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L'extrême droite allemande renouvelle sa direction pour ratisser plus large

Une salle de congrès dans laquelle sont assis des délégués de l'AfD, avec en arrière-plan un écran géant où est présenté le discours d'un conférencier du parti d'extrême droite.

Les quelque 570 délégués de l'AfD qui sont réunis en congrès à Brunswick, en Allemagne, doivent voter pour élire une direction bicéphale, après une série de succès électoraux du parti d'extrême droite en ex-RDA.

Photo : Getty Images / Jens Schlueter

Agence France-Presse

Le parti d'extrême droite allemand Alternative pour l'Allemagne (AfD) doit nommer à sa tête samedi un duo censé contenter modérés et radicaux, qui ont le vent en poupe, lors d'un congrès marqué par d'importantes manifestations d'opposants.

Les quelque 570 délégués de l'AfD ne doivent voter qu'en fin d'après-midi pour élire une direction bicéphale, un scrutin qui permettra de jauger le futur cap qu'entend prendre le parti après une série de succès électoraux en ex-RDA.

Quelque 20 000 manifestants, selon les organisateurs, se sont réunis dans le centre de Brunswick pour protester contre la tenue de ce congrès.

Répondant à l'appel d'un collectif d'associations de gauche et de syndicats, ils se sont retrouvés en milieu de journée sur l'une des principales places de la ville pour délivrer un signal clair que personne à Brunswick ne veut de l'AfD, s'est félicité l'un des organisateurs, Udo Sommerfeld.

Aux cris de Dégagez! et Toute l'Allemagne hait l'AfD, des protestataires se sont aussi rassemblés devant l'enceinte où se tient le congrès, sifflant les militants de l'AfD à leur arrivée.

Des manifestants portent des affiches qui appellent à stopper l'AfD, au centre de Brunswick en Allemagne, le 30 novembre 2019.

Des milliers de manifestants se sont réunis dans le centre de Brunswick pour protester contre la tenue du congrès de l'AfD.

Photo : Getty Images / Jens Schlueter

Un important contingent de policiers était déployé dans toute la ville.

À l'ouverture des débats, le patriarche et coprésident sortant de l'AfD, Alexander Gauland, 78 ans, a annoncé qu'il voulait aujourd'hui laisser la place à un plus jeune à la tête du parti, créé il y a six ans seulement.

Inconnu du grand public, Tino Chrupalla, peintre en bâtiment de 44 ans et député d'une circonscription de Saxe où l'extrême droite réalise ses meilleurs scores, entend lui succéder.

Nous avons réussi quelque chose dont personne ne nous croyait capables en 2013, s'est félicité M. Gauland, en tirant le bilan de son parti qui a fait une entrée en force au Bundestag il y a deux ans.

L'AfD, parti du peuple et des petites gens a changé ce pays, a-t-il ajouté.

Tino Chrupalla, ancien militant du mouvement de jeunesse de la CDU d'Angela Merkel, bénéficie des faveurs des « modérés » comme de la frange la plus radicale, « l'Aile » emmenée par le chef de file de l'AfD en Thuringe, le très controversé Björn Höcke.

« L'Aile » bien positionnée

Le soutien de « l'Aile » (« Der Flügel ») s'avère indispensable au moment où ce courant étend son emprise sur le parti à la faveur de succès électoraux récents dans trois régions d'ex-RDA.

Dans le Brandebourg, en Saxe et en Thuringe, l'AfD a chaque fois raflé plus de 20 % des voix pour se hisser à la deuxième place.

Le passé et les liens de certains candidats avec la mouvance néonazie n'ont pas effrayé les électeurs alors que l'Aile remet en cause la culture de la repentance pour les crimes nazis, socle de l'identité allemande d'après-guerre.

Tino Chrupalla, que Steve Bannon, l'ancien stratège de Donald Trump, avait rencontré en mai à Berlin, a pris soin de répéter que s'il n'appartient pas à « l'Aile », ce courant faisait « partie intégrante » de l'AfD.

Tino Chrupalla a les mains jointes et regarde vers le haut.

Tino Chrupalla lors du congrès de l'AfD le 30 novembre 2019.

Photo : Getty Images / Jens Schlueter

L'autre poste est convoité par le coprésident sortant, le député européen Jörg Meuthen, qui souhaite rempiler pour deux ans. Cet économiste de 58 ans, issu du prospère Bade-Wurtemberg, incarne un courant « modéré » représenté surtout dans l'ouest, mais de plus en plus marginalisé au profit des radicaux.

Mais d'autres prétendants pourraient jouer les trouble-fête. En particulier, le député berlinois Gottfried Curio, un physicien de 59 ans connu pour ses diatribes anti-migrants et qui jouit d'une bonne popularité auprès des militants grâce à des discours-chocs.

Parmi les autres prétendants, il y a Wolfgang Gedeon, qui fait toutefois l'objet d'une procédure d'exclusion pour avoir à maintes reprises proféré des propos antisémites.

La députée Nicole Höchst, qui a comparé Angela Merkel à Adolf Hitler, veut également se lancer dans la bataille.

Une surprise de dernière minute n'est jamais exclue dans ce mouvement, travaillé par des rivalités incessantes depuis sa création en 2013. Outre son credo anti-réfugiés et anti-islam, il se caractérise par le rejet virulent de la chancelière et un climatoscepticisme assumé.

Troisième force politique au Bundestag, derrière la CDU et le SPD, l'AfD stagne actuellement au niveau national à entre 13 et 15 % des intentions de vote.

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