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Migration réussie aux Îles, pour 35 plants de corème de Conrad

Une personne à genou s'assure que le plant de corème de Conrad est solide.

Transplantation d'un spécimen de corème de Conrad

Photo : collaboration Attention FragÎles

Brigitte Dubé

Les 35 spécimens de corème de Conrad qui ont été transplantés en prévision de la construction de deux éoliennes aux Îles-de-la-Madeleine ont survécu et doivent maintenant affronter l’hiver. Leur transplantation est une expérience unique.

Cette plante extrêmement rare, qui a beaucoup fait parler d’elle, représente la fragilité et l’unicité des Îles, pourrait-on dire.

Le corème de Conrad est une espèce floristique protégée, considérée menacée ou vulnérable. Au Québec, ce petit arbuste se retrouve uniquement sur l'archipel.

Autant cette plante est rare, autant elle a fait parler d’elle ces dernières années avec le projet de construction de deux éoliennes, en plein dans son habitat protégé.

Corème de Conrad

Corème de Conrad

Photo : Société de conservation des Îles-de-la-Madeleine

Pourtant, selon l’organisme environnemental Attention FragÎles, peu de Madelinots sauraient la reconnaître.

Le projet d’implantation d’éoliennes a rencontré de l’opposition et fait l’objet de beaucoup de discussions. Des Madelinots se sont exprimés lors de la tenue d'une séance du Bureau d’audiences sur l’environnement (BAPE).

Le promoteur a pris l’engagement de protéger la plante et de réduire au minimum l’impact de la construction, rappelle Bruno Savary, biologiste, chargé de projets en environnement pour Attention Fragîles.

Assez unique comme expérience

Au début, on avait réalisé un inventaire floristique exhaustif du secteur, ne sachant pas où exactement serait le projet. Lorsqu’on a obtenu les plans et devis, on a superposé notre carte et on a pu cibler les plants menacés, raconte-t-il.

Les 35 spécimens qui ont été déplacés auraient été détruits par les travaux s'ils n'avaient pas été sauvés.

Trois mois après la transplantation, Bruno Savary se dit « vraiment satisfait ». Les colonies ont déjà montré une certaine résistance. Mais le gros stress, ce sera l’hiver, prévoit-il.

Le corème de Conrad, un petit arbuste classé parmi les espèces menacées

Le corème de Conrad, un petit arbuste classé parmi les espèces menacées

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

L'expérience serait unique. C’est une première, mentionne le biologiste. Du moins, on n’a trouvé aucune documentation sur la transplantation du corème de Conrad. Ça ne se fait probablement pas parce que c’est une plante menacée.

Tout a été documenté. La transplantation, tout ce qui l’a précédée et ce qui adviendra des 35 plantes, font l’objet d’un projet d’études qui pourra être éventuellement publié.

Les 35 plants ont été scindés, ce qui a donné 41 plants répartis dans quatre parcelles d’implantation avec des conditions différentes.

  • Depuis février 2001, le corème de Conrad bénéficie d'une protection juridique au Québec.
  • Le corème occupe moins de 3 km2 de dunes aux Îles-de-la-Madeleine.
  • La circulation des véhicules tout-terrain, l'agrandissement des zones de villégiature et le piétinement représentent les principales menaces à la survie de l'espèce.
  • L'espèce serait disparue au Nouveau-Brunswick et elle est considérée comme rare ou menacée sur l'Île-du-Prince-Édouard et dans trois des quatre États américains où on signale sa présence.

Source : ministère de l'Environnement

Le biologiste Bruno Savary indique par ailleurs que cet arbuste nain fait partie de la famille des éricacées (bleuet, thé du Labrador) et qu’il peut vivre plusieurs années (jusqu’à 60 ans). Il peut atteindre de deux à trois mètres de largeur et former des tapis très vastes.

Ses fruits sont très petits, comme des grains de sables, précise M. Savary. Les fourmis les apprécient beaucoup. C’est intéressant parce qu’elles ramènent les fruits dans leur colonie et contribuent à leur propagation.

Le biologiste mentionne également que les Îles abritent d’autres plantes rares et/ou menacées. Il cite notamment la myrique, l’aster du Saint-Laurent et l’hudsonie tomenteuse.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Faune et flore