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Racisme par les policiers : des excuses ne suffisent pas, dit un ancien de la GRC

À Halifax, les Noirs étaient ciblés par les policiers six fois plus que les Blancs.

Calvin Lawrence devant des photos de policiers.

Le policier à la retraite Calvin Lawrence en 2017

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Radio-Canada

Un policier à la retraite qui a écrit sur le racisme au sein des forces policières au Canada estime que les excuses formulées par le chef de police d’Halifax ne seront pas suffisantes pour améliorer les relations entre les forces de l'ordre et la communauté noire de la Nouvelle-Écosse.

Calvin Lawrence reconnaît que ce repentir manifesté par les autorités est un bon début, mais les agents de police patrouillant dans les rues devront modifier leur attitude si on veut observer des changements réels. Selon lui, il faudra aussi recruter davantage de policiers noirs.

Des excuses sans des changements ne sont qu'une manipulation, a-t-il déclaré. Le chef peut présenter des excuses, mais cela ne se répercute pas au sein des rangs et dans la rue. C'est là qu'on va constater s'il y a du changement : dans les interactions individuelles des policiers avec un membre de la communauté.

M. Lawrence, un ancien policier de la police d’Halifax et de la GRC, a écrit le livre Black Cop, racontant ses 36 années de carrière. Il y relate aussi ses expériences avec le racisme.

Vendredi, le chef de la police d’Halifax, Dan Kinsella, a officiellement présenté des excuses à la communauté noire de la Nouvelle-Écosse pour la pratique des contrôles de rue, affirmant que la police regrettait les actes qui avaient causé de la souffrance, de mauvais traitements et de la victimisation.

Les Noirs étaient ciblés six fois plus que les Blancs par les contrôles de rue à Halifax, selon le rapport du criminologue Scot Wortley.

Des gens se lèvent et applaudissent le chef de police en uniforme devant un lutrin.

Dan Kinsella, chef de la Police régionale d'Halifax, présente le 29 novembre 2019 des excuses à la communauté noire pour les contrôles de rue qui la ciblait de façon disproportionnée.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a déjà annoncé qu'il interdirait cette pratique le mois dernier, après que le juge en chef à la retraite Michael MacDonald eut manifesté publiquement son avis que cette pratique était illégale telle qu'elle était mise en oeuvre dans la province.

Dans son analyse, M. MacDonald a conclu que la pratique consistant à arrêter des citoyens de manière aléatoire, à recueillir des informations, puis à les conserver dans des fichiers, contrevient aux droits des citoyens en vertu de la Constitution et de la common law.

Calvin Lawrence dit qu'il aimerait savoir pourquoi il a fallu si longtemps à la force pour reconnaître le problème. Les contrôles de rue ont été maintenus par la police d’Halifax jusqu’à ce que le ministre provincial de la Justice les interdise. En mai dernier, la Police régionale d’Halifax et la GRC avaient déclaré qu’elles ne s’excuseraient pas pour ce type de profilage racial.

Si on dit que cela pose un problème, pourquoi ne l'a-t-on pas dit dès le premier jour? Pourquoi maintenant? Conviennent-ils que c'est un problème uniquement parce qu'il y a des Blancs bardés de diplômes qui le disent? Si des Noirs le disaient déjà, pourquoi ne les a-t-on pas entendus? s'interroge Calvin Lawrence.

M. Lawrence a quitté la police d’Halifax en 1978 pour se joindre à la GRC.

Dans son livre, l'auteur dit avoir eu à subir des comportements racistes à Halifax et au sein de la GRC. Des efforts avaient notamment été déployés pour bloquer ses promotions.

Avec les informations de La Presse canadienne

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