louis-Gabriel Parent-Belzile

Pressé de toute part de freiner l’explosion des délais d’attente en amont des interventions de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a présenté samedi trois mesures pour rendre les services plus efficaces.

Fini le nombre de journées cible pour le traitement d’un dossier, a notamment indiqué le ministre dans un communiqué. Québec demandait jusqu’ici aux DPJ des diverses régions du Québec d'évaluer chaque dossier en 12 jours au maximum. Une cible qui, dans la forte majorité des régions, était difficile, voire impossible à respecter.

En plus de retirer cette contrainte, le ministre Carmant et son équipe ont décidé d’alléger les processus administratifs liés à la prise en charge du dossier d’un enfant. Les intervenants de première ligne devraient avoir moins de formulaires à remplir afin de pouvoir accorder plus de temps à leurs tâches principales, alors que la contribution du personnel de soutien administratif sera maximisée. Il y aura ainsi une division des tâches plus efficace, estime Québec.

Une part de l'investissement de 47 millions de dollars annoncé en juillet dernier dans le réseau devra aussi servir à acheter du matériel de fonction pour les intervenants, comme des cellulaires, a indiqué le ministre dans son communiqué. Cela devrait permettre à ces intervenants d’accomplir un peu plus de tâches au quotidien.

D’autres réformes en chantier

Le rapport 2019-2020 de la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, dressait un portrait inquiétant de l’état des lieux dans les DPJ, même si Mme Leclerc estime que ces dernières sont consciencieuses. D’après ce qu’a constaté la vérificatrice, il peut s'écouler de 158 à 226 jours, en moyenne, entre un signalement et la prise en charge d’un enfant.

La vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, accompagnée de Serge Giguère, lors du dévoilement de son rapport.

La vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, a déposé son rapport le 20 novembre.

Photo : The Canadian Press / Jacques Boissinot

Les mesures annoncées samedi par le gouvernement pourraient aider à réduire ces temps d’attente, ce qui est identifié comme une priorité, mais il reste encore du pain sur la planche.

Mme Leclerc, dans son rapport, faisait état d’un encadrement ministériel déficient. Elle proposait une révision des normes de pratique clinique et une amélioration des moyens d’évaluation de l’efficacité des interventions.

Elle critiquait aussi l’intégration, depuis 2015, des DPJ au sein des Centres intégrés du réseau de la santé (CISS et CIUSS) dans le cadre des réformes de l’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Cette intégration devait favoriser et simplifier l’accès aux ressources du réseau de la santé. Actuellement, nous n’avons pas l’assurance que ces établissements répartissent les ressources en fonction des besoins réels des DPJ , indiquait Guylaine Leclerc au dépôt de son rapport.

Qui plus est, un autre rapport fort attendu sur la protection de la jeunesse sera déposé au cours des prochains mois : celui de la commission Laurent. La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse a été créée après la mort d’une fillette de sept ans à Granby le 30 avril 2019.

La présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, Régine Laurent, en conférence de presse.

La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse est présidée par Régine Laurent.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Ce drame a ému le Québec, mais il a aussi mis en lumière des lacunes suffisantes pour pousser le gouvernement à se lancer dans un tel exercice de révision. Des audiences de la commission ressortent plusieurs témoignages qui concordent avec les observations de la vérificatrice.

Le rapport de la Commission dirigée par l’ex-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Régine Laurent, où siègent d'ailleurs à titre de commissaires des députés des quatre partis représentés à l’Assemblée nationale, doit être déposé d’ici le 30 novembre 2020.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique provinciale

Politique