•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’attentat de Londres revendiqué par le groupe armé État islamique

Le récit d’Andrée-Anne Côté-St-Laurent

Photo : Reuters / Simon Dawson

Agence France-Presse
Mis à jour le 

Le premier ministre britannique Boris Johnson s'est engagé samedi à revoir le système des libérations anticipées, au lendemain d'une attaque revendiquée par le groupe armé État islamique (EI) et menée par un ex-prisonnier condamné pour terrorisme, en liberté conditionnelle, qui a tué deux personnes à coups de couteau à Londres.

Ironie du sort, avant d'être abattu par la police, l'assaillant a lui-même été spectaculairement maîtrisé par un groupe de civils loués en « héros » qui comptait plusieurs condamnés, dont un meurtrier en permission, selon les médias.

Quand des gens sont condamnés à un certain nombre d'années en prison, ils devraient purger chaque année de cette condamnation, a déclaré M. Johnson après s'être rendu sur les lieux de l'attaque.

Qualifiée de « terroriste » par la police, celle-ci a fait deux morts (un homme et une femme) et trois blessés toujours hospitalisés samedi, a indiqué le chef de la police antiterroriste britannique, Neil Basu, à la presse.

Il n'a pas confirmé l'identité de l'homme décédé, nommé par les médias comme étant Jack Merritt, un membre de l'Institut de criminologie de l'Université de Cambridge qui organisait une conférence sur la réhabilitation des prisonniers dans le bâtiment où l'attaque a commencé vendredi, dans le quartier très fréquenté de London Bridge. L'assaillant participait à la conférence.

Il ne fait aucun sens pour notre société de libérer de manière anticipée des personnes qui ont été condamnées pour des infractions terroristes, des crimes violents.

Boris Johnson, premier ministre britannique
Le premier ministre britannique Boris Johnson, le ministre de l'Intérieur Priti Patel, le commissaire en chef de la police londonienne Cressida Dick et le commissaire de la ville de Londres Ian Dyson

Le premier ministre britannique Boris Johnson, le ministre de l'Intérieur Priti Patel, le commissaire en chef de la police londonienne Cressida Dick et le commissaire de la ville de Londres Ian Dyson arrivent sur les lieux de l’attentat.

Photo : Reuters / Simon Dawson

Le dirigeant conservateur, qui avait temporairement suspendu sa campagne après l'attaque survenue à moins de deux semaines des législatives du 12 décembre, a également plaidé pour des peines plus lourdes en cas d'infractions violentes.

L'attaque revendiquée

Le groupe armé État islamique a revendiqué samedi l'attaque, assurant que son auteur « fait partie des combattants de l'EI » et qu'il l'a commis en réponse aux appels à cibler les habitants des pays de la coalition internationale anti-djihadiste.

L'assaillant, de nationalité britannique, qui a agi seul selon la police, a été identifié comme Usman Khan, âgé de 28 ans, condamné en 2012 pour des infractions terroristes et remis en liberté conditionnelle six ans plus tard.

Il purgeait une peine de 16 ans de prison pour son appartenance à un groupe qui avait voulu commettre des attentats à la bombe.

Des fleurs laissées sur les lieux de l’attaque au couteau sur le pont de Londres, où deux personnes ont été tuées.

Des fleurs laissées sur les lieux de l’attaque au couteau sur le pont de Londres, où deux personnes ont été tuées.

Photo : Reuters / Simon Dawson

Il a « poignardé plusieurs personnes à l'intérieur » du Fishmongers' Hall, un bâtiment à l'extrémité nord du London Bridge où se tenait la conférence, a détaillé le chef de police Neil Basu.

Porteur d'un engin explosif factice, il a été abattu par la police après avoir été maîtrisé par de simples citoyens sur le pont enjambant la Tamise, à l'endroit même où un attentat meurtrier s'était déjà déroulé en 2017.

Sur des images diffusées par les réseaux sociaux et les médias, on voit l'un des citoyens vider un extincteur sur Usman Khan tandis qu'un autre, qui serait un cuisinier polonais travaillant au Fishmongers' Hall, pointe vers lui une défense de narval, probablement prise dans le bâtiment qui renferme de nombreux objets anciens.

Un autre intervenant, un policier en civil, sort de la mêlée après avoir pris le couteau de l'assaillant.

La reine Élisabeth II a salué les individus courageux qui ont mis leur vie en danger pour aider [...] et protéger les autres.

Une libération anticipée

Au-delà de ces actes de bravoure, la question sur toutes les lèvres samedi était de savoir pourquoi Usman Khan a bénéficié d'une libération anticipée et de quelle surveillance il faisait l'objet de la part des autorités.

Des policiers marchent en direction d'un bâtiment.

Les policiers britanniques mènent une enquête à Stafford où le suspect aurait vécu.

Photo : Reuters / Henry Nicholls

De quoi alimenter le débat, l'agence PA affirmait samedi que presque tous les « héros » étaient des condamnés invités à la conférence, dont James Ford, condamné en 2004 à la perpétuité avec un minimum de 15 ans d'emprisonnement pour avoir égorgé une jeune femme.

Après tout événement de ce genre, il doit y avoir – et il y a toujours – une évaluation complète et une tentative de tirer les leçons, a déclaré le secrétaire d'État chargé de la Sécurité, Brandon Lewis, sur les ondes de la BBC.

Évoquant « un désastre total », le chef de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, a exigé une « enquête approfondie » sur le fonctionnement du système pénal.

Boris Johnson a lui assuré que les cas d'autres condamnés pour terrorisme et libérés de manière anticipée étaient passés en revue, promettant : un gros travail est abattu en ce moment pour s'assurer que le public est protégé.

De son côté, la Commission des libertés conditionnelles a indiqué ne pas avoir été « impliquée » dans la libération du suspect qui semble avoir été automatiquement libéré sous conditions.

« Il y avait une liste étendue de conditions » auxquelles Khan « se conformait à ma connaissance », a dit le policier Neil Basu.

Deux perquisitions ont été menées, dans les zones de Stafford et Stoke-on-Trent, villes du centre de l'Angleterre où Usman Khan aurait résidé.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Terrorisme

International