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Encore loin d'un accord de paix en Afghanistan

Un groupe d'hommes barbus et portant le turban sortent d'un bâtiment.

Une délégation de talibans étaient à Moscou en mai dernier afin de discuter de paix avec des politiciens afghans.

Photo : Reuters / Evgenia Novozhenina

Agence France-Presse

Près de trois mois après avoir interrompu les négociations avec les talibans, le président américain Donald Trump a annoncé leur relance; mais il reste de nombreux obstacles à surmonter avant un accord de paix en Afghanistan.

Dans ce pays déchiré par 18 ans de guerre, la question clé est la réduction du niveau de violence, que les talibans utilisent comme moyen de pression même s'ils sont prêts, selon M. Trump, à suspendre leurs attaques.

Les talibans veulent un accord, et nous les rencontrons, a affirmé Donald Trump jeudi lors d'une visite surprise sur la base américaine de Bagram, assurant que les insurgés veulent un cessez-le-feu.

L'annonce intervient après l'échange de prisonniers entre le gouvernement afghan et les talibans, qui ont libéré deux otages occidentaux détenus depuis trois ans, un geste salué par Washington.

Les diplomates américains étudient dans l'ombre les moyens de reprendre les négociations, que M. Trump avait annoncées mortes en septembre après une attaque des talibans, explique Laurel Miller, ancienne représentante spéciale pour l'Afghanistan et le Pakistan sous les administrations Obama et Trump.

Avec ses dernières déclarations, le président a publiquement validé les efforts des diplomates, ajoute Mme Miller, aujourd'hui spécialiste de l'Asie pour l’International Crisis Group.

Reste à savoir si les talibans accepteront de revenir à la table après des discussions brusquement annulées. N'importe qui serait méfiant sur votre fiabilité à penser ce que vous dites et à ne pas changer d'avis, dit l'experte.

M. Trump, qui briguera un nouveau mandat dans moins d'un an, martèle que l'une de ses priorités est d'en finir avec la plus longue guerre menée par les États-Unis.

Selon une étude de l'Université Brown, Washington a dépensé 6400 milliards de dollars dans l'effort de guerre depuis les attentats du 11 septembre 2001, qui avaient entraîné l'intervention en Afghanistan.

Ces nouvelles discussions seront d'abord focalisées sur la réduction de la violence pour être ensuite étendues à un accord plus large, a expliqué un haut responsable américain.

Le précédent projet d'accord apprécié par les talibans

Avant la fin des discussions en septembre, le négociateur américain Zalmay Khalilzad avait mis un an à parvenir à un « accord de principe » avec les insurgés.

Cet accord prévoyait un retrait progressif des soldats américains en échange de garanties de sécurité, d'une réduction de la violence et de l'ouverture de négociations directes entre talibans et gouvernement afghan.

Un cessez-le-feu ne semblait pas à l'ordre du jour, alors qu'il a été longtemps considéré par le président afghan Ashraf Ghani comme une condition préalable à des discussions directes. Cette condition a toujours été refusée par les talibans, qui poursuivent leur campagne d'attaques sanglantes.

Scott Worden, expert de l'Afghanistan et de l'Asie centrale pour l'Institute of Peace, estime qu'un accord avec les talibans pourrait être beaucoup plus long à atteindre si de nouveaux éléments étaient ajoutés.

Après l'annulation des négociations par le président Trump en septembre, les talibans ont, je pense, exprimé une volonté surprenante de signer un accord dès que les États-Unis seraient prêts, ce qui montre qu'ils étaient satisfaits du projet d'alors, dit-il.

À Bagram, Donald Trump a confirmé vouloir réduire le nombre de militaires à 8600, contre de 13 000 à 14 000 actuellement, se disant même prêt à aller encore beaucoup plus loin que ça.

Un accord avec les talibans serait une victoire diplomatique importante pour la campagne de réélection du milliardaire républicain, qui a enregistré peu de progrès dans deux autres importants dossiers, la Corée du Nord et l'Iran.

Mais pour Scott Worden, ce calendrier politique pourrait se retourner contre M. Trump, comme le retrait d'Irak ordonné par Barack Obama, qui avait permis l'essor du groupe armé État islamique.

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